• En ce lundi soir, et avant mes premières animations de prévention de la semaine, je voulais exprimer ici toute ma satisfaction. Tous ces nouveaux sympathisants des travailleur(se)s du sexe me mettent en joie. à vous lire, je suis sûr que cette vague d'empathie, bien installée derrière les écrans, perdurera dans les moments plus délicats. Et oui, désormais, plus aucun(ne) travailleur(se)s du sexe ne mourront du VIH ou du VHC seul(e)s, abandonné(e)s de tous, dédaigné(e)s par une société profondément sidaphobe, putophobe, maladophobe et trottoirophobe (le phobe étant largement légalisé, faut pas hésiter). Quand je vois tous ces nobles défenseurs de la cause, que malheureusement nous n'avions pas sous la main dans les années 80/90, dans l'urgence d'une pandémie qui a fait payer un lourd tribu aux prostitué(e)s, je me dis qu'on va pouvoir souffler dans les assos. Aujourd'hui, enfin, ils/elles sont défendu(e)s, soutenu(e)s, voire même, à lire certains commentaires, envié(e)s. J'aurai aimé que A., H. et tellement d'autres que nous avons vu partir dans la solitude, l'exclusion et le plus extrême des dénuements, puissent lire tout ça. Elles auraient adoré…
    Je fais donc partie du tas de merde (on écrit :poop: chez l'internaute scatophile, enfin lunettedechiotophobe) mais ce n'est pas grave, car vous, vous êtes engagé(e)s, militant(e)s, irréprochables…
    "Vous méritez la guillotine."ai-je lu entre autre sur le Facebook de Causette… C'est beau autant d'humanité.


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  • Au printemps dernier, par un temps à ne pas mettre un tee-shirt dehors, je me suis laissé guider par mon GPS vers une ZAC du Val-de-Marne et son centre de formation pour apprentis. J’avais rendez-vous avec une classe de BEP en mécanique auto, dans ce type de bahuts où les jeunes sont incollables sur les marques de bécanes et où la qualité d’un moteur se mesure en décibels.
    Une forte odeur de vestiaire en pleine sudation hormonale a importuné mon sens olfactif dès mon arrivée. J’ai vite compris que l’ambiance de la classe serait masculine, virile et très cuir.
    Une vingtaine de jeunes semblaient faire acte de présence, ni particulièrement motivés pour vivre allongés sous un train arrière, une clé de douze à la main, ni ayant assez l’expérience du bleu de chauffe pour en être totalement dégoûtés. Ils avaient 16 ou 17 ans, et causer sexe dès potron-minet ne semblait pas les gêner… Au contraire, ils se disaient chauds comme des pots.
    Parler de lubrifiant avec des apprentis en mécanique, c’est l’assurance d’avoir un auditoire attentif : pas besoin de faire de hautes études d’ingénieur pour toucher sa canette en mécanique des fluides ! La mouille – les sécrétions vaginales, en langage soutenu –, ces futurs spécialistes de la vidange et du contrôle technique, ils la trouvaient dégueulasse, un rien salée pour ceux qui disaient l’avoir goûtée. C’était le genre de groupe où on préférait se faire sucer que lécher, le gland étant forcément plus propre que la schnek.
    Si les bagnoles tournent au diesel, au sans-plomb 95 ou 98, les meufs, elles, fonctionnent avec d’autres carburants : la cyprine, les règles et les pertes blanches. Bien souvent, les aventuriers de la vulve se mélangent un peu les crayons quant à la fonctionnalité des liquides féminins. « C’est quand même grave compliqué, les meufs. » Quand je leur ai expliqué la menstruation et la désagrégation de l’endomètre, ils ont réagi comme si je leur résumais la dernière saison de The Walking Dead… Pour les pertes blanches, j’ai fait court en évitant les mots « leucorrhée » ou « glaire d’ovulation », un rien traumatisants.
    Bien sûr, je n’ai pas omis de leur rappeler que la plupart d’entre nous naissaient par voie naturelle. J’ai senti de la gêne quand ils ont pensé à leur mère.

     

    Il faut le savoir, pour une section « méca auto », les filles n’ont aucune autonomie. Sans conducteur pour les chauffer, elles n’ont aucune chance d’être transportées par leur sexualité. Programmées pour mouiller à l’approche du mâle et péter une durite grâce au sex-appeal des mécanos de la libido, elles en pincent pour la pénétration. La vraie, pas le petit va-et-vient de pédé, comme on dit dans les ateliers. Alors, quand une fille se masturbe, elle ne fait pas dans la dentelle et la caresse. Elle ne carbure pas à l’érotique. Elle se sert de ses doigts pour se pénétrer le plus profondément possible, là où la jouissance est certainement le plus forte. Les zones érogènes au niveau de la vulve étant totalement occultées par les rois du piston en plein mouvement à deux doigts, je me suis dit qu’il était temps de causer « anatomie ».

     

    J’ai demandé un volontaire pour dessiner un sexe féminin au tableau. Du coup, ça frimait moins et ça bayait aux corneilles. Après un « bande de bouffons » jeté à la cantonade, un courageux s’est levé et approché. Il s’est appliqué à dessiner une chatte, comme le lui ont soufflé ses copains d’atelier. Il a hésité. Combien de lèvres ? Deux, trois ou quatre ? La classe s’est divisée, dans l’incapacité de googliser.
    Finalement, il a opté pour quatre, rassuré par mon approbation de la tête. Puis, sous sa craie, la vulve s’est enrichie d’un corps. Elle s’est humanisée. D’autant plus que, autant par souci de véracité que par provocation à mon égard, le petit malin nous a ajouté une forêt de poils pubiens, anachroniques pour cette génération antitoison, réactualisant au passage les vieilles gauloiseries sur les Portugaises.
    « Peux-tu nous montrer les zones qui peuvent générer du plaisir? On les appelle les zones érogènes. Ce terme vous parle ?
    [Silence.]

    Comment les filles se masturbent ? Tu as oublié d’ailleurs un organe important sur la vulve.
    – Ben, quand une fille se masturbe, elle se frotte le foetus. »
    Je me retourne vers la classe, me préparant à un tsunami d’invectives… qui ne viendront pas.
    « Vous êtes tous d’accord ? Une fille peut se caresser le foetus ? C’est quoi le foetus ?
    – Euh… c’est pas un bébé ? – Si, le foetus, c’est le futur bébé, à l’intérieur de l’utérus de la mère…
    – Oui, peut-être, mais même s’il y a un bébé dedans, ça n’empêche pas les filles de se frotter aussi l’utérus. C’est vrai, monsieur, y en a que ça gêne pas d’avoir un bébé et de se toucher.
    – D’ailleurs, si on nique une femme enceinte, on peut sentir la tête du bébé, non, m’sieur ? »
    On était dans la gynéco de comptoir. Chacun avait sa petite idée sur la question, mais personne ne savait vraiment. Alors j’ai placé le clitoris sur le dessin et on a parlé de l’ultime tabou : la masturbation féminine, sans pénétration. Une révélation : une fille pouvait se faire plaisir sans assistance masculine !
    Quelques semaines après, j’ai eu, à Maisons-Alfort, dans un autre établissement, la preuve que la méconnaissance de l’onanisme féminin n’était pas l’apanage du mâle dominant. Une meuf m’a en effet lâché très sérieusement : « Quoi ? Une fille peut se masturber ? Mais elle n’a pas de sexe, pourtant…»


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  • Chaque été, à l’instar des groupes de rock, les animateurs de prévention migrent vers les festivals pour y rencontrer leur public : le jeune en mode festif. Sur des stands d’information ou des parcours de santé, le Dr Kpote continue de travailler sur la relation et les risques liés à la sexualité. Retour sur le début de l’été au cœur du village associatif de Solidays.

     

    Si les turfistes de Chantilly sont familiarisés avec les extravagants chapeaux du très sélect Prix de Diane, ceux de Longchamp ont vu débarqué, le dernier week-end de juin, une horde de jeunes plus prompts à se couvrir le gland que le caillou. Véritable Woodstock de la capote, Solidays y fêtait, en musique, ses quinze ans de lutte contre le sida.

    Dès l’ouverture des portes, les festivaliers se sont rués vers les grues du saut à l’élastique pour une dose gratuite d’adrénaline, before bien plus naturel qu’un trait de cocaïne. Et puis quoi de mieux que de se jeter dans le vide pour éprouver un nouvel élan cardiaque pour sa moitié, harnachée à ses côtés !

    Les amateurs de coït ascensionnel, je les attendais de pied ferme sur le stand de prévention juste en face, pour les ramener à la dure loi de la gravité autour d’un jeu interactif sur l’attraction interpersonnelle et ses critères de sélection. Wikipédia la définissant comme une « force qui rapproche deux masses », j’aurai dû prévoir de l’arnica pour les bosses.

    Les participants avaient le choix entre différents critères (argent, âge, personnalité, physique, sexe du partenaire, etc.) à positionner sur un support magnétique avec une échelle allant de « aucune importance » à « très important ».

    Mon plat thaï à peine digéré, j’ai inauguré l’atelier avec un groupe de cinq copains venus du Sud-Ouest. Après avoir divagué sur l’âge de la cougar idéale, fixé à quarante printemps, ils sont passés au « sexe du partenaire », classé en « très important » pour quatre d’entre eux et « peu important » pour le dernier.

    « T’es raide ou quoi ? T’es pas pédé !?

    – Peut-être que si… »

    Le ton ne sentait pas la vanne de festival. Avec une sortie du placard d’entrée de jeu, j’ai bien failli régurgiter le sauté de bœuf. Les potes de camping, eux, découvraient que leur frère de tente était à voile et à vapeur et ils serraient les fesses.

    « Hé, les gars, je déconne ! Bien sûr que le sexe de l’autre est important », dit-il tout en déplaçant la plaque magnétique sur le curseur, s’abstenant de spécifier s’il parlait de filles ou de garçons.

    Sentant le malaise grandir, j’ai voulu lancer une réflexion sur l’exploration des sentiments et des attirances. Ils ont choisi de se jeter une mousse, acte suffisamment viril pour « exorciser ». La nuit suivante, le choix des places dans le bivouac allait se compliquer…

    Juste après eux se pointe un jeune couple, pour lequel le critère essentiel était la personnalité de l’autre. D’ailleurs, dans leur look et leur manière de s’exprimer, ils n’en manquaient pas. Le garçon a soulevé le carton « loisirs et activités », l’a agité devant les yeux de sa compagne et lui a rappelé sa sale manie d’embrasser sur la bouche ses copines dans les soirées. En fait, il ne supportait plus cette extravagance qui lui avait tant plu au début, car sa fierté de mâle en prenait un coup. Ce qui épice la rencontre finit, à la longue, par faire tousser le couple établi.

    « Mais toi, tu fais bien semblant d’enculer tes potes quand tu es raide, lui a-t-elle crânement répondu. Mimer la sodomie, bourré, faisait donc partie de ses « loisirs et activités ».

    – Rien à voir. C’est pour déconner. »

    Elle trouvait que les marques d’affection entre filles (se toucher les cheveux, s’embrasser…) sont trop vite sexualisées par les mecs excités. Ensemble, on s’est dit que la société leur permettait plus aisément de partager leur intimité émotionnelle, voire physique. Les garçons, eux, craignent le regard des autres. Du coup, ils expriment leur attachement plus maladroitement et souvent avec trois grammes dans le sang. Je leur ai conseillé de moins picoler pendant leurs loisirs et activités.

    Les deux candidates suivantes m’ont fait comprendre qu’elles partageaient leur vie et leur lit. Celle qui semblait la plus âgée a exprimé que le « sexe du partenaire » était très important. Sa copine, sans hésiter, a placé le curseur à l’opposé. L’atelier virait au jeu de la vérité.

    « Tu pourrais te faire un mec ? [Sèchement.]

    – Je ne l’exclus pas ! »

    Ça verbalisait à tout va. J’ai essayé de rebondir sur les fantasmes qui n’entraînent pas forcément un passage à l’acte, mais le mal était fait, la queue de Satan s’étant immiscée dans le couple.

    Et puis, en bouquet final, un mec a placé le mot « physique » sur « peu important », croyant faire plaisir à sa copine.

    « Tu déconnes, dès que j’ai un kilo en trop, tu me balances des reproches. »

    Là, je me suis dit que les conseillers conjugaux ne risquaient pas de faire la queue à Pôle Emploi. Et après un débat sur les pressions autour du corps, elle a osé le féminisme.

    « Quand notre fille est malade, c’est toujours moi que l’école appelle. Et c’est encore moi qui vais la chercher. »

    Lui, gêné, anticipant le torchon brûlé, a bafouillé que son boulot ne lui permettait pas de partir tôt. Elle a rétorqué que pour elle, c’était la même chose, mais qu’il s’en foutait. Il s’est engagé à faire des efforts. Ce stupide festival militant et son village associatif subversif avaient eu raison de sa liberté.

    Véritable moment de grâce, un couple, par la suite, m’a assuré n’avoir jamais été aussi amoureux depuis que les deux partenaires avaient fait un test de dépistage du VIH, vécu comme un vrai engagement pour l’avenir. Après le « mariage pour tous » et la « manif pour tous », on devrait lancer le « dépistage pour tous ». Juste pour la paix des ménages…


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  • C'était dans le Causette de l'été. Mais la rentrée s'annonce bien engagée et je suis prêt !


    « La morale laïque est un ensemble de connaissances et de réflexions sur les valeurs […] qui permettent, dans la République, de vivre ensemble selon notre idéal commun de liberté, d’égalité et de fraternité. 1 » Vincent Peillon.

    Eh bien Vincent, je peux te répondre que les valeurs du vivre ensemble, je les cultive depuis un bail. Mais pendant que j’ai les mains dans le cambouis, tes copains en profitent pour tailler dans les budgets de prévention et détruire tout ce qui entretient le lien social.

    Aujourd’hui, mes bailleurs me demandent de faire preuve de méthodologie même pour aller pisser, de pondre du projet au kilomètre et de noircir de la paperasse avant, pendant et après mes animations pour justifier le budget qui m’est gentiment alloué. L’introduction de cette culture issue du capitalisme financier dans les pratiques associatives est désastreuse : je ne suis pas rentable et j’espère bien le rester.

    Plutôt que de te donner du chiffre et de la stat, Vincent,je vais essayer de dresser un bilan de ce que j’ai fait et qui entre dans le cadre de ta fameuse morale laïque : accueillir la parole des jeunes sans distinctions sociales, réguler leurs échanges, insuffler une réflexion sur les préjugés et les stéréotypes, travailler sur l’égalité des droits(hommes-femmes, hétéros-homos) et le respect de l’autre, insister sur la nécessité du consentement dans la relation… Bon début, non ?

    Ceux qui travaillent auprès des SDF évoquent souvent l’odeur nauséabonde et puissante qui atténue le sens olfactif. Moi, ce sont les mots qui me hantent. Ces mots violents, grossiers, qui ponctuent mes animations et me donnent parfois envie de tout arrêter. « Putes »,« salopes », « pédés », « cracher dans la chatte », « déboiter » et autre « défoncer », autant de termes associés à la sexualité qui salissent ce qui nous reste d’humanité. « Si vous banalisez des mots violents, vous banalisez des actes violents. »Combien de fois j’ai martelé cette phrase, jusqu’à avoir l’impression de la bégayer !J’ai une pensée pour ces gamins d’Epinay-sur-Seine, à la sève bien francilienne malgré des racines lointaines en Afrique subsaharienne, à qui j’ai demandé d’échanger sans s’agresser :

    « M’sieur, vous voulez qu’on soit courtois comme des blancs, des céfrans… »

    Dans cette réponse, on mesure l’échec d’une politique source d’apartheid, et ce n’est pas la morale laïque au bahut qui va rattraper toutes ces années de négationnisme social.

    Les religions s’invitent de plus en plus dans nos débats,écoles confessionnelles ou pas. La virginité jusqu’au mariage est devenue un sujet central au point d’occulter les MST et les risques de grossesse non désirée.Curieusement, le dogme vulgarisé n’a de précepte que pour les filles et certains parlent d’emmener leur copine chez un gynéco comme une voiture au contrôle technique. Quand je rétablis la vérité anatomique sur l’hymen et que j’évoque la masturbation féminine, les filles sont partagées entre gêne et soulagement pendant que les mecs tchipent 2 leur désaccord. Et puis je n’oublie jamais de rappeler aux anti-IVG que l’avortement n’est pas un problème mais une solution. Ce n’est pas de la morale laïque, Vincent, mais de l’utilité publique. 

    Cette année, j’ai eu mon lot de polémiques avec la loi pour le mariage pour tous. Globalement, j’ai trouvé les jeunes moins virulents dans leur propos que leurs aînés, même si l’adoption par un couple homosexuel est inimaginable pour la grande majorité d’entre eux. L’image de la famille, c’est Adam et Ève qui l’ont donné et qu’importe qu’ils aient fait preuve de consanguinité pour créer l’humanité.

    Lancer de grands débats stériles et déclencheurs de propos violents pour lutter contre l’homophobie, je n’y crois plus. Par contre, dire systématiquement« avec ta copine ou ton copain » aux élèves, et ceci quel que soit le genre de l’interlocuteur, participe à faire de l’homosexualité une orientation sexuelle intégrée et tout à fait naturelle dans une société très hétéronormée.Et puis quand la discussion s’envenime, je mentionne ce regard plein d’amour entre les deux mariés de Montpellier, filmé par des centaines de télés. Certains sont touchés.

    En relisant quelques petits papiers de questions anonymes glanés dans les lycées  – « Pourquoi les filles sont considérées toujours comme des putes ? », « Pourquoi un homme doit-il se sentir supérieur à une femme ? » « Pourquoi les garçons ne nous respectent pas ? » – , je me dis que ce n’est pas en deux heures qu’on révolutionnera la vie de ces lycéennes. Et puis que pèse ma parole face ausexisme ordinaire vomi par la télé-réalité, les vidéos de rap et Internet ?Mais ça, Vincent, qui s’en préoccupe ?

    Un jeune, aux Pavillons-sous-Bois, a parfaitement résumé le délire ambiant : « Ma mère m’a dit qu’elle s’en foutait que je regarde du porno sur Internet parce mon père fait la même chose »…

    Je termine la saison le moral dans les capotes, un peu usé par l’énergie déployée. Aussi, pour me ressourcer, cet été, je vais éviter les plannings familiaux, les lieux de culte, les meetings de droite et les débats sur la morale,qu’elle soit laïque ou pas.

    Surtout penser à désactiver mes alertes Google « adolescents » et « sexualité » pour vraiment décrocher.

    Dr Kpote (Kpote@causette.fr)


    1. Citation sur le portail Internet du gouvernement.

    2. Exprimer sa désapprobation envers quelqu’un en émettant unson avec la bouche


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  • Au sujet de la polémique sur l'article "Une liaison particulière" du dernier Causette…

    Depuis 1 an et grâce à la rédaction de Causette, j'ai la chance de chroniquer mes animations de prévention auprès des adolescents. Forcément dans mon quotidien, je passe beaucoup de temps sur les notions de consentement et plus particulièrement sur ce moment où la loi estime qu'on est en age de mesurer tout ce qui se joue lors d'un rapport sexuel (pas simple). J'insiste sur la notion de rapport d'autorité, surtout dans ces centres d'apprentis où les jeunes découvrent parfois un patron (ou une patronne) trop entreprenant(e) et n'osent pas en parler.
    Bien entendu, en tant qu'adulte ayant une forte responsabilité ( j'aborde le sujet très sensible de la sexualité), je fais très attention à opter pour la bonne distance avec eux. Pour moi, c'est autant une question de valeurs humaines et d'éthique professionnelle que de respect du cadre législatif. J'ai déjà été déstabilisé par des attitudes et des demandes très provocantes mais pas question, évidemment, de passage à l'acte. C'est la règle n°1 quand on travaille avec les adolescents. Pour autant, j'éviterai de me positionner en juge, ce serait présomptueux de ma part. La justice existe pour instruire une affaire, avec un regard dépassionné.
    Concernant l'article de Causette, on peut penser qu'il est maladroit, qu'il laisse place à diverses interprétations, qu'il ne respecte pas les victimes, qu'il semble soutenir un peu trop cette professeure qui a dépassé les limites, qui semble coupable d'atteintes sexuelles sur mineure (n'oublions pas la présomption d'innocence). Certes. D'ailleurs, certain(e)s d'entre vous ont émis des critiques justifiées et ont déclenché des débats intelligents. Mais il y a aussi celles (ceux) qui ont toujours besoin de réveiller la bête immonde.
    NON, Causette n'est pas un magazine qui fait l'apologie de la pédophilie. Les #pedocausette et autres #raciste qui agitent les twitos sont hors sujet, dangereux et inutiles. D'ailleurs, surenchère oblige, je ne serai pas surpris de lire bientôt #antisémite, puis #antichtis et pourquoi pas #niquelamémoiredepierremauroy puisque tout cela s'est passé à Lille…
    Quand je lis ce que les adultes sont capables de balancer sur le net pour faire la promo d'un blog ou du buzz sur Twitter, je ne me fais guère d'illusion sur l'impact de notre travail auprès des ados sur les dangers de la toile… Flippant.


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