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Travaux pratiques | 27 avril 2007

Depuis quelques temps, je préfère passer plus de temps avec les ados sur la manière d'établir une relation, plutôt que sur les différentes pratiques sexuelles et les risques encourus. De toutes façons, pour un bon nombre d'entre eux, à 15-16 ans, le premier rapport n'est que fantasmé et s'ils pratiquent la sodomie ou le cunnilingus, c'est uniquement sur Playstation ou XBox. Les ados reconnaissent être saturés d'images à caractère pornographique. À la télé, sur le net, sur leurs portables, dans les rues, les images de cul sont légions. Mais finalement, on leur parle peu de la relation, de la rencontre, des divers sentiments qui animent le cerveau, des diverses hormones qui électrisent les synapses, quand on passe en quelques minutes de l'excitation à l'angoisse de mal faire, du fantasme à la réalité, du corps habillé à la nudité, du sourire Email Diamant à l'haleine de cendrier... J'ai trouvé sur un site éducatif québécois, un outil intéressant qui incite à la réflexion, nommé la règle des trois C et définie comme suit :
- Connaître ses propres limites, évaluer ses envies, ses désirs.
- les Communiquer à l'autre.
- s'assurer du Consentement mutuel.

La notion de limites est souvent très floue. Jusqu'où sommes-nous prêt à aller par amour pour un partenaire ? Dans la sexualité comme dans le partage du quotidien. Dans la relation, les pressions sont multiples, les rapports de force incontournables. La jalousie, dictature qu'on travestie avec la robe immaculée de l'Amour, sert souvent de prétexte à une main mise sur l'emploi du temps de l'autre. Très tôt, les ados subissent les enjeux de la vie de couple sans s'y être préparés et nombreuses sont les relations conflictuelles. C'est toujours fascinant de les voir prendre à leur compte ce sujet sur les limites, car les débats ne manquent pas. Mais tout le monde n'a pas la même définition des limites, le même degré de protection de son intimité...

A ce sujet, hier, j'étais dans un CFA restauration hôtellerie, avec des futurs serveurs et serveuses, âgés de 18-19 ans. La plupart avaient connu toutes sortes d'orientations foireuses ou d'impasses existentielles avant d'échouer ici. Deux filles et une quinzaine de garçons s'y partageaient l'espace. Partager n'est pas forcément le mot, car dès l'arrivée en classe, la bataille a fait rage pour s'asseoir à côté des deux jeunes filles, habillées, premières chaleurs obligent, très légèrement. Les deux vainqueurs ont tout de suite abhorrés le faciès fier du mâle, chef de meute, qui a pris l'ascendant sur le reste du troupeau, doublé d'une option pour les travaux pratiques. Comme pour mieux signifier leur victoire, les deux coqs ont tout de suite posé leurs mains, l'un sur l'épaule, l'autre sur la cuisse de leurs voisines de classe. Puisque c'était le sujet, je leur ai demandé de se tenir correctement afin d'établir tout de suite des limites...

Comme je leur parlait de la règle des trois « C », une des deux filles, me jette d'un regard malicieux un : « Cul, Couilles, Clitoris », clamé comme un slogan de 68, capable à lui tout seul de faire imploser St Nicolas du Chardonnet, un dimanche de Pâques. Aussitôt la classe a exulté, frappé du poing sur la table, s'est astiqué les zygomatiques à défaut d'autres choses.

J'ai réprimé un sourire et lui ai rétorqué que c'était aussi une façon de voir les choses mais que, comme entrée en la matière, j'avais dans l'idée d'élever un peu le débat. Pour le reste, la bagatelle, nous y reviendrions au dessert. Le garçon à côté d'elle en a profité pour lui passer la main entre les cuisses. La fille a pouffé, s'est tortillée un peu et lui a fait un clin d'œil l'invitant à aller plus loin. L'autre couple s'affairait lui aussi. J'ai surpris dans la même seconde le garçon en train de nettoyer l'oreille de sa compagne à grand coup de langue, la main gauche dessinant des courbes autour d'un sein. Je me suis dis que si les autres s'énervaient aussi, l'intervention risquait de virer au Gang Bang...

Heureusement, l'heure de la pause cigarette vint à mon secours. Je réussis à retenir une des deux jeunes filles, celle qui m'avait donné sa propre définition de la règle des 3C.
- Ça ne te gêne pas de te faire tripoter par un élève en plein cours.
- C'est rien, ça, monsieur, ça passe le temps.
- Tu ne t'es pas posé la question de savoir si ça pouvait gêner d'autres personnes de la classe ? Si ça pouvait me gêner ? Puisqu'on parlait tout à l'heure de limites, tu sais qu'on ne peut pas faire tout et n'importe quoi en société, en cours ? Qu'il y a un cadre, des lois ?
- Mais je les emmerde moi, les autres. Il me met juste la main sur la cuisse. Et puis, lui, je le connais. Je sais qu'il sait s'arrêter.
- Si je te demande de garder des distances pour la seconde partie, ça te convient.
- Oui, c'est bon, d'accord.
Elle est sortie en tortillant du popotin, tout en me jetant un regard qui aurait pu faire la couverture de FHM.

Elle n'est jamais revenue pour la seconde partie de l'intervention. Son voisin, non plus d'ailleurs. A entendre les allusions des autres, j'ai compris qu'ils étaient passés aux travaux pratiques, en train de s'échanger quelques chlamydias aux toilettes. Je n'ai même pas eu le temps de leur distribuer des capotes...

Publié par didurban à 14:50:17 dans Prévention | Commentaires (13) |

Comme un gland | 11 avril 2007

C'est les vacances scolaires et les lycées se sont vidés. Les CPE et les profs prennent un repos bien mérité. En ce qui me concerne, je suis donc au chômage technique. Mais j'ai gardé quelques tranches de vie en stock pour les périodes creuses.

 ... La classe se vide à grand bruit de chaises qu'on traîne et de tables violentées. On devrait créer une association de défense du mobilier scolaire (ADMS). C'est vrai, aucun candidat n'en parle du mobilier scolaire sauvagement traité, tailladé dans son vernis, souillé au marqueur indélébile par des insultes débiles, tagué en rainures, crotté de déjections nasales... Et aucun CRS pour le protéger le mobilier scolaire et gazer ces salauds de lycéens qui le maltraitent. Enfin, bon, ils s'en vont tous, en toute impunité, un dernier coup de pied vachard dans la table qui se tait. Tous, sauf une fille, que j'avais à peine remarqué pendant l'intervention, appartenant à cette majorité silencieuse qui sourit des blagues des bouffons de service ou qui s'en dédouane par un haussement d'épaules. Elle semble empruntée, vérifie par-dessus son épaule qu'aucun élève n'est revenu.
- « Monsieur, vous avez parlé des violences physiques mais aussi psychologiques. Comment  peuvent-elles se traduirent ? »
- « L'intimidation, la contrainte, la jalousie trop importante, l'isolement... tout ce que peut mettre en place, consciemment ou inconsciemment, le partenaire pour exercer un emprise sur l'autre. »
- « Mon copain ne veut plus que je vois mes amis. Surtout mon meilleur copain, mon ami d'enfance. Il est très jaloux. Il ne veut pas que je sorte sans lui. Je ne peux pas en parler avec mes copines car elles le trouve tellement sympa, qu'elles m'envient et ne comprennent pas que je me plaigne. »
Séduire les copines et se présenter en martyr plus qu'en bourreau, c'est le modus operandi de tous les hommes violents. Certes, le type n'a que 18 ans mais visiblement, il maîtrise déjà la technique.
- « Il a déjà été violent avec toi. »
- « Non... Heu, une fois, il m'a poussé contre les portes de l'ascenseur. Le jour où je lui ai dit que je n'étais plus vierge. Il m'a accusé de lui avoir menti au début de notre relation. Moi, je n'avais rien dit. »
- « Tu l'aimes ce garçon ? »
Elle me dit qu'elle n'est plus très sûre. Qu'elle a surtout peur de le provoquer, de lui dire. Elle craint sa réaction.
Je lui répète qu'elle n'a que 17 ans. Qu'on ne construit pas une relation sur la peur. Qu'elle doit lui parler. Essayer. J'ai un peu la sensation d'être un de ces généraux de cavalerie qui envoyait ses hussards à la mort tout en sirotant une fine agrémentée d'un cigare. J'anticipe un peu le vent du boulet qui risque de la couper en deux.

Doucement, son visage se ferme. Ses épaules s'affaissent et des sanglots la secouent. Elle pleure. De grosses larmes de tristesse mais aussi de peur. J'hésite à la prendre dans mes bras car d'autres élèves scrutent de loin notre discussion et je crains les quolibets et les sous-entendus. Je lui pose la main sur l'épaule et lui propose de venir à l'infirmerie. Elle se reprend, respire un grand coup, refuse, prend congé, le tout en deux mots et quelques secondes. Je suis mal à l'aise. Je sens bien qu'elle ne dira rien, qu'elle craint pour son intégrité physique, qu'elle va subir la relation. Je ne peux rien y faire. Pour éviter d'être submergé car j'embraye sur une autre classe, je me durci. Comme un gland.

Publié par didurban à 14:59:10 dans Prévention | Commentaires (4) |

Nue dans le lac et habillée pour l'année | 06 avril 2007

La loi sur l'âge du consentement sexuel fait toujours couler beaucoup d'encre dans les classes. Nombreux sont ceux qui sont limite dans le choix de leurs partenaires et craignent un détournement de mineur, le tout largement amplifié par les rumeurs de plaintes abouties ou non dans les quartiers. Cette fois je leur parle aussi de la notion d'autorité qui fait passer l'âge du consentement sexuel de 15 à 18 ans. Je leur donne l'exemple du prof et de l'élève. Je sens aussitôt une légère excitation. Des regards rieurs et complices sont échangés. Il y a anguille sous roche, lézard sur pierre, voire boa sous braguettes. A mon visage un rien interrogateur, un élève finit par lâcher qu'une prof aurait eu des relations sexuelles avec un élève de l'internat et que depuis elle aurait été virée. Tout le monde se marre et les superlatifs sur elle pleuvent : « bonne », « bien roulée », « chaudasse ». Les gestes, eux, sont sans équivoque... Visiblement, les prétendants étaient légions. Beaucoup ont en mémoire une Mrs Robinson avec qui nous aurions adoré être déniaisé. Je me souviens de cette prof d'histoire-géo aux décolletés vertigineux qui a accompagné mes premières expériences onanistes. Combien de nuits ai-je rêvé qu'elle jetait son dévolu sur moi et m'entraînait pour des cours de rattrapage le samedi chez elle ? C'est peut-être pour cette raison que je n'ai obtenu que 2/20 dans cette matière au bac. J'attends toujours les cours de soutien.

A la cantine, je décide d'en parler avec le responsable pédagogique des apprentis. Il semble gêné : - « ah ! Ils vous en ont parlé. J'avais bien dit à la direction qu'il fallait dégoupiller cette histoire et passer dans les classes pour éviter que la rumeur enfle... »
Son collègue reprend : « on ne pense pas qu'il y ait eu rapports. Mais cette prof était trop dans l'affectif avec les élèves. Elle était jeune et a voulu s'attirer les sympathies. Elle a manqué de distances. »
-« était ? »
-« oui, elle est partie. Elle a posé sa démission. »
-« ceci dit elle racontait beaucoup de choses trop personnelles aux élèves. Elle leur avait dit que l'été, elle aimait se baigner nue dans un lac. Et puis certains connaissaient même sa manière de s'épiler au niveau du maillot... Et ils avaient l'air vraiment sûr de leur fait »
La décision d'en reparler à la direction et d'informer toutes les classes sur le départ volontaire de la prof a été adoptée entre le poulet frites et la vache-qui-rit.

Cette décision n'était pas facile à prendre car le responsable me rappelle le caractère confessionnel du lycée-CFA. Nous sommes chez les cathos, à tendance Chartreux face aux évènements dérangeants. Moi, je me dis que les ablutions étant un moyen d'expiation pour les petits péchés, la « prof-qui-se-baignait-nue-dans-le-lac » devrait être pardonnée. De toutes façons, et quoique en dise cette vieille carne de Benoît XVI, elle a déjà été canonisée par les élèves.

Publié par didurban à 10:13:28 dans Prévention | Commentaires (3) |

Gare aux gorilles | 03 avril 2007

C'est à travers de larges grilles,
Que les femelles du canton,
Contemplaient un puissant gorille,
Sans souci du qu'en-dira-t-on.
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M'a défendu de nommer ici...
Gare au gorille !...


37 millions de morts, 40 millions de personnes infectées... Et pourtant à France3 Ile-de-France, on continue de communiquer sur le sida juste pour se marrer. Dans le cadre du Sidaction, une équipe de France Télévisions est venu filmée une séance de prévention dans une classe d'un lycée agricole pour l'associer à un reportage sur un jeune homosexuel contaminé lors de son premier rapport non protégé. Deux heures de débats, de questions/réponses, d'informations ont été résumés à l'antenne en une seule phrase d'un élève : « il parait que le sida est arrivé parce que des hommes ont fait l'amour avec des singes ». Homosexualité et contamination par les singes, le choix éditorial semble directement inspiré par la génération anti-PACS, celle-là même qui scandait « les pédés au bûcher ». Et voilà ! 25 piges de prévention et de sensibilisation à la cause des malades, atomisées en une phrase au JT de 13h30 et en version remix à 19h30. 25 ans qu'on se la traîne, l'histoire de la guenon sauvagement prise sur un lit de feuilles de bananier par le légionnaire américain ou l'érotomane chasseur africain. Je dis guenon mais pour d'autres, la vraie version c'est celle du gorille échappé d'un backroom de campagne, écartant le fion d'un soldat n'ayant pas surveillé ses arrières. 25 ans qu'on associe la présence du virus à la faute originelle, non pas celle de la pomme croquée, mais du primate défloré. L'homo erectus ne serait qu'un singe amélioré, délaissant de temps en temps les partouzes arboricoles pour aller voter.

...Tout à coup la prison bien close
Où vivait le bel animal
S'ouvre, on n'sait pourquoi. Je suppose
Qu'on avait du la fermer mal.
Le singe, en sortant de sa cage
Dit "C'est aujourd'hui que j'le perds !"
Il parlait de son pucelage,
Vous aviez deviné, j'espère !
Gare au gorille !...


Que les élèves savourent cette histoire me parait somme toute bien naturelle. Les histoires de baise dans la savane ont toujours nourri nos fantasmes, du célèbre « toi, Jane. Moi, Tarzan » à l'accouplement animal donc bestial. Je me délecte parfois moi aussi de la scène, m'imaginant par choix personnel, non pas un juge en robe mais un adjudant-chef en treillis, dépucelé par un orang-outang qui aurait soigné sa couleur chez Tony and Guy. Le problème est qu'en période de mobilisation, France3 montre une fois de plus que le sida se résume à une vague histoire de coucherie, de semence qui aurait traversé la barrière des espèces. Surtout, on réduit les jeunes à une bande de décérébrés qui se gaussent de la transmission homo-simiesque en se tapant dans les mains. Les jeunes sont des singes qu'il convient de dresser.

..."Bah ! soupirait la centenaire,
Qu'on puisse encore me désirer,
Ce serait extraordinaire,
Et, pour tout dire, inespéré !" ;
Le juge pensait, impassible,
"Qu'on me prenne pour une guenon,
C'est complètement impossible..."
La suite lui prouva que non !
Gare au gorille !...


La télé n'a jamais rendu service aux malades du sida. Elle lui a toujours préféré le Téléthon et sa horde de myopathes, floutée par le réalisateur dans les pupilles brillantes d'un présentateur aux muqueuses nasales finement préparées pour les 24 heures de la charité. Les enfants malades du sida, on ne les a jamais montrés. Les familles refusent, par peur de la discrimination. Les seuls qu'on a vus et revus, c'est les petits roumains des orphelinats de Ceaucescu. Ceux-là, c'était pour la parade, pour nous rassurer sur notre capacité à nous émouvoir de l'horreur. « Nuit et Brouillard » version sidéen. Je me souviens que des journalistes nous reprochaient notre manque de motivation, lorsque la veille du Sidaction, ils confondaient Pizza Hut et Allo Sida Express. « Il nous faut un enfant en fin de vie. Ou une mère qui vient d'infecter son gamin. Un volontaire associatif en deuil d'un parrainage, filmé au Père Lachaise... ». Nous refusions. Ne pouvant fournir. Par éthique. Mais la télé se fout de l'éthique. Elle veut juste que ça chiale dans les chaumières et que ça se mouche pendant les coupures pub.

...Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l'amour vaut son prix,
On sait qu'en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l'esprit.
Lors, au lieu d'opter pour la vieille,
Comme l'aurait fait n'importe qui,
Il saisit le juge à l'oreille
Et l'entraîna dans un maquis !
Gare au gorille !...

La suite serait délectable,
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c'est regrettable,
Ça nous aurait fait rire un peu ;
Car le juge, au moment suprême,
Criait : "Maman !", pleurait beaucoup,
Comme l'homme auquel, le jour même,
Il avait fait trancher le cou.
Gare au gorille !...


Je vais louer un costume de King Kong et kidnapper cette mauvaise journaliste de France3, lui coller une perruque blondasse, la prendre dans mes mains velues et la traîner tout en haut de la tour Montparnasse. Je lui cracherais à la gueule, histoire de lui refiler mon herpès labial. Je veux l'entendre crier « Maman » et demander pardon à ces 40 millions de séropos qu'on a associé l'espace d'une minute à la mauvaise blague d'un pré-ado à peine pubère. Et puis, je la lâcherais, pour éviter qu'elle ne recommence.   

Quant à la transmission singe homme, elle s'est sûrement produite il y a très longtemps, probablement au contact du sang des singes pendant la chasse ou l'ingestion de viande du même animal. Mais franchement, on s'en bat les flancs... (Merci à G. B. pour la chanson).

Publié par didurban à 08:56:43 dans Prévention | Commentaires (1) |

Pas de Nesquick pour Groquick | 29 mars 2007

Sa veste de travail « bleu-auréolée » semble vouloir exploser entre le 3ème et le 4ème bouton. Il est avachi sur sa chaise, la ceinture abdominale détendue par les kebabs, les hamburgers et les sodas des déjeuners adolescents. Il déborde d'énergie. Ce matin, il a du s'engloutir trois sangliers, arrosés de Red Bull. Il fait le show et visiblement le reste de la classe est habitué à ses frasques. Le gros qui fait marrer, on donne dans le cliché. Il est vraiment imposant, d'autant plus qu'il a décidé de s'installer juste devant moi, obligeant sa nuque à des rotations à presque 180° pour vérifier l'impact de ses blagues sur ses camarades. C'est une classe de futurs menuisiers et l'intervention dans l'atelier a un petit coté « réunion syndicale » pour demander une pause turlutte au patron. Ils sont plusieurs a arboré des tee-shirts « Scarface » sous leurs blouses volontairement entrouvertes et sont bien excités. A croire que Tony Montana leur a aussi refiler la poudre qui va avec. Nous abordions les pratiques sexuelles en essayant d'évaluer ensemble les risques de transmission d'IST, quand il est devenu d'un coup plus sérieux :
- « Hé monsieur, c'est quoi le truc que vous avez noté, là, le "cunninligus", cunni j'sais pas quoi »
Un autre élève me prend de vitesse : «  Lorsque le keum y lèche le sexe d'une meuf, ça s'appelle un cunnilingus. »
- « Mais c'est dégueulasse ! Bouffer la chatte, avec le pipi, c'est dégueulasse ! ça se fait pas monsieur. Et puis, ça pue, une chatte.»
Il a l'air vraiment dégoutté, sans en rajouter. Il fait des grands moulinets avec ses bras, se pince le nez et je crains vraiment pour son 3ème bouton. Cinq minutes auparavant, il nous vantait les bienfaits « de la petite pipe qu'il le fait » mais là on venait de dépasser son seuil d'acceptation.
- « Tout à l'heure, tu nous mimais la fellation avec un grand sourire de satisfaction. Et pourtant, il me semble que tu urines aussi avec ton sexe. Dans ce sens là, ça te pose moins de problème ? »
- « C'est pas pareil, monsieur. Je suis circoncis, alors mon sexe, il est toujours propre. Et puis vous imaginez, le keum qui fait un cunni-j'sais-pas-quoi et qui après embrasse sa femme... Où même ses enfants qui rentrent de l'école... C'est dégueulasse. »
Du coup, je me suis mis à penser si cela m'était déjà arrivé... D'embrasser mes enfants le matin, après une ouverture de paupières cunnilinguée juste avant que ce salaud de réveil n'envoie ma douce sous la douche. Je ne pus réprimer un sourire tout en rêvant.
- « Et regardez les gars, vous pensez à quoi, là. Vous, monsieur, vous avez déjà fait des trucs dégueulasses... »
La classe se gausse de son insolence et moi, je leur distribue des préservatifs, tout en fouillant dans le fond de ma mémoire pour retrouver la date anniversaire de mon premier cunnilingus. 

Publié par didurban à 10:02:46 dans Prévention | Commentaires (3) |

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Sous le masque

Monsieur sexuel... Il n'y a rien de présomptueux dans le choix de ce titre. N'y voyez pas non plus une quelconque référence au Doc des ondes radios. J'ai été ainsi baptisé par des élèves que j'avais eu en séance de prévention sur le thème de la sexualité et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) dans un lycée pro de Bagnolet. Je les ai croisé une semaine après l'intervention alors que j'étais avec mon fils dans sa poussette. Ils se sont mis à hurler en pleine rue : "Mr Sexuel, Mr Sexuel... il vous reste des capotes." Puis en s'approchant tout en fixant mon fils : "Ah, on peut dire que les capotes, vous ne les utilisez pas trop, vous !" Quel vieux con a dit que les jeunes manquaient d'humour ?

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Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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