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Brave Pitt | 20 mars 2009

Marcher et militer, ça donne faim. Mon fils m'a réclamé hier pendant la manif un pain au chocolat Bon père, je l'invite à sortir du cortège pour rejoindre des rues adjacentes et trouver une boulangerie. Là, deux CRS terminatoré font la queue. Verbatim.

- Hey Pittbull! Tu prends quoi, toi ?

- Un pain aux raisins. Avec beaucoup de raisins. (à la vendeuse) Non pas celui-là. Plutôt celui qui a beaucoup de raisins dessus…

Pétain reviens, t'as oublié tes chiens…

Publié par didurban à 10:49:02 dans Police partouze, justice à poil | Commentaires (5) |

Fils de MEDEF | 19 mars 2009

Hier, mon employeur m’a missionné dans le VIIIe arrondissement de Paris, dans un lycée privé sous contrat. Je suis donc devenu un des rares Français à profiter d’une vraie promotion sociale sous forme de délocalisation !
C’est propre le VIIIe … Et cossu, surtout. Pas un scooter trafiqué, une poubelle à moitié fondue, des mégots de bédos abandonnés… Devant le lycée, accrochées aux barrières, une cinquantaine de trottinettes attendent patiemment la sortie des élèves. La vision est surréaliste. Devant mon regard amusé, un cravaté aux cheveux blancs descendant de son 4x4 version XL, m’apostrophe, en surlignant sa phrase d’un clin d’œil pubeux en villégiature au Club  : « c’est génial, non ? » avec ce petit accent qu’on doit entendre dans le dernier virage en stem, à la fin d’une piste rouge bien négociée, à Megève…

J’attends l’intercours pour rejoindre la classe dans laquelle, je dois intervenir. Quelques affiches de promo pour le scoutisme côtoient une vierge qui berce l’enfant Jésus, qu’elle a pondu par l’opération du Saint-Esprit-Qui-Devait-Quand-Même-Avoir-Un-Gland. Et puis les élèves arrivent bruyamment. Comme partout.

Pourtant quelque chose me met mal à l’aise et j’ai du mal à déterminer quoi. Ils sont joyeux, courtois entre eux, polis vis-à-vis de ma personne, ne se bousculent pas… Je viens d’être téléporté dans le meilleur des mondes et plutôt que de me réjouir, j’éprouve comme un malaise. Je ressens une tension, comme un début d’ulcère larvé sous le gras du bide. Puis, d’un coup, le "pourquoi du comment" illumine mon cerveau : tous ces ados sont blancs. De type européen comme on dit aux States.

En Seine-Saint-Denis, on n’a pas l’habitude de baigner dans une atmosphère monochrome. L’immersion est totale et le choc, brutal. D'un coup, mon cerveau ne dispose plus de ce fameux nuancier des pigmentations de peau, symbole du grand mix international, miroir du vrai monde avec ses vrais gens. La foule de gosses est désespérément blanche. J’ai un peu le tournis. Je n’ai plus l’habitude. On devrait créer des sas de décompression aux portes de Paris pour ceux qui arrivent du nord. Le passage trop rapide d’un département métissé à une zone plane et blanche comme l’Arctique a un effet dévastateur sur l’équilibre psychologique. La pâleur des visages m’agresse la rétine. Brutalement, ma dépendance au mélange se fait invalidante et j’éprouve un manque. Dans la classe, il m’a bien fallu un bon quart d’heure avant de m’habituer au milieu ambiant, de respirer normalement dans cette atmosphère plus aseptisée.

Dans ce magnifique décor Haussmannien, je m’imagine au cœur des vestiges du passé, au milieu des ruines d’une France hermétique aux autres continents. Je tâte mes poches, persuadé qu’on va me demander de payer mon café en francs. Saurais-je leur parler, moi qui viens de l’étranger, de l’autre côté du périphérique?

Le sujet, c’était les produits psycho actifs. Dans mes petits papiers, j’ai trouvé plein de questions d’ados altruistes qui voulaient aider leur prochain, un peu trop toxico. Sont sympas les p’tits blancs friqués qui voient du GHB dans tous les verres… Mais c’est difficile d’imaginer les bas-fonds du haut de sa tour de Babel. Je me demande si je vais les croiser cette après-midi entre Répu et Nation, la canette à la main et le bédo aux lèvres, au milieu de tous ces noirs sans-papiers qui viennent du 93.

Allez, viens, fils de MEDEF, on t’attend…

Publié par didurban à 11:17:57 dans Pensées partagées | Commentaires (6) |

Opération Foulardsbleus | 14 mars 2009

Pour lutter contre l'osbcurantisme, ça part de chez Miss Rainette et ça va se terminer en Talibansland, là-bas en Afghanistan et ici, chez nos barbus.

http://missrainette.typepad.fr/benedicte/

Publié par didurban à 11:33:33 dans Action | Commentaires (9) |

Les douaniers de la morale | 12 mars 2009

Ça y est, la journée de la femme est bien pliée, rangée au rayon "grandes causes" du placard démago, sur la même étagère que la Journée mondiale de lutte contre le sida et la fête des grands-mères... La vie des citoyennes, elle, continue sans grand bouleversement, loin, très loin des débats sur Agoravox...

Je suis dans un lycée de la Seine-Saint-Denis, dans une classe de filles. Elles sont entre elles, et du coup, la parole est plus libre. Alors, elles racontent qu'en sortant du lycée, elles doivent faire face, à l'entrée de la cité, à un véritable barrage érigé par les autorités locales. En effet, tous les soirs, les mecs les attendent et leur demandent leurs carnets de correspondance pour vérifier leur assiduité aux cours. En cas de problème, d'absence, de retenues, de mots d'un prof ou du CPE, elles se font tabasser. Le carnet de correspondance est du coup devenu une sorte d'hymen scolaire. Intact, vierge de tous reproches, il ouvre les portes de la cité, d'une vie sociale, amicale, voire plus si affinités. S'il est souillé par des  réprimandes, si la malheureuse a fauté, alors s'en est fini de sa réputation, donc de son avenir au sein de la communauté...

Ces mecs ne sont ni leurs frères, ni leurs pères. Mais ils se positionnent en tant que tel. Déscolarisés, survivants grâce aux petits trafics de came ou de matos, ils ont mis au point cette douane, ce no woman's land dans lequel, les filles doivent déclarer le contenu de leur journée. Ces quelques mètres carrés de bitumes qui font office de territoire sont soumis au diktat de ces garçons, pris entre deux modèles de société, celle de l'extérieur dans laquelle ils ne sont pas reconnus et celle de l'intérieur, celle de leur famille, dans laquelle ils ne se reconnaissent plus. Ils sont eux-mêmes les prisonniers de leurs propres frontières, s'érigeant en défenseur d'une morale qui ne s'applique pas à leur propre existence. Ce pouvoir sur les filles, c'est le seul qui leur reste, d'autant plus légitime qu'il est souvent cautionné par une lecture simpliste des écritures divines ou un machisme inhérent à la loi du quartier.

On s'émeut beaucoup des actes fous d'un lycéen allemand ou américain portant le deuil de ses futurs victimes, qui défouraille à tout va grâce à l'artillerie de son paternel, mais on étouffe de notre indifférence cette violence muette qui fait le quotidien de ces jeunes et qui les marquera probablement pour toute leur existence, influençant leur relation à l'autre, déterminant leur future vie d'adulte.

Que dire à ces filles qui rentrent la peur au ventre tous les soirs, rêvant d'une liberté que notre constitution était censée leur assurer : « Dormez tranquilles les filles, la journée de la femme veille sur vous. Fadela et Christine ne vous oublient pas. Des jours meilleurs sont à venir. Et surtout, après chaque rencontre, vérifiez bien vos carnets et votre hymen. »

Publié par didurban à 15:27:53 dans Prévention | Commentaires (4) |

Q-Tip à L'élysée Montmartre | 10 mars 2009

C'était hier soir et une fois de plus, les absents et les provinciaux ont eu tort...

Allez, toutes mes condoléances grâce au tube :

http://www.youtube.com/watch?v=YwF7qAdH0og

Publié par didurban à 10:02:15 dans La tête à l'envers | Commentaires (3) |

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Sous le masque

Monsieur sexuel... Il n'y a rien de présomptueux dans le choix de ce titre. N'y voyez pas non plus une quelconque référence au Doc des ondes radios. J'ai été ainsi baptisé par des élèves que j'avais eu en séance de prévention sur le thème de la sexualité et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) dans un lycée pro de Bagnolet. Je les ai croisé une semaine après l'intervention alors que j'étais avec mon fils dans sa poussette. Ils se sont mis à hurler en pleine rue : "Mr Sexuel, Mr Sexuel... il vous reste des capotes." Puis en s'approchant tout en fixant mon fils : "Ah, on peut dire que les capotes, vous ne les utilisez pas trop, vous !" Quel vieux con a dit que les jeunes manquaient d'humour ?

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Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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