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Allo Hallal | 12 mai 2009

On parlait du sida. Une fois de plus. Sûrement pas la dernière au regard des chiffres toujours exponentiels de la pandémie. Au fond, ils étaient deux, puis quatre puis huit à débattre, s’énerver, affirmer avec la main qui fouette l’air comme on claque d’une beigne les paroles de l’autre. Je me suis dit, naïvement, que j’avais une classe avide de débattre et je commençais, sans l’ombre d’un semblant de méthode Coué, à croire que le sujet plaisait.
- Vous pouvez nous inviter dans votre débat ? ça a l’air si passionné et passionnant…
- Ben, on se demandait si le KFC de Bondy était hallal ou pas ?!
- Heu. Et vous ne pouvez pas régler ça à un autre moment.
- Non M’sieur c’est important…
Du coup, le sujet a contaminé les rangs, aussi vite qu’une grippe porcine. Pas hallal du tout, d’ailleurs la grippe porcine. Ils s’y sont tous mis. Les pour et les contre. Pas un à s’abstenir. Une classe entière en pèlerinage à la Mecque du poulet frit, le KFC de Bondy…
Du coup, j’ai sorti mon portable et appelé les renseignements pour avoir le numéro de ce fameux KFC. Silencieux, ils m’ont regardé comme on dévisage un type qui aurait pété une durite. J’ai finit par avoir le KFC et à apprendre que celui-ci, évidemment, n’était pas hallal…
- C’est bon, on peut continuer sur notre sujet de départ. Le sida…
- M’sieur. Peut-être que vous n’avez pas bien compris. Vous êtes un séfranc, vous.
Et le débat a recommencé, puis s’est étendu aux kebbabs locaux hallal ou pas. Alors, plutôt que d’établir la cartographie des nourritures célestes, je me suis barré. Avec mes préservatifs et mon militantisme à la papa. Le sida, c’est plus dans l’air des banlieues, mec. La religion a moissonné tous les neurones qui avaient survécu à l'ingestion de toxines en friture ou hamburger.
Sur le net, je suis tombé sur un de leur copain, en grande errance mystique, lui aussi…


Publié par didurban à 12:05:05 dans Prévention | Commentaires (15) |

De garde, mais pas chienne. | 06 mai 2009

Depuis une bonne demi-heure, les deux rigolos de service finissaient toutes leurs phrases par « suce ma bite, salope ! »

Alors, elle s’est levée et tout en les apostrophant, a déclamé sa tirade d’un seul souffle :
- "Vous n’êtes que des pauvres connards, des bouffons… Suce ma bite ! Suce ma bite ! Vous jouez aux rois du sexe et dès que vous rentrez à la maison, vous vous pissez dessus devant maman. Vous jouez les anges gardiens auprès de vos sœurs, vous garantissez la bonne morale de la famille et là, vous vous lâchez comme des merdes. Suce ma bite ! Vous allez le répéter devant votre mère, ça ! On vous sucera rien du tout, pauvres cons. Votre bite, on lui met un coup de latte. Fermez vos gueules maintenant. On parle d’un sujet sérieux et c’est pas des gamins comme vous qui vont m’empêcher d’écouter."

Elle s’est assise. J’ai lu dans le regard des filles de l’admiration. Les mecs riaient. Mais pas franchement. Moi, je suis resté aphone, craignant un peu quand même pour son intégrité physique après mon départ.

- " Ben allez-y, m’sieur" qu’elle a dit, sereine.

Deux jours après l’animation, dans le même lycée, "suce ma bite" m’a ramené les trois capotes qu’il s’était empressé de mettre dans ses poches non sans crier haut et fort « qu’il allait se la donner grave ». Comme je le questionnais sur le pourquoi de ce retour au SAV, il m’a avoué qu’il craignait que sa mère ne les découvre…

Publié par didurban à 14:50:53 dans Prévention | Commentaires (2) |

Les douaniers de la morale | 12 mars 2009

Ça y est, la journée de la femme est bien pliée, rangée au rayon "grandes causes" du placard démago, sur la même étagère que la Journée mondiale de lutte contre le sida et la fête des grands-mères... La vie des citoyennes, elle, continue sans grand bouleversement, loin, très loin des débats sur Agoravox...

Je suis dans un lycée de la Seine-Saint-Denis, dans une classe de filles. Elles sont entre elles, et du coup, la parole est plus libre. Alors, elles racontent qu'en sortant du lycée, elles doivent faire face, à l'entrée de la cité, à un véritable barrage érigé par les autorités locales. En effet, tous les soirs, les mecs les attendent et leur demandent leurs carnets de correspondance pour vérifier leur assiduité aux cours. En cas de problème, d'absence, de retenues, de mots d'un prof ou du CPE, elles se font tabasser. Le carnet de correspondance est du coup devenu une sorte d'hymen scolaire. Intact, vierge de tous reproches, il ouvre les portes de la cité, d'une vie sociale, amicale, voire plus si affinités. S'il est souillé par des  réprimandes, si la malheureuse a fauté, alors s'en est fini de sa réputation, donc de son avenir au sein de la communauté...

Ces mecs ne sont ni leurs frères, ni leurs pères. Mais ils se positionnent en tant que tel. Déscolarisés, survivants grâce aux petits trafics de came ou de matos, ils ont mis au point cette douane, ce no woman's land dans lequel, les filles doivent déclarer le contenu de leur journée. Ces quelques mètres carrés de bitumes qui font office de territoire sont soumis au diktat de ces garçons, pris entre deux modèles de société, celle de l'extérieur dans laquelle ils ne sont pas reconnus et celle de l'intérieur, celle de leur famille, dans laquelle ils ne se reconnaissent plus. Ils sont eux-mêmes les prisonniers de leurs propres frontières, s'érigeant en défenseur d'une morale qui ne s'applique pas à leur propre existence. Ce pouvoir sur les filles, c'est le seul qui leur reste, d'autant plus légitime qu'il est souvent cautionné par une lecture simpliste des écritures divines ou un machisme inhérent à la loi du quartier.

On s'émeut beaucoup des actes fous d'un lycéen allemand ou américain portant le deuil de ses futurs victimes, qui défouraille à tout va grâce à l'artillerie de son paternel, mais on étouffe de notre indifférence cette violence muette qui fait le quotidien de ces jeunes et qui les marquera probablement pour toute leur existence, influençant leur relation à l'autre, déterminant leur future vie d'adulte.

Que dire à ces filles qui rentrent la peur au ventre tous les soirs, rêvant d'une liberté que notre constitution était censée leur assurer : « Dormez tranquilles les filles, la journée de la femme veille sur vous. Fadela et Christine ne vous oublient pas. Des jours meilleurs sont à venir. Et surtout, après chaque rencontre, vérifiez bien vos carnets et votre hymen. »

Publié par didurban à 15:27:53 dans Prévention | Commentaires (4) |

Des souris et des truelles | 02 mars 2009

Le fantasme de la daronne lascive, le peignoir entrouvert sur une vulve bien huilée, qui ouvre sa porte à un ouvrier à l'entre jambe Siffredienne, les couilles moulées dans son bleu, a encore du crédit dans les CFA du bâtiment. Aussi, mesdames, en délicatesse avec votre tuyauterie, attention... Car si Freddy les griffe la nuit, Siffredi, lui, les défonce le jour. Les chauffagistes, les maçons et les menuisiers que j'ai rencontrés la semaine dernière sont tellement persuadés que la copulation de chantier est à portée d'éjac' faciale, qu'ils en ont fait leur principale motivation d'obtention du CAP. Pour ne pas dire la seule.

Comme d'habitude avec les classes de mecs, on est entré rapidement dans le vif du sujet.
"Moi, je suis un dalleux, je défonce de la chatte. Je suis comme un fou. J'ai toujours faim." Il pose dix questions à la seconde, y répond dans la même seconde, la pupille dilatée, le cerveau enfumé et les synapses en pilotage automatique. Il est agité, bourré de tics et je me dis que le cannabis joue à fond son rôle d'anxiolytique. En face de moi, assourdi par une logorrhée sans fin de pornographie ordinaire, je distingue une vraie bombe à retardement. Il est aussi petit que son compagnon de table est imposant. Il y a un côté « Des souris et des hommes » de Steinbeck, dans le couple. L'un parle, l'autre se marre, bêtement.

Puis, le Lennie, genre toxico du kebab, se fait d'un coup plus sérieux. "Vous pouvez parler de la virginité, M'sieur ?"
Aussitôt le petit nerveux éructe : "si tu défonces une vierge, et que tu la laisses, tu devras construire sept mosquées".
Pour des maçons, je me suis dit que la construction de sept mosquées, ça pouvait leur assurer du boulot pour un paquet d'années. En ces temps de crise, voilà une bonne motivation pour se faire plus cochon.

Après avoir usé de toutes mes planches d'anatomie pour bien montrer la différence entre le vagin, la vulve et l'utérus, expliqué que l'ovule n'était pas les sécrétions vaginales, et passé un temps incroyable à parler des hymens plus ou moins compliants, j'ai senti mon Lennie un rien dubitatif.
Pour lui, une vierge, ça doit se voir. Pas question de se faire arnaquer au mariage! Alors tout en se grattant le crâne, il trouve sa solution: "une meuf vierge, on s'en aperçoit forcément. Quand on la défonce la première fois, elle n'est pas pareille, elle doit transpirer du cerveau"... Il a le sourire en coin, la langue qui balance d'une lèvre à l'autre. Je scrute ses mains, persuadé que je vais y apercevoir les restes d'une souris broyée, éviscérée...

On a encore passé deux heures sur les putes qui se font défoncer et les vierges qu'on épouse. Cette fois, j'ai peu argumenté, comme fatigué. J'ai pensé à ma mère qui se faisait tabasser et qui a anesthésié sa douleur dans les médocs jusqu'à l'overdose. J'ai pensé aussi à ma fille, qui fête son premier mois de vie sur terre et j'ai écouté tous ces gamins cabossés, testostéroner pour fanfaronner, comme pour mieux exister, maîtriser... J'ai filé quelques capotes, avec la vague impression de distribuer une arme de poing à de futurs combattants. Pour un peu, je m'en serais voulu. Mais, quand le bâtiment va, il y va...

Publié par didurban à 15:18:04 dans Prévention | Commentaires (7) |

Grande braderie théiste | 04 février 2009

En ces temps d'hystérie communautariste et d'échanges belliqueux entre visionnaires de l'au-delà, je pars au front de la chtouille, la capote un peu en berne, le gland un rien mou, le palpitant sur la défensive, surtout quand la destination sent bon le folklore islamique, là où le barbu est roi et où la lime à bois fabrique à la chaîne du stigmate frontal, preuve d'un acharnement à prier, vénéré et vénérable...
Et bien l'autre jour, dans un coin où, pour les filles, il ne fait pas bon se balader cheveux aux vents, j'ai vu la lumière tout en me prenant les pieds dans le tapis. En effet, j'ai été témoin de la révolte d'une classe entière de ces petits-enfants d'Afrique trop souvent prisonniers des représentations familiales et religieuses. Je les ai entendu crier haut et fort leur envie d'en croquer, de jouir sans entraves et d'envoyer chier bien loin les relents de féodalisme qui pèsent sur leur éducation... (Merde, ça c'est de l'intro)

Et pourtant, ça avait débuté sur le mode affirmatif par : "les filles qui couchent, c'est des putes !", "il faut rester vierge jusqu'au mariage", "celles qui baisent sont des crasseusses" et tout le foin habituel. Je commençais donc à bailler un peu, de moins en moins surpris, quant à y regarder de plus près, je me suis rendu compte que toutes ces sentences sortaient de la bouche de deux jeunes filles qui ne semblaient pas faire l'unanimité.

Les autres se marraient, les tançaient mais sans plus. Et puis, à mon grand étonnement, une fille a parlé de Samira Belil et de ses 13 ans salis dans une cave de Sarcelles, de ces fameuses tournantes et du manque de responsabilité de tous ceux qui savaient. "C'était bien fait pour elle, qu'elles ont bavé les talibannes, elle n'avait qu'à rester chez elle, cette pute"  J'allais parler de la naïveté dont on peut faire preuve à 13 ans face aux avances de garçons beaucoup plus âgés, de la vie qui n'est jamais aussi droite qu'un pape négationniste dans ses bottes, de la somme de nos fragilités tellement humaines... Mais la classe m'a suppléé, fatiguée de cette dictature de la morale à deux balles. Ils, et surtout elles, se sont tous levés, les ont insultés, renvoyés dans leur Moyen-âge... Elles ont même été lapidées à coup de boulettes de papier.

J'aurais dû réagir, mais j'étais sous le choc, emporté par leur envie, leur fougue et puis, j'ai pris du plaisir à voir la révolte gronder, l'intégrisme "nopasaraner"... Ils se sont jeter sur les capotes comme des morts de faim pendant que les deux prêcheuses filaient à l'Iranienne...
Le prosélytisme affichait ses soldes.

Le meilleur était à venir. En rentrant chez moi, je découvrais un mail d'une bonne copine qui connaît mon aversion pour tout ce qui vient du ciel. Un lien cliqué plus tard, je lus que "Quatre jeunes avaient été condamnés par le tribunal correctionnel de Pau à suivre un stage de citoyenneté de deux jours pour avoir détruit des distributeurs de préservatifs". (http://www.libebordeaux.fr/libe/2009/01/quatre-jeunes-c.html). ils avaient agi par "conviction religieuse, contre l'avortement et la contraception"... Pour ma part, je les aurais condamnés à des TIG dans un Eros Center de la frontière belge, genre les mains dans le foutre toute la sainte journée... En tout cas, ces Versaillais émigrés ont été condamnés et pour un communard comme moi, ce fût double orgasme...

Et si on profitait de la crise financière, pour lancer la grande braderie théiste, les grandes soldes du spirituel ?

Publié par didurban à 16:05:06 dans Prévention | Commentaires (5) |

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Sous le masque

Monsieur sexuel... Il n'y a rien de présomptueux dans le choix de ce titre. N'y voyez pas non plus une quelconque référence au Doc des ondes radios. J'ai été ainsi baptisé par des élèves que j'avais eu en séance de prévention sur le thème de la sexualité et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) dans un lycée pro de Bagnolet. Je les ai croisé une semaine après l'intervention alors que j'étais avec mon fils dans sa poussette. Ils se sont mis à hurler en pleine rue : "Mr Sexuel, Mr Sexuel... il vous reste des capotes." Puis en s'approchant tout en fixant mon fils : "Ah, on peut dire que les capotes, vous ne les utilisez pas trop, vous !" Quel vieux con a dit que les jeunes manquaient d'humour ?

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Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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