• Mr B. est au centre de rétention de Vincennes. Ses 4 enfants et sa femme passeront le week-end sans lui. Pendant que les footeux s'enivreront à la bière devant France-Pay-bas, Mr B. trinquera avec ses compagnons de misère en buvant l'eau de la cuvette des toilettes. Le résultat du match de ce soir n'y changera rien, Mr B. se retrouvera lundi devant le Tribunal Administratif qui décidera si lui et sa famille doivent dégager en Tunisie, un pays que les enfants ne connaissent qu'en carte postale. Lundi, on sera une fois de plus au tribunal, pour signifier notre désaccord avec cette politique du désastre et apporter un peu de chaleur humaine dans un prétoir froid et implacable. On essayera de sourire à Mr B., de sensibiliser celui ou celle qui posera dans la balance de la justice le destin de toute une famille, de motiver l'avocate qui part perdante. Puis, peut-être qu'à la sortie, on se congratulera et qu'on repartira plus forts, plus heureux d'être humain, d'être bien vivant. Ou peut-être qu'on filera vers Roissy ou Orly pour tenter de mobiliser les passagers en tongs d'un avion à destination de Djerba ou Tunis que leurs vacances peuvent être légèrement repoussées, qu'elles en seront encore plus bonnes parce que marquées du sceau de l'héroïsme, que le souvenir de leur refus de décoller sera plus fort à raconter que les soirées barbecue ou la balade en chameau, que la solidarité a aussi ses charters. Peut-être qu'on rentrera tous chez nous, la tête baissée et que j'expliquerais à mon fils que sa copine de 9 ans, est repartie dans un pays dont elle ne parle pas la langue, juste parce qu' " on ne peut pas accueillir toute la misère du monde " ou " la France au français ". Je lui montrerai alors une photo de Mr Hortefeux, histoire qu'il n'oublie pas, que sa génération aussi, à eu son Papon.


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