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Esquimau et shoot au ciné | 06 juillet 2007

(...) Quelques idées reçues persistent néanmoins dans ces populations, quant aux modes de transmission du VIH. Bien des personnes interrogées considèrent ainsi, à tort, que la transmission est possible par piqûre de moustique (32,8%) ou en embrassant une personne contaminée (24,4%). Et plus de 21% craignent d'être hospitalisées dans le même service qu'une personne séropositive. Enfin, près de deux déclarants sur dix sont persuadés que le virus du SIDA peut se contracter dans les toilettes publiques. En quelques années donc, de réels progrès ont été accomplis. Mais il reste du chemin (...) Source : INPES, 28 juin 2007

A ces inquiétudes, je rajouterais la fameuse paranoïa de la seringue infectée sous les sièges du RER ou du cinéma... Cette rumeur, en passe de devenir une légende urbaine, vieille de quasi 25 ans (on l'entend depuis le début de l'épidémie) entend bien reléguer la fameuse rumeur d'Orléans avec ses cabines d'essayage téléportant leurs occupantes vers la prostitution, au rang du canular de potaches. Il y a toujours un élève qui sait, qui a entendu, à qui on ne la fait pas... à chaque fois, je continue d'en démonter les mécanismes mais un sceptique patenté va continuer à la véhiculer, donc à la faire vivre... C'est bien connu, on a tous, l'ami d'un ami qui avant de se taper l'ours, s'est fait piquer dans le RER et a contracté le VIH ou l'hépatite C.

Derrière cette rumeur, on retrouve toujours les mêmes mécanismes de défense face à la pandémie : la négation de l'existence d'une contamination sexuelle et surtout cette notion de victimisation, où la personne a subi la contamination comme on subit une agression, c'est à dire par la faute d'un autre. Rares sont ceux qui s'estiment acteurs de leur contamination. Logique.

Le plus gênant, c'est que cette rumeur invite à la discrimination des toxicos. En effet, la seringue infectée a été volontairement placée par l'insociable de service qui se défonce pour se venger de la société !!! Le sida a souvent servi d'alibi pour couvrir la chasse aux toxicos, soit pour les virer des squares, véritable sanctuaires familiaux, avec les autres indésirables, célibataires forcément pédophiles, SDF et jeunes à chiens, soit pour nettoyer un quartier et le rendre plus attrayant en terme de valeurs immobilières. A chaque fois, à la prévention, on préfère la répression et la relation de proximité mise en place par les associations d'aide aux usagers en prend un bon coup dans l'aile. Franchement, je ne connais pas de gamins qui jouent au docteur avec des seringues infectées dans les squares sans parler à leurs parents de leur drôle de découverte...

En 25 ans d'épidémie, je n'ai jamais rencontré un seul quidam contaminé de cette manière. Il faut qu'il y ait injection de sang pour risquer une contamination et je vois mal une seringue remplie de sang, de surcroît infectée, attachée à un siège du RER ou d'un ciné, avec un système qui provoquerait l'injection au moment où l'usager innocent poserait ses fesses sur le siège... Moi, j'appelle ça du MacGyverisme... Alors, au ciné, vous pouvez sucer tranquillement votre esquimau, sans passer la main sous vos fesses toutes les dix secondes pour vérifier la présence ou non d'un objet contondant. Bon film.

Publié par didurban à 11:40:40 dans Prévention | Commentaires (21) |

ISO certifiée vierge | 03 juillet 2007

C'était avant la fameuse loi sur le port du voile à l'école, ou bien dans un établissement où celle-ci n'était pas appliquée à la lettre, je ne me souviens pas très bien. Par contre, j'ai bien en mémoire les visages de ces trois jeunes filles qui ne voulaient pas entendre parler de sexualité, en pleine période de ramadan, et qui avaient, pour montrer symboliquement leur hostilité, relevé leurs voiles et couvert leurs oreilles.

Qu'importe. Plutôt que les inviter bêtement à sortir, je m'étais dit qu'elles pourraient toujours entendre une partie de l'intervention et y prendre ce qu'elles voulaient. Comme la classe était peu réactive, j'ai proposé les « petits papiers » : les élèves posent une question anonyme par écrit et nous tentons ensemble d'y apporter une réponse.
J'avais repéré le papier à gros carreaux utilisés par les trois jeunes filles et j'ai pu facilement les identifier :
« Peut-on être « déviergée » par derrière ? »
« Pourquoi la sodomie donne des grosses fesses ? »
« Peut-on attraper le sida par les fesses ? »

Sodomie et virginité, les frères ennemis de la religion, l'association lubrique qui fait que probablement les nuits des croyants sont plus lubrifiées que leurs jours, surtout du côté de l'Orient... Derrière tout ça, émerge la question de la vraie définition de la virginité. Une fille peut-elle être considérée comme encore vierge si elle pratique la sodomie ? Ou la fellation ? La virginité se limite ou pas au caractère intact de l'hymen ?...

Les élèves sont souvent partagés sur la question, toutes confessions confondues. En tout cas, celles qui se battent chapelets et ongles pour limiter la virginité à la seule pénétration du vagin, ont parfois des petites aventures anales ou buccales à cacher... Dans l'intensité du débat, ça finit toujours par transpirer et surtout ça jette un petit froid... Pour résumé, et à l'unanimité, ça se pratique au bled, mais ici, silence radio, le téléphone arabe est au abonné absent...

Après avoir tant bien que mal régulé un débat parfois houleux, je me souviens avoir posé la question : « l'hymen d'une jeune fille vierge est-il toujours un peu ouvert ? »
La réponse a fait l'unanimité. C'était non. L'hymen était un voile (tiens, encore là, lui), dur, fermant hermétiquement le vagin, une sorte de couvercle Tupperware assurant la fraîcheur du produit...
J'avais imprimé quelques dessins de différents types d'hymen trouvés sur un site de gynécologie (http://www.aly-abbara.com/livre_gyn_obs/termes/hymen.html ). Je les ai fait passé en parlant de la compliance de l'hymen, de son ouverture plus ou moins importante selon les filles et de cette possibilité d'une première fois indolore et sans écoulement sanguin... Certaines étaient en état de sidération, au point de se demander si je n'étais pas rémunéré par le gros poilu aux sabots et à l'haleine de bouc pour semer le trouble dans les esprits sains. Je risquais le bûcher, frisais la lapidation. Heureusement que nous n'étions ni au Yémen, ni au Nigeria...

Je leur ai fait part d'un témoignage d'une jeune femme qui le soir de ses noces s'était vu répudier par son mari d'importation parce que la pénétration avait été trop facile à son goût, à cause d'un hymen certainement compliant. L'acte avait provoqué des doutes quand à la véritable virginité de son épouse et le type avait demandé l'annulation de la cérémonie... Encore un mariage qui reposait sur l'amour et la confiance entre deux êtres et voué à la réussite !!

Les trois jeunes filles écoutaient attentivement. Je le devinais à la concentration de leurs visages. J'ai proposé ensuite une séance de scénarios à laquelle, elles ont refusé de participer en s'installant au fond de la classe... On frisait l'overdose de révélations. Aussi, je les laissais un peu mariner.

À la fin des deux heures et au moment où les élèves sortaient, je décidais de les interpeller pour leur demander leurs avis. J'ai d'abord lu l'incompréhension dans leurs yeux. Puis les doigts ont fouillé maladroitement dans les poches. Des lecteurs mp3 sont sortis et sous les voiles, j'ai distingué des écouteurs... C'est drôle quand la tradition vient masquer l'arnaque, ça démystifie le concept d'intégrisme. Le voile se faisait malin. Prises la main dans le pot de confiture, elles se sont marrés, non sans rajouter gentiment : « Merci, m'sieur, on a appris des choses ! »

Je suis certain que les intégristes de tout bord ne vont pas tarder à demander la mise en place d'une norme ISO, certifiant la virginité et estampillée par le grand mufti, le rabbin en chef ou le pape... Avant d'épouser une femme, ils chercheront l'étiquette et comme devant la barbaque au supermerde, ils exigeront la traçabilité... Pour peu, on assistera alors à l'émergence d'un nouveau métier : éleveur de vierge.

Pour illustrer mes propos, j'ai pris ce petit texte à la volée via google sur un forum beur (fautes comprises) :
L. - 07/02/2006, 19h46
Moi franchement ça m'angoisse de ne pas saigner la nuit de noce, mon mari va forcément se poser des questions. Et la belle famille qui attend de voir la tache de sang. Imagine qu'il n'y en ai pas, je me sentirai trop male.

Publié par didurban à 11:33:12 dans Prévention | Commentaires (14) |

Le frottis de foetus | 25 juin 2007

Je suis dans un centre de formation pour apprentis, un CFA. Une passerelle vers la vie professionnelle pour oublier les ratés du collège. Je rencontre une classe de BEP mécanique auto. Ambiance exclusivement masculine. Ils font acte de présence, ni spécialement motivés pour passer leur vie à l'horizontale, allongés sous un train arrière, ni ayant suffisamment touché au bleu de chauffe pour en être totalement dégoutté. Dubitatifs sur leur avenir, en quelque sorte. Ils ont 16 ou 17 ans, et si leur présence dans la classe est la résultante de cette prouesse physique matinale qu'on nomme le saut du lit, ils n'ont par contre, pour la plupart, pas encore récupéré de leur performance et sont en train de replonger. Parler du sida, des autres IST, de sexualité à 8 heures du mat, ça ne semble pas les gêner... D'autant plus que, normalement, ils avaient cours de maths. L'avantage avec les apprentis en mécanique, c'est quand on parle de lubrifiant, on est tout de suite sur la même longueur d'onde. C'est vrai quoi : pas besoin de faire de hautes études d'ingénieur pour toucher sa canette en mécanique des fluides. Les secrétions vaginales, ils appellent ça la «mouille». Et la mouille, ces spécialistes de l'huile à vidanger, il la trouve dégueulasse, un rien salée pour ceux qui disent l'avoir goûté. Et puis, il y a ces fameuses femmes fontaines dont on parle si souvent sur Skyrock. Ces filles qui, une fois excitées, n'en finissent plus de se répandre, de s'écouler, d'étancher la soif de sexe du mâle sorti de taule ou d'un désert affectif hormonalement aride...

 

Il leur arrive même, cette mouille, de la confondre avec les règles, le carburant de la meuf. Une fille, c'est comme une bagnole : il suffit de la chauffer un peu, de la démarrer pour qu‘elle accélère et se mette à rouler, à condition que le mec la conduise, la dirige. Pas d‘états d'âme, d'affects, de désirs... Une fille ça mouille automatiquement à l'approche du mâle, ça n'attend que ça... Comme les scouts, toujours prêtes... à accueillir le membre en érection. Parce que les filles en pincent pour la pénétration, la vraie, pas le petit va-et-vient de pédé comme on dit dans les ateliers. Alors quand une fille se masturbe, c'est dire si elle ne fait pas dans la dentelle, la cajolerie, la caresse, bref l'érotique: elle ne pense qu'à ce pénétrer avec ses doigts et le plus profond possible, violemment... là où la jouissance est certainement la meilleure.

A ce moment là de notre discussion, il me paraît indispensable de sortir une planche anatomique et de visualiser le sexe féminin. Je demande un volontaire pour venir le dessiner au tableau. Le plus bavard d'entre eux se lève immédiatement et s'approche en dodelinant. Il s'applique, la lèvre supérieure légèrement pincée, à dessiner une chatte, une « schneg » comme le lui souffle ses copains d'atelier. Il hésite. Combien de lèvres. 2, 3 ou 4 ? La classe est divisée. Ceux qui ont vus, ceux qui ont comptés, ceux qui devinent, ceux qui fantasment, ceux qui font semblant de dormir pour ne pas avoir à avouer leur méconnaissance du sexe féminin. Finalement, il opte pour 4, rassuré par mon approbation de la tête. Puis vient le moment de placer l'organe suprême du plaisir, cette excroissance féminine qui dérange dans certaines cultures par son caractère trop phallique, le clitoris. Le geste est gauche mais le choix correct. La vulve commence à exister là sous nos yeux, elle s'enrichit même d'un corps... Doucement, au fil des traits, elle s'humanise. D'autant plus que le petit malin, autant par soucis de véracité que par jouissance de toucher à l'interdit scolaire, nous rajoute une forêt de poils pubiens, déclenchant les habituelles gauloiseries sur les Portugaises.

- Merci. Peux-tu nous montrer les zones sensibles, érogènes ?
- Ben quand une fille se masturbe, elle se frotte le fœtus.
Je me retourne vers la classe, attendant une répartie cinglante des autres, lapidant le pauvre bougre de diatribes, le vexant sur sa méconnaissance de la gente féminine, le toisant... Rien, un silence de cathédrale étreint la classe, genre « et si c'était vrai ? ! Après tout, il a l'air d'en connaître un rayon. »
-Vous êtes tous d'accord ? Une fille peut se caresser le fœtus ? C'est quoi le fœtus ?
- Heu, c'est pas un bébé ? Une question. Surtout pas une affirmation, on ne sait jamais.
- Si, le fœtus, c'est le bébé, à l'intérieur de l'utérus de la mère, dans le ventre de sa mère...
- Oui peut-être mais même s'il y a un bébé dedans, ça n'empêche pas les filles de se frotter aussi l'utérus... C'est vrai, monsieur, y'en a que ça ne gêne pas,
d'avoir un bébé et de se toucher.
- D'ailleurs, si on nique une femme enceinte, on peut sentir la tête du bébé, non m'sieur ?

Publié par didurban à 11:23:42 dans Prévention | Commentaires (5) |

La pipe familiale | 06 juin 2007

Dans cette classe d'un lycée cossu du XVe à Paris, les réponses au remue-méninges autour du mot sexualité ont été assez soft. Nous sommes passés de «passion» à «amour», de «partage» à «contraception» et de «tendresse» à «partenaire», tranquillement, sereinement, sans scène d'hystérie collective. Il y a bien eu un «cochon» lancé par deux joues légèrement rougies et un «animal» un rien grivois dans le ton, mais dans les deux cas, toute la classe a immédiatement minimisé en donnant une connotation sympathique à ces idées cochonnes qui peuvent parfois traverser l'esprit. Et puis, il est bon, parfois, de réveiller l'animal qui sommeille en chacun de nous pour sortir de la routine horizontale... Rien de bien furieux, contrairement à ces classes où les élèves parlent de «viol», de «partouze» ou de «sodomie» d'entrée de jeu, à huit heures du mat'. Il faut dire que le XVe, ce n'est pas Grigny...
Puis vint le moment du jeu de rôle. Les quatre groupes ont planché avec envie sur des situations de prise de risques autour de la sexualité puisque tel était le sujet que je proposais. Le premier groupe fut rapidement prêt et sûr de son fait. Ils se mirent en place alors que les autres en étaient encore à ébaucher des scénarios dans la cour. Une fois la classe rassemblée et comme ils ne tenaient plus en place, je leur ai proposé de commencer. Les élèves se sont installés sur deux rangées, deux derrière une première table, les trois autres derrière eux. Le narrateur, un grand échalas aux cheveux frisés avec un faux air de Julien Clerc, période "filles aux bas nylons", s'est placé à côté des tables et a commencé : « C'est une famille dans une voiture. Il y a le père et la mère devant, le père étant au volant. Derrière, les deux enfants et le grand-père. Moi, je suis à la fois le narrateur et un passant. »
Dans la voiture, le père introduit :
- Vroum, vroum, chérie, tu veux bien me faire une pipe »
La fille qui joue le rôle de la femme s'exécute sans un mot. Elle se penche, un rien gênée. Si peu. Le narrateur bruite : « fuit, fuit ! ».
Derrière, les enfants embrayent :
- Nous aussi, maman, nous aussi, on veut des bisous ! ! !
La mère, avec peut-être un peu de sperme au bout des lèvres, sort de sa position d'Airbag pour dessous de ceinture et se retourne pour embrasser sa fille. Le grand-père goguenard, l'œil pétillant de luxure, se fend la poire.
Puis, hilare, la femme reprend sa besogne sur le sexe du mari qui se détend, les mains derrière la nuque. Le narrateur se transforme en passant qui se jette sous les roues du véhicule et s'écroule en imitant le bruit d'un freinage sec...
Tout le monde se lève. La scène est finie. La classe applaudit.

Publié par didurban à 12:06:51 dans Prévention | Commentaires (10) |

Circoncis ou circonspect ? | 14 mai 2007

La circoncision qui consiste en l'ablation totale ou partielle du prépuce, en laissant le gland du pénis à découvert, est souvent source de débats dans les classes. En effet, l'acte vient très souvent illustrer une appartenance communautaire de plus en plus revendiquée par les jeunes. Il y a les circoncis et les autres. Mais au sein de la grande famille des chauves, il convient de ne pas mélanger les scalps. En effet, il vaut mieux éviter d'associer le circoncis musulman et le circoncis juif, le circoncis chrétien et le circoncis athée pour cause de phimosis (incapacité de rétraction du prépuce derrière le gland). Mélanger tout ce petit monde des mutilés du prépuce, c'est risquer la guerre de religions. Mettre tout le monde dans le même sac ou préservatif, c'est risquer le bûcher. Autrement dit, ce n'est pas parce qu'on a le même gland, qu'on va sucrer les mêmes fraises après le passage du Styx.

La circoncision est pratiquée depuis la préhistoire. Si on imagine le type en train de se faire taillader le bout à grand coup de silex, on se dit que même le plus têtu des agnostiques devait finir par se convertir... On estime que la circoncision concerne aujourd'hui plus d'un tiers de la population masculine mondiale. Elle est essentiellement pratiquée pour des motifs culturels et religieux, mais aussi thérapeutiques et en prévention de certaines affections. On raconte à ce sujet beaucoup de conneries aux gamins car nombreux pensent qu'une fois circoncis, le pénis a une meilleure hygiène... Et pourtant c'est très facile d'apprendre aux enfants à se nettoyer correctement le sexe en le décalottant sous la douche. Ayant deux fils, je suis bien placé pour le savoir. Pour minimiser l'impact de la religion ou la dimension culturelle, on ne parle que d'hygiène. Une fois de plus, l'intégrisme communautaire avance masqué. Ce n'est pas nouveau.

La circoncision pose pour certains un problème d'éthique en raison du caractère barbare de cette mutilation du sexe et même sur Wikipédia, le sujet y a subi récemment une guerre d'édition... C'est dire si le sujet, au propre comme au figuré, est sensible... J'évite de provoquer le débat avec les jeunes, car le formatage familial est tel qu'il est inconcevable de remettre en cause la circoncision sous peine de se voir taxé de xénophobe, raciste et impur. Pourtant, personnellement, je ne peux m'empêcher de l'associer à l'excision, autre forme de mutilation génitale. A quand une banderole « Touches pas à mon gland » dans les manifs anars ou une place réservée dans les bus, avec les personnes âgées et les femmes enceintes, aux mutilés des religions.

Mais il y a quand même du bon, pas seulement dans le cochon, mais aussi dans la circoncision. Celle-ci, en supprimant le prépuce, entraîne une kératinisation de l'épithélium du gland et une diminution relative de sa sensibilité compte tenu de l'épaississement de la peau. Du coup, selon une étude franco sud-africaine exposée le 26 juillet 2005 à la troisième conférence sur les mécanismes de l'infection par le virus du sida, les hommes circoncis auraient une probabilité « jusqu'à 65% » moindre de contracter le virus du SIDA. Ces données ont été confirmées par deux autres études africaines montrant une diminution de près de la moitié de la contamination chez les circoncis. Il a été souligné que la circoncision ne protège pas complètement contre le virus du SIDA et qu'elle ne doit pas remplacer les autres méthodes de prévention mais venir en complément. (étude source Wikipédia)

Aussi, dans les classes, j'aborde ce sujet en marchant sur des œufs, sans mauvais jeu de mot... Je me souviens m'être un peu enflammé dans une classe et de nombreux garçons circoncis, avaient sauté de joie à l'annonce de cette étude en clamant haut et fort qu'Allah les aidaient bien, même dans leur sexualité... Autrement dit, l'idée de se passer de capotes suintait à travers les slips. Il en faut peu pour que les mecs délaissent les préservatifs et une étude parlant de 65% de diminution des risques tombe à pic. Voilà un fantastique argument publicitaire pour aider tous les crapauds de bénitiers à fourguer leur signe de reconnaissance et commencer à aiguiser leurs couteaux. L'hypocrisie ultime consiste alors à ne parler que de protection du SIDA et surtout pas de rapports sexuels.

Du coup, je me dis que c'est mieux de ne pas en parler. Tout simplement parce que le message est une fois de plus brouillé : « je n'entends que ce qui m'arrange bien ». Et si ce sont les élèves qui me questionnent sur cette étude, je minimise les chiffres afin de privilégier la protection en latex et non l'armure spirituelle. Certains diront que je mens. Moi, je répondrais tout simplement que je ne dis pas tout. Pour éviter le pire. La circoncision avec circonspection...

Publié par didurban à 10:40:40 dans Prévention | Commentaires (21) |

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Sous le masque

Monsieur sexuel... Il n'y a rien de présomptueux dans le choix de ce titre. N'y voyez pas non plus une quelconque référence au Doc des ondes radios. J'ai été ainsi baptisé par des élèves que j'avais eu en séance de prévention sur le thème de la sexualité et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) dans un lycée pro de Bagnolet. Je les ai croisé une semaine après l'intervention alors que j'étais avec mon fils dans sa poussette. Ils se sont mis à hurler en pleine rue : "Mr Sexuel, Mr Sexuel... il vous reste des capotes." Puis en s'approchant tout en fixant mon fils : "Ah, on peut dire que les capotes, vous ne les utilisez pas trop, vous !" Quel vieux con a dit que les jeunes manquaient d'humour ?

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