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Russ Meyer Parano | 15 mai 2007

Dans un lycée pro à Maisons-Alfort (94)
« Imaginons qu'en marchant dans la rue, je croise une femme enceinte. Elle kiffe pour moi et me saute dessus. Elle se déshabille et je frotte mon sexe entre ses seins, énormes, remplis de lait maternel. Le lait coule un peu sur mon gland. Je peux choper le sida ? »

Et vous, vous en connaissez beaucoup des femmes enceintes et séropos qui ont une montée de lait avant même d'accoucher, qui s'éprennent du premier lycéen venu dans la rue, dégrafent leurs soutien-gorge afin d'astiquer le membre de l'heureux élu dans un réflexe hispano-notarial ?... Quelques secondes plus tard, le même type reconnaissait n'avoir que des rapports sexuels non protégés avec ses partenaires, sans que cela lui pose le moindre problème...

Publié par didurban à 13:55:58 dans Verbatim | Commentaires (9) |

Circoncis ou circonspect ? | 14 mai 2007

La circoncision qui consiste en l'ablation totale ou partielle du prépuce, en laissant le gland du pénis à découvert, est souvent source de débats dans les classes. En effet, l'acte vient très souvent illustrer une appartenance communautaire de plus en plus revendiquée par les jeunes. Il y a les circoncis et les autres. Mais au sein de la grande famille des chauves, il convient de ne pas mélanger les scalps. En effet, il vaut mieux éviter d'associer le circoncis musulman et le circoncis juif, le circoncis chrétien et le circoncis athée pour cause de phimosis (incapacité de rétraction du prépuce derrière le gland). Mélanger tout ce petit monde des mutilés du prépuce, c'est risquer la guerre de religions. Mettre tout le monde dans le même sac ou préservatif, c'est risquer le bûcher. Autrement dit, ce n'est pas parce qu'on a le même gland, qu'on va sucrer les mêmes fraises après le passage du Styx.

La circoncision est pratiquée depuis la préhistoire. Si on imagine le type en train de se faire taillader le bout à grand coup de silex, on se dit que même le plus têtu des agnostiques devait finir par se convertir... On estime que la circoncision concerne aujourd'hui plus d'un tiers de la population masculine mondiale. Elle est essentiellement pratiquée pour des motifs culturels et religieux, mais aussi thérapeutiques et en prévention de certaines affections. On raconte à ce sujet beaucoup de conneries aux gamins car nombreux pensent qu'une fois circoncis, le pénis a une meilleure hygiène... Et pourtant c'est très facile d'apprendre aux enfants à se nettoyer correctement le sexe en le décalottant sous la douche. Ayant deux fils, je suis bien placé pour le savoir. Pour minimiser l'impact de la religion ou la dimension culturelle, on ne parle que d'hygiène. Une fois de plus, l'intégrisme communautaire avance masqué. Ce n'est pas nouveau.

La circoncision pose pour certains un problème d'éthique en raison du caractère barbare de cette mutilation du sexe et même sur Wikipédia, le sujet y a subi récemment une guerre d'édition... C'est dire si le sujet, au propre comme au figuré, est sensible... J'évite de provoquer le débat avec les jeunes, car le formatage familial est tel qu'il est inconcevable de remettre en cause la circoncision sous peine de se voir taxé de xénophobe, raciste et impur. Pourtant, personnellement, je ne peux m'empêcher de l'associer à l'excision, autre forme de mutilation génitale. A quand une banderole « Touches pas à mon gland » dans les manifs anars ou une place réservée dans les bus, avec les personnes âgées et les femmes enceintes, aux mutilés des religions.

Mais il y a quand même du bon, pas seulement dans le cochon, mais aussi dans la circoncision. Celle-ci, en supprimant le prépuce, entraîne une kératinisation de l'épithélium du gland et une diminution relative de sa sensibilité compte tenu de l'épaississement de la peau. Du coup, selon une étude franco sud-africaine exposée le 26 juillet 2005 à la troisième conférence sur les mécanismes de l'infection par le virus du sida, les hommes circoncis auraient une probabilité « jusqu'à 65% » moindre de contracter le virus du SIDA. Ces données ont été confirmées par deux autres études africaines montrant une diminution de près de la moitié de la contamination chez les circoncis. Il a été souligné que la circoncision ne protège pas complètement contre le virus du SIDA et qu'elle ne doit pas remplacer les autres méthodes de prévention mais venir en complément. (étude source Wikipédia)

Aussi, dans les classes, j'aborde ce sujet en marchant sur des œufs, sans mauvais jeu de mot... Je me souviens m'être un peu enflammé dans une classe et de nombreux garçons circoncis, avaient sauté de joie à l'annonce de cette étude en clamant haut et fort qu'Allah les aidaient bien, même dans leur sexualité... Autrement dit, l'idée de se passer de capotes suintait à travers les slips. Il en faut peu pour que les mecs délaissent les préservatifs et une étude parlant de 65% de diminution des risques tombe à pic. Voilà un fantastique argument publicitaire pour aider tous les crapauds de bénitiers à fourguer leur signe de reconnaissance et commencer à aiguiser leurs couteaux. L'hypocrisie ultime consiste alors à ne parler que de protection du SIDA et surtout pas de rapports sexuels.

Du coup, je me dis que c'est mieux de ne pas en parler. Tout simplement parce que le message est une fois de plus brouillé : « je n'entends que ce qui m'arrange bien ». Et si ce sont les élèves qui me questionnent sur cette étude, je minimise les chiffres afin de privilégier la protection en latex et non l'armure spirituelle. Certains diront que je mens. Moi, je répondrais tout simplement que je ne dis pas tout. Pour éviter le pire. La circoncision avec circonspection...

Publié par didurban à 10:40:40 dans Prévention | Commentaires (21) |

Désuet | 08 mai 2007

Retour sur terre. Lundi, j'étais dans un lycée au cœur des lignes ennemies, chez les libéraux bouffeurs de terre battue et fumeurs de green, à Saint-Cloud. Une jeune fille arbore un tee-shirt sur lequel, elle a écrit nerveusement à la main, mal calligraphiée : « J'ai honte d'être française. Anti-sarko ». Elle se fait chahuter par les autres, mais elle assume, fière. La prof lui signale qu'elle n'a pas le droit, normalement, de faire part de ses opinions politiques dans le cadre du lycée. Elle lui signale gentiment, voire complaisamment. Moi, je la trouve courageuse et je lui dis. Son geste symbolique a tout du chant du cygne. Un rien désuet. J'ai fait mes interventions sans états d'âme, un rien comateux. Et puis, je leur ai filé des capotes aux fils et aux filles de Sarkozystes. Histoire d'éviter qu'ils se reproduisent...

Publié par didurban à 22:24:06 dans Action | Commentaires (10) |

En vacances, en tongs et sans capotes… | 29 avril 2007

Sedetegnash negn - Mahmoud Ahmed (Ethiopiques 7)

Publié par didurban à 21:24:45 dans Action | Commentaires (4) |

Travaux pratiques | 27 avril 2007

Depuis quelques temps, je préfère passer plus de temps avec les ados sur la manière d'établir une relation, plutôt que sur les différentes pratiques sexuelles et les risques encourus. De toutes façons, pour un bon nombre d'entre eux, à 15-16 ans, le premier rapport n'est que fantasmé et s'ils pratiquent la sodomie ou le cunnilingus, c'est uniquement sur Playstation ou XBox. Les ados reconnaissent être saturés d'images à caractère pornographique. À la télé, sur le net, sur leurs portables, dans les rues, les images de cul sont légions. Mais finalement, on leur parle peu de la relation, de la rencontre, des divers sentiments qui animent le cerveau, des diverses hormones qui électrisent les synapses, quand on passe en quelques minutes de l'excitation à l'angoisse de mal faire, du fantasme à la réalité, du corps habillé à la nudité, du sourire Email Diamant à l'haleine de cendrier... J'ai trouvé sur un site éducatif québécois, un outil intéressant qui incite à la réflexion, nommé la règle des trois C et définie comme suit :
- Connaître ses propres limites, évaluer ses envies, ses désirs.
- les Communiquer à l'autre.
- s'assurer du Consentement mutuel.

La notion de limites est souvent très floue. Jusqu'où sommes-nous prêt à aller par amour pour un partenaire ? Dans la sexualité comme dans le partage du quotidien. Dans la relation, les pressions sont multiples, les rapports de force incontournables. La jalousie, dictature qu'on travestie avec la robe immaculée de l'Amour, sert souvent de prétexte à une main mise sur l'emploi du temps de l'autre. Très tôt, les ados subissent les enjeux de la vie de couple sans s'y être préparés et nombreuses sont les relations conflictuelles. C'est toujours fascinant de les voir prendre à leur compte ce sujet sur les limites, car les débats ne manquent pas. Mais tout le monde n'a pas la même définition des limites, le même degré de protection de son intimité...

A ce sujet, hier, j'étais dans un CFA restauration hôtellerie, avec des futurs serveurs et serveuses, âgés de 18-19 ans. La plupart avaient connu toutes sortes d'orientations foireuses ou d'impasses existentielles avant d'échouer ici. Deux filles et une quinzaine de garçons s'y partageaient l'espace. Partager n'est pas forcément le mot, car dès l'arrivée en classe, la bataille a fait rage pour s'asseoir à côté des deux jeunes filles, habillées, premières chaleurs obligent, très légèrement. Les deux vainqueurs ont tout de suite abhorrés le faciès fier du mâle, chef de meute, qui a pris l'ascendant sur le reste du troupeau, doublé d'une option pour les travaux pratiques. Comme pour mieux signifier leur victoire, les deux coqs ont tout de suite posé leurs mains, l'un sur l'épaule, l'autre sur la cuisse de leurs voisines de classe. Puisque c'était le sujet, je leur ai demandé de se tenir correctement afin d'établir tout de suite des limites...

Comme je leur parlait de la règle des trois « C », une des deux filles, me jette d'un regard malicieux un : « Cul, Couilles, Clitoris », clamé comme un slogan de 68, capable à lui tout seul de faire imploser St Nicolas du Chardonnet, un dimanche de Pâques. Aussitôt la classe a exulté, frappé du poing sur la table, s'est astiqué les zygomatiques à défaut d'autres choses.

J'ai réprimé un sourire et lui ai rétorqué que c'était aussi une façon de voir les choses mais que, comme entrée en la matière, j'avais dans l'idée d'élever un peu le débat. Pour le reste, la bagatelle, nous y reviendrions au dessert. Le garçon à côté d'elle en a profité pour lui passer la main entre les cuisses. La fille a pouffé, s'est tortillée un peu et lui a fait un clin d'œil l'invitant à aller plus loin. L'autre couple s'affairait lui aussi. J'ai surpris dans la même seconde le garçon en train de nettoyer l'oreille de sa compagne à grand coup de langue, la main gauche dessinant des courbes autour d'un sein. Je me suis dis que si les autres s'énervaient aussi, l'intervention risquait de virer au Gang Bang...

Heureusement, l'heure de la pause cigarette vint à mon secours. Je réussis à retenir une des deux jeunes filles, celle qui m'avait donné sa propre définition de la règle des 3C.
- Ça ne te gêne pas de te faire tripoter par un élève en plein cours.
- C'est rien, ça, monsieur, ça passe le temps.
- Tu ne t'es pas posé la question de savoir si ça pouvait gêner d'autres personnes de la classe ? Si ça pouvait me gêner ? Puisqu'on parlait tout à l'heure de limites, tu sais qu'on ne peut pas faire tout et n'importe quoi en société, en cours ? Qu'il y a un cadre, des lois ?
- Mais je les emmerde moi, les autres. Il me met juste la main sur la cuisse. Et puis, lui, je le connais. Je sais qu'il sait s'arrêter.
- Si je te demande de garder des distances pour la seconde partie, ça te convient.
- Oui, c'est bon, d'accord.
Elle est sortie en tortillant du popotin, tout en me jetant un regard qui aurait pu faire la couverture de FHM.

Elle n'est jamais revenue pour la seconde partie de l'intervention. Son voisin, non plus d'ailleurs. A entendre les allusions des autres, j'ai compris qu'ils étaient passés aux travaux pratiques, en train de s'échanger quelques chlamydias aux toilettes. Je n'ai même pas eu le temps de leur distribuer des capotes...

Publié par didurban à 14:50:17 dans Prévention | Commentaires (13) |

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Sous le masque

Monsieur sexuel... Il n'y a rien de présomptueux dans le choix de ce titre. N'y voyez pas non plus une quelconque référence au Doc des ondes radios. J'ai été ainsi baptisé par des élèves que j'avais eu en séance de prévention sur le thème de la sexualité et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) dans un lycée pro de Bagnolet. Je les ai croisé une semaine après l'intervention alors que j'étais avec mon fils dans sa poussette. Ils se sont mis à hurler en pleine rue : "Mr Sexuel, Mr Sexuel... il vous reste des capotes." Puis en s'approchant tout en fixant mon fils : "Ah, on peut dire que les capotes, vous ne les utilisez pas trop, vous !" Quel vieux con a dit que les jeunes manquaient d'humour ?

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Lisabuzz.com parle de Dr Kpote et Mr Sexuel : Nous autres français sommes bien égoïstes. Lorsqu un pays dispose d un blog comme Dr Kpote et Mr Sexuel, il devrait le traduire en anglais, italien, espagnol, japonnais, chinois etc... que le reste du monde en profite. D ailleurs, Didurban mérite un auditoire bien plus large que 60 millions d internautes (plus quelques belges, suisses, quebecois). En tous cas, j adore Dr Kpote et Mr Sexuel et je suis loin d être seule ! signé http://blog.lisabuzz.com

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