• Pilule du lendemain, la mal nommée

    Que l’on soit dans la vulgarisation façon Santé Magazine (« Pilule du lendemain, Norlevo ou EllaOne, laquelle choisir ? »*) ou à l’écoute de certains professionnels de santé, l’utilisation de termes peu adaptés pour définir la contraception d’urgence perdure. La dénomination « pilule du lendemain » est exaspérante. Mea culpa, il fut un temps où je l’utilisais dans mes animations, par moutonnerie coupable, bien que ce soit une appellation erronée. En effet, en parlant de « pilule du lendemain », on induit l’unique possibilité – très conformiste – d’un coït nocturne suivi d’un réveil la tête dans le pilulier. L’efficacité de la contraception d’urgence étant optimale dans les vingt-quatre premières heures, que dit-on à ceux qui se mélangent dès potron-minou ? Certes, forniquer au lever du coq, pour les ados, ça relève de la science-fiction en pyjama. D’ailleurs, on en rit souvent, ensemble, en essayant d’imaginer où et comment cela pourrait se faire. Dans le bus scolaire, on peut certes valider son ticket, mais ça manque d’intimité. Avant le p’tit déj en famille, je ne suis pas certain que ça fasse marrer l’ami Ricoré, et dans les couloirs du lycée, faire coïncider orgasme et sonnerie pour ne pas se faire choper, c’est pas gagné… Et pourtant, coït du matin ne saurait être chagrin, à condition de ne pas laisser passer une journée entière à se morfondre suivie d’une nuit blanche à pleurer sur les réseaux sociaux pour enfin tenter d’annihiler le risque d’une grossesse non prévue. Dans le bureau d’une infirmière du Val-de-Marne, j’ai pu partager ce grand moment de bahut-réalité pour vérifier si la contraception d’urgence était la réponse adaptée dans le temps : « Vous avez couché ensemble quand ? – Mais on n’a pas couché ! – Comment ça vous n’avez pas couché ? Tu n’as pas besoin de Norlevo alors. – Si, parce qu’on l’a fait ce matin, debout, le long du gymnase ! »

    La prévention par la peur
    Arrêtons donc de parler de « pilule du lendemain », qui fait que certains vont vraiment attendre le lendemain, voire le surlendemain à cause d’imprévus ! Même si l’efficacité est de trois jours pour le Norlevo et de cinq pour l’EllaOne, on sait qu’avec les ados « reculer pour mieux sauter » est une vérité. Bien sûr, la prise ne se substitue pas au test de grossesse à faire trois semaines après le rapport non protégé, pour s’assurer que l’ovule n’a pas été fécondé par ce fameux spermatozoïde warrior fantasmé par tous les ados.
    Comme il se dit que les jeunes deviendraient routiniers de rapports non protégés à cause de la pilule miracle, nombre de censeurs pratiquent la prévention par la peur, en agitant les risques d’une stérilité. Du coup, la plupart des ados témoignent de la crainte d’une future parentalité tuée dans l’œuf. Le dénigrement s’est même mondialisé. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) pointe d’ailleurs régulièrement les médias qui rapportent, par exemple, qu’« en dehors des effets secondaires comme la nausée, des hémorragies importantes et des crampes, le recours régulier à la contraception d’urgence pourrait provoquer la stérilité et, dans certains cas, accroître le risque de cancer »… Forcément, ça calme.
    Perso, je ne m’avance jamais sur le terrain médical. Je renvoie systématiquement aux professionnels de santé et aux plannings familiaux. Et le Mouvement français pour le planning familial (MFPF) est très clair sur son site : « La pilule d’urgence n’est pas dangereuse, ne rend pas stérile et peut être prise chaque fois qu’il y a un risque de grossesse non prévue, même si elle peut parfois perturber le cycle. »
    Le problème n’est donc pas de prendre souvent du Norlevo, mais bien, en termes de prévention, de comprendre les raisons qui font que les individus s’installent dans l’urgence, la prise de risques. Avec la contraception d’urgence, on est dans l’après et il faut le rappeler. « Pourquoi ne pas prendre un moyen de contraception quotidien ? », « Pourquoi avoir régulièrement des rapports non protégés ? » sont autant de sujets à aborder avec celles et ceux qui s’abonnent aux pilules salvatrices. On sait que c’est compliqué pour les jeunes d’anticiper une relation non programmée, d’être observant dans la prise d’un moyen de contraception sans relations sexuelles, d’être dans l’« avant », donc la prévention.

    Leçon de morale en prime
    Autre sujet d’inquiétude, la délivrance gratuite de la contraception d’urgence aux mineures est souvent remise en question par les pharmaciens. Beaucoup en profitent pour faire passer leur petite morale personnelle en refusant de la délivrer ou en complexifiant son accessibilité par une phase d’investigation très intrusive. La loi est claire : le pharmacien se doit de remettre la contraception d’urgence sans carte d’identité ni carte Vitale. Dans les classes, nombreuses sont les filles qui déclarent avoir rencontré des soucis en pharmacie. On leur fait doublement payer, et le Norlevo et le péché de chair non protégé ! À Saint-Cloud, alors que je lui rappelais la loi, un pharmacien, droit dans sa blouse, m’avait répondu que « ces filles n’avaient pas l’âge pour s’envoyer en l’air et qu’elles n’avaient qu’à faire attention ». Démerde-toi avec ta grossesse, moi, pharmacien tout-puissant, je te châtie. Devant ma volonté de le dénoncer à l’Ordre, il s’est fendu d’un sourire, tout en me rétorquant qu’il ne risquait qu’un blâme. Je suis reparti blême.
    Le labo qui fabrique la contraception d’urgence n’est pas meilleur communicant sur le sujet. En effet, HRA Pharma, unique dealer des deux pilules, réinvestit une infime partie du jackpot dans la prévention avec un film interactif sur Internet que j’ai testé avant de le proposer aux jeunes. Dans ce film, bien nommé Nuit chaude, douche froide, on voit les tribulations nocturnes d’Amélie, de l’anniversaire festif chez sa sœur à sa nuit torride sous vodka. C’est un peu mou au départ, à l’image de la soirée aussi déjantée qu’un jour de l’an en gériatrie, mais ça vaut le coup de s’accrocher. Au fil de l’histoire, on est soumis à des questions au cœur du sujet comme, par exemple, la durée de vie des spermatozoïdes dans le vagin (1, 3 ou 5 jours ?). Au moment où on commence à trouver un intérêt à l’outil, Amélie appelle sa tante, sage-femme, pour lui faire partager ses inquiétudes quant à l’éventualité d’un rapport non protégé, et celle-ci l’envoie, je vous le donne en mille, chercher la PILULE DU LENDEMAIN !
    Franchement, on devrait mandater Jack Bauer dans 24 Heures chrono, pour faire une vraie campagne de promo de la contraception d’urgence.

    * Dans l’édition en ligne du 5 août 2015.


  • Commentaires

    1
    lucette
    Dimanche 31 Juillet 2016 à 21:41

    je me permet de vous écrire pour vous propos un formidable marabout papa vaudou qui m a sauvé en me ramenant mon époux qui m a quitté depuis 3 ans. Il réalise les travaux comme : Voyance précise de détaillée pour le bien être de tous. Amour , mariage , examens , protection contre le danger ,problème de couple... Tout être humain mérite le bonheur, il faut savoir comment le trouver. Pas de problème sans solution Problème de famille Examens, Concours Desenvoutement Impuissance sexuelle Entreprise en difficulté Problème de Couple: infidélité ,amour... Protection contre les dangers Retour immédiat de l'être aimé, fidélité absolue entre époux, protection contre tous les dangers, dés envoûtement, maladies inconnues, problèmes familiaux, impuissance sexuelle, réussite aux examens, dans le travail et permis de conduire... Il peut vous aidez je vous assure tout il effectue des travaux payement apres satisfaction. contacter le sur le 00229 67 88 27 01 ou par email : maraboutpuissant201600@outlook.fr ou par Skype: Hounon.amangnon

    2
    pilule du lendemain
    Mercredi 3 Mai à 01:27

    Bonjour, Je crée ce post pour poser une questions qui me tracasse bcp : est-ce que la pilule du lendemain diminue l'effet contraceptif de la pilule "normale" si on continue à la prendre de manière normale? Je m'explique, j'ai oublié ma pilule un soir, mais l'ai prise le lendemain matin avec moins de 12h depuis l'heure de l'oubli, mais j'ai paniquée et j'ai tout de meme pris une pilule du lendemain... la pharmacienne m'avait dit de surtout se proteger durant 2semaines apres la prise de la pilule du lendemain, m'a-t-elle dit cela parce qu'il y a un delai à respecter pour que la pilule redevienne active apres l'oubli (ce qui ds ce cas n'est pas d'actualité pour moi) ou bien est-ce parce que la pilule du lendemain modifie l'effet de la pilule? Voilà, j'espere que vous pourrez me repondre et m'éclairer.^^ Merci d'avance.

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