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Boulot popo | 18 avril 2008

Entendu sur Inter à propos des crèches d'entreprises :

"En général, je rentre trop tard le soir pour voir mon bébé. Là, j'en profite en fin d'après-midi, je descends entre deux réunions pour le voir un peu..."

Hé mec, réveille toi ! Il ne te viendrait pas à l'idée que tu pourrais aussi moins bosser ?

L'esclavagiste déguisé pour l'occase en nounou, lui, est content : "ça diminue fortement le taux d'absentéisme dans l'entreprise"...

Bon allez, chéri, rend le BlackBerry de papa. Sinon, tonton patron va descendre pour te sucrer ton bib supplémentaire et tes RoToTos du vendredi...

Publié par didurban à 09:26:31 dans Pensées partagées | Commentaires (8) |

Connecting ou Créting people ? | 12 février 2008

Récemment, une amie qui bosse chez Nokia m'a donné un téléphone. J'ai passé en revue les menus et je suis tombé, dans la rubrique messagerie, sur les modèles de messages enregistrés, prêts à l'emploi. Au milieu des « je suis en RDV » ou « je serais en retard », qui peuvent soulager le cadre sup débordé, j'ai trouvé un « moi, aussi je t'aime » pour le moins curieux...
Qu'on puisse balancer un « moi aussi, je t'aime » en appuyant sur une seule touche, tout en faisant ses courses, culbutant sa secrétaire ou kervielant sa boite en boursicotant comme un dératé, me fait froid dans le dos.
Détachée, froide, aussi sincère qu'un Sarkozy en campagne, la déclaration d'amour assistée par portable est un projet de société aussi excitant que la rencontre de l'être aimé en VPC.
Plus vite, plus loin, plus fort, la performance technologique tue doucement l'émotion et la créativité, les disques durs remplaçant les cœurs tendres. Finie la poésie, exit l'originalité... Le partage des sentiments, c'est devenu simple comme un coup de fil, creux comme un Mon Chéri vidé de sa liqueur. A force du faire du prémâché, nous serons incapables de communiquer sans voicoder, le doigt rivé au clavier. On peut imaginer les déclinaisons possibles :


- Mon amour, c'est fantastique, je crois que je suis enceinte...
- Moi aussi, j'ai un RDV.

- Chéri, quand je ne te vois pas, de longs corbillards, sans tambours ni musique défilent lentement dans mon âme; l'espoir, vaincu, pleure, et l'angoisse atroce, despotique, sur mon crâne incliné plante son drapeau noir.
- Moi aussi, j'ai la grippe.

- Mignonne, allons voir si la rose qui ce matin avait éclose, sa robe de pourpre au soleil, a point perdu cette vesprée, les plis de sa robe pourprée, et son teint au votre pareil. (bon ça fait cher le SMS mais quand on aime, on ne compte plus, non ?)
- Moi aussi, je fais les soldes.

Comme quoi on peut être « connectig people » et absolument pas sur la même longueur d'ondes ...

Publié par didurban à 10:02:20 dans Pensées partagées | Commentaires (7) |

Tout augmente, ma brave dame | 05 février 2008

Les infections sexuellement transmissibles progressent en France
(LEMONDE.FR avec AFP | 05.02.08 | 11h57 • Mis à jour le 05.02.08 | 12h25)

Les infections sexuellement transmissibles (IST) – gonococcies (blennorragies), syphilis et infections dues aux chlamydiae – sont en augmentation en France, selon le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de l'Institut de veille sanitaire (InVS), publié mardi 5 février. Les spécialistes craignent que la résurgence des IST (plus connues sous le nom de MST, maladies sexuellement transmissibles) ne témoigne d'une augmentation des prises de risques, avec un danger accru de transmission du VIH (virus du sida).
Quasiment disparue, la syphilis avait fait sa réapparition fin 2000 à Paris. Cette résurgence avait alors conduit l'InVS à créer un dispositif de surveillance volontaire. Quatre-vingt neuf sites ont participé à la surveillance et détecté 2 061 cas de syphilis entre 2000 et 2006. Mais si ce chiffre était en diminution en 2005, le nombre de cas a de nouveau augmenté en 2006 (455 cas contre 339).

Moi qui voulais aller aux champignons, c'est raté. Vous avez voulu voter à droite. Ben voilà, tout augmente...

Publié par didurban à 12:50:41 dans Pensées partagées | Commentaires (7) |

Le sac des filles | 01 février 2008

Léo Ferré – Comme une fille

Suite à une brève dans un magazine féminin, je suis allé faire un tour sur le blog http://le-sac-des-filles.over-blog.fr/ , dont le concept est plutôt drôle. Une fille peut y poster la photo de son sac avec la liste de ce qu'il contient. L'idée est alléchante : on pénètre dans l'intimité de quelqu'un, autrement que par la narration de ses expériences ou l'exposition de sa nudité, mais par ce qui fait son univers quotidien, ses petits objets qui remplissent son excroissance portative.

Et puis, déformation professionnelle oblige, j'ai fait ma petite enquête sur la présence ou non de préservatifs dans les sacs des filles. On ne se refait pas.

J'ai maté une cinquantaine de sacs, frisant l'overdose de Labello et de serviettes hygiéniques, et dans seulement un seul, j'ai pu constater la présence de capotes (j'ai attendu le 16ème). Un rien surpris, j'ai tenté d'en trouver les raisons :

- Toutes les filles qui se sont prêtées à ce petit jeu vivent en couple ou sont engagées dans une relation régulière. Bien entendu, elles semblent avoir une confiance absolue dans leurs partenaires. De plus, elles n'imaginent pas une seule seconde, craquer pour une aventure sans lendemain. Dormez tranquilles concubins ou concubines, vos copines incarnent la fidélité même.

- Elles planquent leurs préservatifs ailleurs, sachant que forcément, c'est dans leur sac que leur partenaire ira flairer des signes d'une relation adultère. Mais alors, où cacher l'objet de l'aventure extra conjugale ? J'attends vos suggestions.

- Nous sommes en face d'une génération d'abstinentes et je suis tombé sur les 49 sacs de « Génération Soubirous », préparant les futures JMJ (Journées Mondiales de la Jeunesse, initiées par feu Jean-Paul 2, qui avait en son temps largement diabolisé l'objet lubrifié.) J'ai un doute sur cette hypothèse car je n'ai vu aucun sac à dos.

- Les filles se foutent complètement des IST et dans ce cas, c'est un échec cuisant de toutes les politiques de prévention. Merde, voilà que je m'auto-licencie...

- Elles n'osent pas montrer la présence de préservatifs dans leurs sacs même sous le couvert de l'anonymat. Ça en dirait long sur la peur de passer pour une salope/taspé chez les filles revendiquant l'utilisation de préservatifs. Ceci dit, cette version est plausible car j'avais laissé un comm. à l'une d'elle, en lui demandant pourquoi il n'y avait pas de préservatifs dans son sac. Elle m'avait gentiment répondu qu'elle avait omis de le signaler, donc qu'elle les avait bien enlevés pour la photo.

Dans mes animations auprès des jeunes, beaucoup de filles ne prennent pas de préservatifs de peur de subir une pression des garçons. Certaines les refusent quand je les distribue et m'en demande quand le reste de la classe est partie... Il faut dire que très souvent, les garçons ne manquent pas de faire des allusions salaces lorsque l'une d'elle se sert largement.

Dans les classes où la culture religieuse est fortement représentée et revendiquée (puisque bien entendu, c'est une question que je ne pose pas), les filles tournent la tête au passage des préservatifs et martèlent ce que leur entourage leur a imposé depuis la plus tendre enfance : « je n'en ai pas besoin puisque je resterai vierge jusqu'au mariage ». Là encore, on fait fi de l'accident, de l'erreur humaine, de la pression d'un soir, du désir personnel au profit de la programmation cultuelle...

Par contre, dans pratiquement tous les sacs, on trouve des chewing-gums et un lecteur mp3. Les filles, au passage, je vous rappelle que mâcher les oreilles pleines, ne vous protège pas des Infections Sexuellement transmissibles...

Publié par didurban à 11:24:56 dans Pensées partagées | Commentaires (41) |

Portraits croisés | 29 novembre 2007

Mardi matin, j'ai tracé ma race aux Ulis. Mercredi, j'avais rendez-vous dans le XVe. Aux Ulis, l'animation sur les produits psycho-actifs se faisait auprès d'élèves de la filière technique. A Paris, ils étaient en section internationale dans un lycée bilingue. Aux Ulis, ils venaient majoritairement des cités. A Paris, ils étaient à l'Ouest. Mardi, j'étais avec les dealers. Mercredi, les consommateurs. D'entrée de jeu, aux Ulis, ils m'ont tout de suite parlé des pays producteurs, d'argent facile, de mercos, de filles en bikini été comme hivers, de Pablo Escobar et Tony Montana... A Paris, ils m'ont questionné sur les conséquences, les effets, la qualité des produits. Aux Ulis, j'ai appris à brouiller les pistes, à couper le matos, à arnaquer le bolos. A Paris, je me suis souvenu que ce n'était pas le fric qui garantissait la qualité...

Aux Ulis, les profs d'atelier ont tenu à rester. Avec l'infirmière, nous étions donc 4 adultes autour d'eux. Curieusement, ça ne les a pas gêné du tout de revendiquer leur statut de dealer de quartier. Ils l'ont crié haut et fort, fiers et intouchables. Il faut dire que j'avais insisté sur le caractère confidentiel de l'animation. L'information était bien passée. Malgré les années qui passent, je suis toujours soufflé par leur assurance dans la transgression, leur manque de discernement vis-à-vis de ceux qui représentent sinon la loi, au moins une forme d'autorité. Il se dégage toujours de leurs propos un sentiment d'impunité comme une grand bras d'honneur à la société et ses règles, au bien-pensant. Ces mecs sont des anarcho-capitalistes ou narco-libéraux, Avec eux, tout est possible, tout mène au biz. Sans lois, sans états d'âmes, sans l'ombre d'un soupçon de respect pour les notions de partage et d'humanité. Chez eux, tout est à reconstruire. La prison n'y changerait rien. Strictement rien. C'est leur vision du monde qu'il faudrait changer et pour cela, il faudrait d'abord travailler sur le regard qu'il porte sur eux-mêmes. Dévalorisés depuis toujours par leurs familles, leur environnement, le système éducatif, les soi-disant valeurs républicaines, le regard des autres, ils poussent le personnage jusqu'à sa caricature. Ils se veulent lascars, truands, rois de l'embrouille comme tous les gosses qui jouent aux bandits avec un pistolet en plastique. Sauf qu'ils ne sont plus des gosses. Ou du moins, ils n'ont jamais eu le temps de l'être, parce que jamais protégés, couvés comme devraient l'être tous les enfants. Sans faire de la psy de comptoir, c'est flagrant de voir combien ses gamins vivent dans l'insécurité dès leur plus jeune âge, confrontés aux difficultés de leurs parents, aux pathologies de la précarité, aux histoires de plus grands, la pression du quartier, le poids d'un avenir bouché. Donc ils en profitent maintenant, sans élaborations futiles, sans explications sociologiques, sans analyses de salon, juste à l'instinct. Leur meilleur ami, celui-là même qui leur a permis de survivre. Je n'ai pas cautionné, je n'ai pas non plus condamné. Je leur ai rappelé le plus élémentaire du vivre ensemble dans une société et surtout j'ai appuyé sur le pourquoi, les causes, le point de départ de ces chemins parallèles. Se questionner sur les causes c'est peut-être infléchir les conséquences. Dans leur cas, je suis parti avec peu d'illusions et dans le bus qui traversait les cités, j'ai vu les murs qui portaient leurs revendications citoyennes : nique la police...

A Paris, il a patiemment attendu que le reste de la classe s'éloigne et m'a demandé ce qu'il pouvait faire pour son copain qui passe ses journées entre acides et ecstasys, qui ne vient plus en cours, qui délire parfois tout seul... Il semblait très inquiet sur l'équilibre psychiatrique de son pote, d'autant plus que celui-ci vit seul depuis le divorce de ses parents dans le Sud. Je lui ai demandé s'il sentait son ami, un mineur bien sûr, en danger. Si la réponse était positive, alors, c'était le moment ou jamais de lui prouver son amitié en signalant la situation à un adulte de confiance qui pourrait faire intelligemment le relais auprès des parents. Il a fait la moue au mot « parent » puis il a repris : « c'est peut-être la meilleure des solutions. Vous avez raison, pour l'instant, seuls eux sont à même de faire quelque chose, du moins de le tenter. »

C'est drôle, j'ai eu envie d'inscrire mes fils dans cette école, juste pour leur éviter la filière « nique la police » commune aux établissements du 93. Mais bon, c'était géographiquement utopique, trop cher et surtout tellement loin de l'idée que je me fais de fameuse laïcité et de son brassage de population... Pff, il y a des jours où on doute...

Publié par didurban à 10:47:04 dans Pensées partagées | Commentaires (9) |

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Sous le masque

Monsieur sexuel... Il n'y a rien de présomptueux dans le choix de ce titre. N'y voyez pas non plus une quelconque référence au Doc des ondes radios. J'ai été ainsi baptisé par des élèves que j'avais eu en séance de prévention sur le thème de la sexualité et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) dans un lycée pro de Bagnolet. Je les ai croisé une semaine après l'intervention alors que j'étais avec mon fils dans sa poussette. Ils se sont mis à hurler en pleine rue : "Mr Sexuel, Mr Sexuel... il vous reste des capotes." Puis en s'approchant tout en fixant mon fils : "Ah, on peut dire que les capotes, vous ne les utilisez pas trop, vous !" Quel vieux con a dit que les jeunes manquaient d'humour ?

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Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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