• Entendu sur Inter à propos des crèches d'entreprises :

    "En général, je rentre trop tard le soir pour voir mon bébé. Là, j'en profite en fin d'après-midi, je descends entre deux réunions pour le voir un peu..."

    Hé mec, réveille toi ! Il ne te viendrait pas à l'idée que tu pourrais aussi moins bosser ?

    L'esclavagiste déguisé pour l'occase en nounou, lui, est content : "ça diminue fortement le taux d'absentéisme dans l'entreprise"...

    Bon allez, chéri, rend le BlackBerry de papa. Sinon, tonton patron va descendre pour te sucrer ton bib supplémentaire et tes RoToTos du vendredi...


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  • Récemment, une amie qui bosse chez Nokia m'a donné un téléphone. J'ai passé en revue les menus et je suis tombé, dans la rubrique messagerie, sur les modèles de messages enregistrés, prêts à l'emploi. Au milieu des « je suis en RDV » ou « je serais en retard », qui peuvent soulager le cadre sup débordé, j'ai trouvé un « moi, aussi je t'aime » pour le moins curieux...
    Qu'on puisse balancer un « moi aussi, je t'aime » en appuyant sur une seule touche, tout en faisant ses courses, culbutant sa secrétaire ou kervielant sa boite en boursicotant comme un dératé, me fait froid dans le dos.
    Détachée, froide, aussi sincère qu'un Sarkozy en campagne, la déclaration d'amour assistée par portable est un projet de société aussi excitant que la rencontre de l'être aimé en VPC.
    Plus vite, plus loin, plus fort, la performance technologique tue doucement l'émotion et la créativité, les disques durs remplaçant les cœurs tendres. Finie la poésie, exit l'originalité... Le partage des sentiments, c'est devenu simple comme un coup de fil, creux comme un Mon Chéri vidé de sa liqueur. A force du faire du prémâché, nous serons incapables de communiquer sans voicoder, le doigt rivé au clavier. On peut imaginer les déclinaisons possibles :

    <o:p>
    </o:p>- Mon amour, c'est fantastique, je crois que je suis enceinte...
    - Moi aussi, j'ai un RDV.

    - Chéri, quand je ne te vois pas, de longs corbillards, sans tambours ni musique défilent lentement dans mon âme; l'espoir, vaincu, pleure, et l'angoisse atroce, despotique, sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
    - Moi aussi, j'ai la grippe.

    - Mignonne, allons voir si la rose qui ce matin avait éclose, sa robe de pourpre au soleil, a point perdu cette vesprée, les plis de sa robe pourprée, et son teint au votre pareil. (bon ça fait cher le SMS mais quand on aime, on ne compte plus, non ?)
    - Moi aussi, je fais les soldes.

    Comme quoi on peut être « connectig people » et absolument pas sur la même longueur d'ondes ...


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  • Les infections sexuellement transmissibles progressent en France
    (LEMONDE.FR avec AFP | 05.02.08 | 11h57 • Mis à jour le 05.02.08 | 12h25)

    Les infections sexuellement transmissibles (IST) – gonococcies (blennorragies), syphilis et infections dues aux chlamydiae – sont en augmentation en France, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS), publié mardi 5 février. Les spécialistes craignent que la résurgence des IST (plus connues sous le nom de MST, maladies sexuellement transmissibles) ne témoigne d'une augmentation des prises de risques, avec un danger accru de transmission du VIH (virus du sida).
    Quasiment disparue, la syphilis avait fait sa réapparition fin 2000 à Paris. Cette résurgence avait alors conduit l'InVS à créer un dispositif de surveillance volontaire. Quatre-vingt neuf sites ont participé à la surveillance et détecté 2 061 cas de syphilis entre 2000 et 2006. Mais si ce chiffre était en diminution en 2005, le nombre de cas a de nouveau augmenté en 2006 (455 cas contre 339).

    Moi qui voulais aller aux champignons, c'est raté. Vous avez voulu voter à droite. Ben voilà, tout augmente...


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  • Léo Ferré – Comme une fille

    Suite à une brève dans un magazine féminin, je suis allé faire un tour sur le blog http://le-sac-des-filles.over-blog.fr/ , dont le concept est plutôt drôle. Une fille peut y poster la photo de son sac avec la liste de ce qu'il contient. L'idée est alléchante : on pénètre dans l'intimité de quelqu'un, autrement que par la narration de ses expériences ou l'exposition de sa nudité, mais par ce qui fait son univers quotidien, ses petits objets qui remplissent son excroissance portative.

    Et puis, déformation professionnelle oblige, j'ai fait ma petite enquête sur la présence ou non de préservatifs dans les sacs des filles. On ne se refait pas.

    J'ai maté une cinquantaine de sacs, frisant l'overdose de Labello et de serviettes hygiéniques, et dans seulement un seul, j'ai pu constater la présence de capotes (j'ai attendu le 16ème). Un rien surpris, j'ai tenté d'en trouver les raisons :

    - Toutes les filles qui se sont prêtées à ce petit jeu vivent en couple ou sont engagées dans une relation régulière. Bien entendu, elles semblent avoir une confiance absolue dans leurs partenaires. De plus, elles n'imaginent pas une seule seconde, craquer pour une aventure sans lendemain. Dormez tranquilles concubins ou concubines, vos copines incarnent la fidélité même.

    - Elles planquent leurs préservatifs ailleurs, sachant que forcément, c'est dans leur sac que leur partenaire ira flairer des signes d'une relation adultère. Mais alors, où cacher l'objet de l'aventure extra conjugale ? J'attends vos suggestions.

    - Nous sommes en face d'une génération d'abstinentes et je suis tombé sur les 49 sacs de « Génération Soubirous », préparant les futures JMJ (Journées Mondiales de <st1:PersonName productid="la Jeunesse" w:st="on">la Jeunesse</st1:PersonName>, initiées par feu Jean-Paul 2, qui avait en son temps largement diabolisé l'objet lubrifié.) J'ai un doute sur cette hypothèse car je n'ai vu aucun sac à dos.

    - Les filles se foutent complètement des IST et dans ce cas, c'est un échec cuisant de toutes les politiques de prévention. Merde, voilà que je m'auto-licencie...

    - Elles n'osent pas montrer la présence de préservatifs dans leurs sacs même sous le couvert de l'anonymat. Ça en dirait long sur la peur de passer pour une salope/taspé chez les filles revendiquant l'utilisation de préservatifs. Ceci dit, cette version est plausible car j'avais laissé un comm. à l'une d'elle, en lui demandant pourquoi il n'y avait pas de préservatifs dans son sac. Elle m'avait gentiment répondu qu'elle avait omis de le signaler, donc qu'elle les avait bien enlevés pour la photo.

    Dans mes animations auprès des jeunes, beaucoup de filles ne prennent pas de préservatifs de peur de subir une pression des garçons. Certaines les refusent quand je les distribue et m'en demande quand le reste de la classe est partie... Il faut dire que très souvent, les garçons ne manquent pas de faire des allusions salaces lorsque l'une d'elle se sert largement.

    Dans les classes où la culture religieuse est fortement représentée et revendiquée (puisque bien entendu, c'est une question que je ne pose pas), les filles tournent la tête au passage des préservatifs et martèlent ce que leur entourage leur a imposé depuis la plus tendre enfance : « je n'en ai pas besoin puisque je resterai vierge jusqu'au mariage ». Là encore, on fait fi de l'accident, de l'erreur humaine, de la pression d'un soir, du désir personnel au profit de la programmation cultuelle...

    Par contre, dans pratiquement tous les sacs, on trouve des chewing-gums et un lecteur mp3. Les filles, au passage, je vous rappelle que mâcher les oreilles pleines, ne vous protège pas des Infections Sexuellement transmissibles...


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  • Dead Kennedys - Too Drunk To Fuck

    Je suis un peu en avance et je déambule dans les couloirs du lycée, un ersatz de café sorti du distributeur à ulcère dans la main. Je tombe sur une exposition réalisée par les élèves sur le thème « Respect et Humanité ». Je m'approche et découvre des collages de photos, associés à des textes contre le racisme. Un titre m'accroche un peu plus : « Blacks, blancs, beurs, ensemble ». Je n'aime pas cette expression qui me rappelle le slogan hypocrite de l'après Coupe du monde de 98, et qui ne veut rien dire puisque « beur » n'est pas une couleur. Je parcours le texte qui parle de rapprochement, d'échanges, de similitude de par la couleur de notre sang... d'amour, de respect et d'humanité comme le titre l'indique. Et puis, une phrase résonne différemment dans mon cerveau en alerte: « nous sommes tous égaux et toi, taffiole, tu ne l'a pas compris. » On peut donc faire preuve d'humanité pour les couleurs, pas pour les orientations sexuelles.

    Je décide d'en parler aux élèves. Personne n'avait remarqué ce mot, devenu terriblement banal. Ils m'expliquent que «taffiole» veut dire peureux, flippé, en gros un sous-homme, un type qui se fait dessus dès que ça chauffe. Je leur exprime mon scepticisme sur le fait de conclure un texte sur le respect, l'amour par une insulte. Ils me répondent que c'est une histoire de générations, «que les jeunes de maintenant parlent comme ça», sous-entendant que j'aurai viré «vieux con». C'est vrai que dans la plupart des classes de banlieues, le mot «bâtard» sert de ponctuation et que deux bons amis l'utilisent comme notre bon vieux «potes». Alors, si «mon pote» est devenu «bâtard», alors «peureux» peut bien se traduire par «taffiole»... Le problème, c'est que «fille» est devenue «salope», «taspé» ou «pute» et que «faire l'amour» voire «baiser», largement acceptable si on n'est pas un père la pudeur, s'est transformé en un «taper» inadmissible ... On peut comprendre alors l'incompréhension de ces jeunes qui se retrouvent face à un tribunal alors qu'ils n'ont fait que «taper» comme les autres. On peut comprendre, mais sûrement pas l'accepter et c'est là que notre rôle d'éducateurs, d'acteurs de prévention prend toute sa valeur. La notion de limites dans le vocabulaire employé est aussi floue que celle des attitudes à avoir en société. Systématiquement, je note au tableau les termes injurieux, mal employés et j'invite la classe à leur trouver des synonymes. Si on laisse ces expressions violentes se banaliser, on permet à l'agressivité de pourrir notre quotidien. Pire, on la cautionne.


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