• Elle est en préapprentissage pour devenir coiffeuse. Elle a 15 ans, et peut-être quelques mois de plus. Elle a un décolleté vertigineux et sans soucie peu. Dès que la prof annonce que je suis là pour parler de sexualité avec eux, elle saute de joie, se lève, vient me serrer la main... « Vous êtes la meilleure nouvelle de la journée ! » Une sorte de roi mage du cul, le messager attendu comme le messie et qui va transformer les cours en partouze, multiplier les capotes et marcher sur le liquide séminal. Je refroidis un peu ses ardeurs en expliquant que je ne suis pas là pour parler de parties de jambes en l'air mais pour échanger avec eux sur la sexualité et les IST (Infections sexuellement transmissibles). Qu'importe, elle est partie, partante et semble revenue de tout. Je sais déjà, dès les premières minutes, qu'il va falloir que je tempère ses velléités de témoigner, de s'exposer. Je propose pour rentrer dans le sujet (sans mauvais jeu de mot) une tempête de cerveau autour du mot sexualité, écrit en gros au tableau... Un brainstorming, quoi. Je note pour les inviter à s'exprimer « rencontre », puis, je leur donne la parole chacun à leur tour. Au moment où je la questionne du regard, elle se lève, papillonne des yeux et me lâche un « fellation » très, mais alors très aguicheur. Je lui demande de se rasseoir et nous continuons. Je suis quand même un peu déstabilisé par son comportement. Rassurez-vous amis lecteur, loin de moi l'idée de marcher sur les traces d'Humbert le personnage de Nabokov prêt à me laisser emporter dans une relation lolitesque. Mais la séduction agressive est toujours dérangeante et ceci quelque soit l'âge des deux personnes en contact. Il m'est déjà arrivé de me faire un peu draguer pendant des interventions mais elle, elle était très étonnante dans son manque total de pudeur, et surtout sa facilité à réduire les distances entre adulte et adolescent, entre formateur et élève. Trop à l'aise, trop exubérante, trop généreuse dans tous les sens du terme. Un « trop » qui cache des « pas assez » ? Que les psys fassent leur boulot...

    Et puis, une question est venue sur les risques de contracter le virus du sida. Etaient-ils toujours aussi importants ? La jeune fille répond à ma place : « le sida ? Il faut faire attention. Moi je fais l'amour sans préservatifs mais qu'avec des garçons que je connais. Mais je prends la pilule.» Adieu Lolita. Sa phrase m'a fait immédiatement oublier son petit jeu de séduction et le militant que je suis, n'y a vu qu'une jeune fille mettant désespéramment sa vie en danger.
    « - Tu penses vraiment que toutes tes amants sont au clair avec leur statut sérologique ? Qu'ils ont fait des tests ? De plus, penses-tu qu'on annonce toujours à son partenaire si on est infecté ou pas par une IST ? Ne pense pas qu'au sida, il y a aussi les Chlamydia, l'herpès, les infections à condylomes, les hépatites... »

    Elle reste sans voix. Ses yeux sont moins rieurs, sa bouche se tord un peu. Elle redevient une petite fille surprise en train de faire une bêtise. « - mais je les connaîs, je suis sûre. C'est des mecs de mon quartier. » Je décide de parler des tests de dépistage et du temps d'incubation des virus. J'explique que beaucoup de gens vivent sans savoir qu'ils sont contaminés, que certaines IST ne se développent pas chez l'homme mais se transforment en maladie chez la femme. Je fais un tableau sur les transmissions avec les différents liquides qui peuvent véhiculer les virus. Je rappelle que la pilule la protège des risques de grossesse, mais en aucun cas des risques d'infections. Elle écoute, sérieuse. « - Monsieur, vous me faites flipper, là ». Vu l'expression de son visage, je me dis qu'elle ne bluffait pas, qu'elle a déjà eu des relations avec de nombreux partenaires. Et sans préservatifs.

    Je réexplique que je ne suis pas là pour faire peur mais pour informer. Libres à eux d'avoir la sexualité qu'ils souhaitent mais en connaissance de cause, en personnes responsables de leur corps mais aussi de celui des autres. La sonnerie retentit. Les élèves se servent en préservatifs et cours papoter dans les couloirs. Elle se lève, prend un préservatif féminin et deux masculins, et me dit « merci, monsieur, c'était vraiment bien. J'ai appris plein de choses. » Je n'en suis pas si sûre que ça mais bon vent quand même, Lolita. Et surtout fais attention à toi.


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  • Journée de la femme oblige ou simple coïncidence, j'ai eu hier, une classe de filles en CAP couture dans les Hauts-de-Seine. Celles-ci étaient très défavorables au fait que ce soit un homme qui vienne animer l'intervention sur la sexualité. Ça râlait sec dans les couloirs et certaines voulaient même rentrer chez elles. À peine installés, je leur ai immédiatement proposé de mettre des mots sur leur gêne afin de pouvoir dépasser ce problème qui aurait pu plomber le débat. La peur d'être jugée comme étant des « filles faciles », « portées sur la chose », par un homme semblait les préoccuper. Je leur ai expliqué que je n'étais pas là pour les juger et surtout que je ne divulguerais pas leurs paroles aux professeurs ou au proviseur... De plus, nous étions là pour parler de la sexualité et non pas de leur sexualité. Ce fût un argument satisfaisant pour les filles musulmanes, à qui je certifiais pour enfoncer le clou, que je n'appellerais pas leurs pères ou leurs frères pour leur dire que nous avons parlé de rupture d'hymen, de clitoris ou de secrétions vaginales, voire pire, (sortez vos gousses d'ail, crucifix et autres coran), d'orgasme. Si elles avaient des questions plus personnelles, l'infirmière pouvait servir bien sûr de relais.

    Une fois rassurées, nous avons beaucoup travaillé sur la notion de consentement et tout ce qui pouvait se faire, se dire avant l'acte sexuel. J'ai élaboré des questions à partir d'un document canadien sur les relations entre partenaires et la règle des 3C : Connaître ses propres désirs et limites, Communiquer efficacement avec l'autre pour les exprimer et la notion de Consentement éclairé, même si souvent « ça se passe dans le noir » comme me l'a signalé une élève, avec humour. Elles étaient unanimes sur le fait que c'était difficile de dire à son partenaire qu'on refusait un acte sexuel, ou que l'on ne souhaitait pas avoir telle ou telle pratique. Après avoir travaillé ensemble sur les raisons, nous avons mis à jour que la crainte, la peur de la réaction des garçons, en était la cause.

    Puis, nous avons essayé de définir ensemble la notion de consentement mutuel. Le problème est que bon nombre d'entre elles avaient déjà subies des pressions, des manipulations voire des gestes violents ou incitatifs et qu'elles avaient fait l'amour sans être vraiment certaines de le vouloir vraiment. Une fille me dit même résignée, que tel est le destin de la femme, à cause de la « pomme ». Cette référence au jardin d'Eden, paradis perdu à cause d'une femme, la première de l'humanité, qui s'est laissé tenter par un serpent à deux boules ( ?), un spermatozoïde reptilien ( ?), un vît à gland fourchu ( ?),  m'a toujours laissé de marbre. J'ai toujours eu du mal avec la genèse de l'humanité, surtout  lorsqu'elle est teintée de culpabilité.

    Nous avons passé beaucoup de temps à échanger autour de l' « avant », comment on peut se préparer au mieux pour avoir une relation à fort bénéfice, sans regrets. - « On parle pas de sexe, alors ? » La question a fait rire toute la classe. Elle rougit un peu quand je la regarde : - « Mais nous en parlons depuis une heure !! Et puis, je croyais que vous ne vouliez pas en parler en présence d'un homme !! La sexualité se réduit-elle seulement à l'acte ? Et après comment on se sent ? Qu'est ce qu'on se dit ? Mais si vous voulez qu'on parle des pratiques sexuelles, on peut. Mangeons la pomme, et jusqu'au trognon, tiens ! »

    Nous avons abordé les pratiques sexuelles sans aucune gêne, sans problèmes, sans tomber bien sûr dans la surenchère. Beaucoup de questions portaient sur la fellation, la sodomie, les risques liés à ces pratiques... Franchement, à quoi bon organiser une « journée de la femme ». Elles n'en ont aucunement besoin. C'est sûrement les hommes qui en sont les instigateurs, juste pour se déculpabiliser de cette furieuse envie de croquer qui les taraudent tout le reste de l'année.


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  • Qui a traversé Saint Denis et ses environs sous la pluie peut avoir une petite idée de ce que voulait dire Baudelaire, quand il parlait du « ciel bas et lourd qui pèse comme un couvercle, Sur l'esprit gémissant en proie aux longs ennuis». Sauf que dans le spleen, une dimension romantique très forte se dégage du mal-être, l'impuissance de l'âme du poète face à une nature dégradée vire au sublime. En ce qui me concerne, ce n'est que du glauque que j'ai trouvé, sur place, dans le centre d'apprentis que je suis allé voir aujourd'hui. Pas de spleen sublimé, pas un soupçon de romantisme, encore moins un doigt de poésie. J'y ai rencontré des futurs chauffagistes qui comparent la sexualité à un examen de tuyauterie, c'était sans surprises et tellement classique. Ça a fait la blague, comme on dit.

    J'ai eu droit quand même à un numéro de haute voltige de l'intellect, une démonstration de funambule du fait divers frisant la rupture de synapses. Nous parlions du consentement dans le rapport sexuel, notion pas toujours très claire, car nombreux sont ceux qui pensent qu'un silence veut dire oui, qu'un oui est définitif et qu'un non peut éventuellement se négocier. Sujet oblige, j'abordais le problème du viol et de ses sanctions pénales. Un jeune d'origine ivoirienne (il tiendra à me le signaler), me demande alors qui sont les plus grands violeurs. J'ai du mal à percevoir le pourquoi du comment de sa question et je lui explique que dans le profil des violeurs, on retrouve souvent des accidents de parcours, une enfance brisée, parfois marquée par des violences, sexuelles ou morales. Il me coupe la chique et me réitère sa question en soulignant qu'il voulait me faire dire si les violeurs étaient plutôt des noirs, des arabes ou des français. Je lui réplique qu'on peut être noir et français, arabe et français, et pourquoi pas les trois à la fois... Il finit par se déclarer lui-même français, comme pour s'en convaincre.

    Il me dit que son employeur passe son temps à dénigrer les noirs et les arabes. Et que pour répondre à celui-ci, il lui avait amené des articles du Parisien qui relataient des viols commis par des blancs, des français. Souvent, c'étaient eux les violeurs. D'ailleurs en bas de son immeuble, l'autre jour, un type blanc traînait autour des gosses qui jouaient au foot. Il est descendu pour lui dire de dégager, sinon il le « fumait ». « Les Fourniret et autres Dutroux, ils étaient bien blanc monsieur ». Les noirs et les arabes, ils ne violent pas. Je lui explique qu'il parait difficile de dresser un portrait-robot du violeur type en fonction de sa couleur de peau et que dans le cadre de mon travail auprès de familles africaines touchées par le VIH, j'ai rencontré des jeunes femmes ayant subies des violences de la part de leur ami/concubin/mari/voisin/cousin... Il doute de la véracité de mes propos, à la manière de ces Africains qui me laissaient entendre que les blancs avaient amener le sida en Afrique. Qu'importe, je continue l'intervention sur la transmission des IST, histoire de ne pas tomber dans un dialogue avec lui, au détriment des autres.

    Mais quelques minutes plus tard, il revient à la charge. Il raconte qu'un soir un de ses potes « voulait »une fille qui discutait au bar avec son copain. Son pote se débrouille pour faire sortir le copain et le « fumer », puis viole la fille. Ça le fait marrer. Son raccourci d'histoire sent la supercherie, la provocation. Il me teste et je le sens à cran, prêt à en découdre. L'histoire de ce jeune homme semble chargée. Ses yeux sont fuyants, le regard presque fou. Il monopolise la parole sur des histoires d'agression, dont il semble se délecter, se repaître. Je suis inquiet quand à ses réactions, le sujet devenant trop sensible. Je décide donc de passer à la pose du préservatif, la dimension pratique nous éloignant un temps du débat. A la sonnerie, je m'approche de la prof de SVT et je lui demande son avis sur les difficultés de ce garçon. Elle me répond, encore sous le choc de la violence des propos tenus, que la plupart des élèves présents ont eu des parcours chaotiques, que certains relèvent de suivi psy, d'accompagnement social... Ils rêvent d'être chauffagistes pour aller dépanner les femmes seules. Je vais demander à ma copine de ne plus ouvrir aux chauffagistes. Je repars sous la pluie, dans la grisaille de la banlieue Nord. Alors, « l'Espoir, Vaincu, pleure, et l'Angoisse atroce, despotique, Sur mon crâne incliné plante son drapeau noir. » Baudelaire devait sûrement faire des interventions sur la sexualité dans les CFA.


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  • « L'âge du consentement sexuel a été fixé par la loi à 15 ans. Autrement dit, si vous avez un rapport sexuel avant 15 ans avec une personne de plus de 15 ans, vous n'êtes pas considéré comme consentant. On peut donc parler de viol. » La jeune fille du premier rang blêmit : - « même si on fait plus que son âge, qu'on se sent très mature. Moi, par exemple, j'ai 14 ans et les gens me donnent souvent 18 ans... »
    En ce qui me concerne, je lui donne 14-15. Pas plus. A la fin de l'intervention, elle fait semblant de ranger sa trousse en attendant que les autres s'en aille. Une fois seule, elle s'approche : - « Monsieur, l'année dernière j'ai fait plusieurs fellations à un garçon. Ai-je pris des risques ? » Je me dis qu'à son âge, j'aurais eu du mal à faire ce type de révélation à un adulte, dans le cadre scolaire. Gonflée la gamine.
    Je lui rappelle ce que nous avons déjà vu ensemble et j'insiste sur les possibilités de transmission, certes faibles mais bien réelles, des IST lors de rapports bucco-génitaux. Surtout, je me dis que cette fille avait donc 13 ans lorsqu'elle a fait des fellations à son copain du moment. Je me risque à lui demander si avec un an de recul, elle ne regrette pas d'être allé aussi loin avec ce garçon qui l'a quitté depuis. Elle plante ses yeux dans les miens et sûr de son fait me rétorque : « une pipe, c'est pas grand-chose ! » Influence du porno, omniprésent sur la toile et dans la vie des ados ? Evolution naturelle d'une jeunesse désorientée par un trop plein de prévention et se risquant à faire le chemin inverse ? Influence markettée et subliminale des grands glaciers pour promouvoir leurs produits au travers de la suce-attitude ? Que penser de ça ? Je lui conseille quand même de se protéger, non pas derrière une épaisseur de latex mais sentimentalement, de ne pas exposer son intimité, son coeur trop vite, de prendre le temps, sans rentrer dans une leçon morale, mais non sans me dire que cette fille n'a pas fait des fellations à 13 ans sans un bug dans son histoire personnelle. Je repense à Samira Bellil, qui avec la naïveté de ses 13 printemps, voyait dans son caïd de 19 ans, un prince charmant et non pas le bourreau, qui allait la livrer en pâture à ses potes.

    Aux USA, plusieurs études récentes montrent que les adolescents ont de plus en plus de relations bucco-génitales. En 2002, une étude nationale sur la famille a montré que de nombreux adolescents pratiquaient uniquement la fellation sans autres formes de relations sexuelles. Aujourd'hui toujours, les adolescents américains, dans leur grande majorité, ne considèrent pas la fellation et le cunnilingus comme du sexe. De même que certaines filles pratiquent la sodomie pour conserver leur hymen intact jusqu'au mariage, les américaines pensent qu'une pipe est un bon moyen de garder leur virginité tout en satisfaisant les garçons sans s'exposer à leur agressivité en cas de refus. Quand aux garçons, ils parlent “d'amitiés avec bénéfices”, pour ne pas s'engager trop loin dans une relation... En général, le risque de transmission de MST est également vu comme plus faible ; toutefois ces pratiques ont donné lieu à une recrudescence d'Herpès génital. La pipe semble s'être banalisée dans les lycées américains. Pas étonnant quand on a souvenir d'un ancien président qui lui aussi considérait que se faire sucer par une stagiaire n'était pas tromper son épouse, mais s'intégrait parfaitement dans une relation de travail.

    J'ai l'impression que depuis peu, nous emboîtons le pas à la jeunesse américaine et que les ados français à leur tour banalisent ce rapport qui est une pénétration, donc un rapport sexuel. Beaucoup de jeunes filles ne comprennent pas qu'on puisse penser qu'elles perdent leur virginité en la pratiquant, associant celle-ci uniquement à la pénétration vaginale et la notion souvent très floue d'"hymen intact". La fellation fait partie des préliminaires et souvent ils la citent avant les caresses, les baisers ou même les paroles échangées. À force de banalisation, les garçons ne comprennent pas qu'une fille refuse de les sucer tout de suite, et peuvent devant un refus faire preuve d'agressivité, voire de violence. On se dit rien, on se suce, on se quitte. Simple comme bonjour, facile comme une pipe.

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  • Le RER me dépose dans une petite banlieue du 91 bien tranquille, très pavillonnaire, propre en façades et joliment jardinée en terrains. Je la traverse à pied et je suis bien le seul être humain à marcher. Autant dire que je suis un peu suspect vu des 4x4 et des familiales matinales. Le lycée est excentré, à proximité d'une forêt... Mais le loup peut à tout moment sortir du bois et déranger cette charmante petite communauté. Le loup en l'occurrence a un nom, ou plutôt un profil informatique : il se présente sous forme de DviX et circule sur les portables. En effet, dès mon arrivée, l'infirmière me signale que deux jeunes filles de l'établissement ont été filmées par leur partenaire à leur insu pendant des rapports sexuels et que les images circulent à l'intérieur et à l'extérieur de l'établissement. Profondément choquées, l'une refuse de revenir à l'école et l'autre rase les murs sous les quolibets des filles et les regards salaces des mecs.

    Me voilà au parfum. Je décide de faire mon intervention le plus normalement du monde mais en insistant dans la partie juridique, sur le droit à l'image, le respect de l'intimité, les conséquences graves d'un tel acte et surtout la complicité tacite de ceux ou celles qui se délectent de telles images. Je ne peux pas m'empêcher de penser à cette classe de St Denis, l'année dernière, où les élèves avaient tous sortis leurs portables pour me filmer en train de poser le préservatif sur le sexe de démonstration. Je leur avait alors expliqué que je n'avais aucune envie de me retrouver sur YouTube et qu'ils auraient pu avoir l'élégance de me demander mon avis. Ils avaient trouvé mes remarques « anachroniques », m'expliquant qu'aujourd'hui, tout le monde filmait tout le monde. Un pur bonheur pour les sécuritaires de tout bord : ils n'ont même plus à casser leur tirelire pour nous filmer dans la rue, les grandes surfaces, les parkings, les bus, etc...., nous nous surveillons les uns les autres... Ce type d'argument militant face au « Bigbrotherisme » ambiant ne fonctionne pas avec les ados, puisqu'en général, ils s'en « battent les couilles ».

    Mais cette fois, le problème est plus grave et les conséquences peuvent être dramatiques. Les infirmières craignent qu'une des jeunes filles tente de mettre fin à ses jours. Aussi, je suggère aux classes, au cas où ils seraient au courant d'une affaire de ce type, de révéler le nom du ou des réalisateurs du film. Tant pis pour la fameuse loi du silence, le mauvais rôle de la « balance ». Nous ne sommes pas face à un cas de vol de vélo ou de lecteur de mp3 : la vie d'une élève est entre leur main. Je mesure mes paroles, j'appuie sur chaque syllabe pour donner du poids à mon intervention. Les réactions sont inexistantes. Un silence lourd envahit la salle et je décide de les quitter sur cette note pour donner encore plus de poids à mon propos. En regagnant le RER, je me demande combien de jeunes filles ou garçons vont subir ce type d'outrage dans les mois qui viennent. Je me dis, qu'à l'allure où on va,  il y a bien un type qui va réussir à se faire transplanter une micro-webcam au bout du pénis pour filmer à l'intérieur du saint des saints, le vagin, et pourquoi pas, permettre au monde entier de visionner en avant-première les images saisissantes de ce fameux point G, que même Indiana Jones continue de chercher.


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