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343 salopes et moi et moi… | 12 juin 2007

 Salut à toi - Berurier noir

« Une vie contraceptive commence vers 15 ans et finit vers 40-45 ans... Vu la durée, on peut donc concevoir qu'il y ait des erreurs, des oublis, des moments où l'on passe au travers... » Cette introduction au reportage « Avortement, une liberté fragile » que j'ai vu l'autre soir sur France 5 est intelligente, car elle pose les vraies difficultés de la contraception dans son quotidien, sans rentrer dans l'éternel débat du « pour ou contre l'avortement ».

Le reportage a magnifiquement montré les interrogations, la culpabilité, les angoisses de ces femmes qui choisissent d'avorter mais aussi de celles ou ceux qui pratiquent l'IVG. Contrairement à ce que pensent les nouveaux croisés de SOS Bébés et consort, ce n'est pas parce qu'on a légalisé l'avortement que les femmes le font de gaîté de cœur ou par facilité...
C'est un droit chèrement acquis. Une gynéco de la génération d'avant 68 raconte les fœtus à même le sol, les hémorragies, les suicides... Elle argumente : « une femme qui ne veut pas d'enfants n'en aura pas, et elle fera tout pour avorter, au péril de sa santé ».
Pourtant, de moins en moins de soignants acceptent de le pratiquer, de plus en plus de médecins, pharmaciens et leader d'opinion y vont de leur morale et les mouvements pro-vie n'ont jamais été aussi forts. Une conseillère conjugale du planning de Marseille, disait qu'on a fait d'un droit, un passe-droit et que l'air de rien, on fait comprendre aux femmes qu'elles ont de la chance de pouvoir encore interrompre leurs grossesses non désirées !

Dans mes interventions, j'ai parfois la sensation de lister un peu froidement tout ce que les jeunes filles peuvent mettre en place pour éviter une grossesse : les préservatifs, la pilule, la pilule du lendemain, l'IVG médicamenteuse ou non. Comme si c'était facile, comme une notice à suivre...
Mais la réalité est plus complexe que ça. Il y celles qui dépassent le délai légal, parce qu'elles ont quand même leurs règles, parce qu'elles angoissent tellement qu'elles mettent du temps à réagir, parce qu'on les culpabilise, parce que les listes d'attente augmentent, parce que les places sont chères, parce qu'elles sont mineures et que les anesthésistes hors-la-loi demandent des autorisations parentales... Il y a celles qui ont subi leur relation sexuelle, celles qui ont été larguées entre temps, celles qui ont déjà suffisamment de mômes, celles qui sont trop jeunes, celles qui craignent le courroux familial, celles qui ont essuyé une fin de non-recevoir de la part de leur compagnon qui s'en lave les mains, celles qui n'ont pas envie d'avoir d'enfants tout simplement...

Que dire du témoignage édifiant de cette femme à qui le médecin a montré les « belles » échographies qu'elle ne voulait pas voir, a fait écouter le cœur du fœtus contre sa volonté et a signifié qu'après une bonne nuit de sommeil, sa décision aurait changé !!
Nombreux sont les témoignages d'une liberté, d'un droit qui est remis en cause insidieusement. Pour l'instant, on n'interdit pas l'avortement, mais on limite considérablement son accessibilité. Et puis, surtout, on juge de plus en plus. Les classes suivent le mouvement, les élèves étant bien souvent le reflet des idéaux familiaux...

Beaucoup de jeunes que je rencontre sont contre l'avortement, et les raisons religieuses sont le plus souvent invoquées. Ils sont formatés pour accueillir la vie et ceci uniquement lors de relations officialisées par le mariage... On fait fi des « erreurs » de jeunesse ou pas, des premières fois balbutiées, des oublis, du désir... On se doit de les enterrer au plus profond de sa honte et ceux ou celles qui se font prendre sont radiés de la famille, virés du cercle, satellisés comme des déchets qu'on ne veut pas enterrer ou incinérer, car toxiques pour la terre nourricière...

En 72, au moment du procès de Bobigny, un slogan disait « mon vagin m'appartient ». Ce vagin, Sarkozy l'a confisqué à nouveau en fustigeant les années 68 et en nommant Boutin dans son gouvernement...

Nous aurons, tous, bientôt, à redescendre dans la rue pour défendre le droit à l'avortement au nom des 343 salopes et des milliers qui ont suivi. Mais attention, car en face, il y aura des chouans, des chanteurs de cantiques en latin, des crânes rasés, des testicules barbues, des jupe-plissée-queue-de-cheval, leurs jockeys en soutanes, des poussettes piégées, des chiards hurleurs, des texans et leur troupeau de veaux. Et je reste intimement persuadé que c'est aussi un combat d'hommes... On ne vous laissera pas tomber les filles.

Publié par didurban à 14:41:59 dans Action | Commentaires (14) |

La pipe familiale | 06 juin 2007

Dans cette classe d'un lycée cossu du XVe à Paris, les réponses au remue-méninges autour du mot sexualité ont été assez soft. Nous sommes passés de «passion» à «amour», de «partage» à «contraception» et de «tendresse» à «partenaire», tranquillement, sereinement, sans scène d'hystérie collective. Il y a bien eu un «cochon» lancé par deux joues légèrement rougies et un «animal» un rien grivois dans le ton, mais dans les deux cas, toute la classe a immédiatement minimisé en donnant une connotation sympathique à ces idées cochonnes qui peuvent parfois traverser l'esprit. Et puis, il est bon, parfois, de réveiller l'animal qui sommeille en chacun de nous pour sortir de la routine horizontale... Rien de bien furieux, contrairement à ces classes où les élèves parlent de «viol», de «partouze» ou de «sodomie» d'entrée de jeu, à huit heures du mat'. Il faut dire que le XVe, ce n'est pas Grigny...
Puis vint le moment du jeu de rôle. Les quatre groupes ont planché avec envie sur des situations de prise de risques autour de la sexualité puisque tel était le sujet que je proposais. Le premier groupe fut rapidement prêt et sûr de son fait. Ils se mirent en place alors que les autres en étaient encore à ébaucher des scénarios dans la cour. Une fois la classe rassemblée et comme ils ne tenaient plus en place, je leur ai proposé de commencer. Les élèves se sont installés sur deux rangées, deux derrière une première table, les trois autres derrière eux. Le narrateur, un grand échalas aux cheveux frisés avec un faux air de Julien Clerc, période "filles aux bas nylons", s'est placé à côté des tables et a commencé : « C'est une famille dans une voiture. Il y a le père et la mère devant, le père étant au volant. Derrière, les deux enfants et le grand-père. Moi, je suis à la fois le narrateur et un passant. »
Dans la voiture, le père introduit :
- Vroum, vroum, chérie, tu veux bien me faire une pipe »
La fille qui joue le rôle de la femme s'exécute sans un mot. Elle se penche, un rien gênée. Si peu. Le narrateur bruite : « fuit, fuit ! ».
Derrière, les enfants embrayent :
- Nous aussi, maman, nous aussi, on veut des bisous ! ! !
La mère, avec peut-être un peu de sperme au bout des lèvres, sort de sa position d'Airbag pour dessous de ceinture et se retourne pour embrasser sa fille. Le grand-père goguenard, l'œil pétillant de luxure, se fend la poire.
Puis, hilare, la femme reprend sa besogne sur le sexe du mari qui se détend, les mains derrière la nuque. Le narrateur se transforme en passant qui se jette sous les roues du véhicule et s'écroule en imitant le bruit d'un freinage sec...
Tout le monde se lève. La scène est finie. La classe applaudit.

Publié par didurban à 12:06:51 dans Prévention | Commentaires (10) |

Histoire d'A (4. Strip poker) | 05 juin 2007

A. avait le syndrome de la poche percée. Elle était épuisée et comme son corps en portait les stigmates, les peep-shows la renvoyaient chez elle, trop maigre pour attirer le branleur. Comme la plupart du temps elle était payée de la main à la culotte, elle n'avait pas droit aux ASSEDIC. De toute façon, le travail au black l'arrangeait et elle n'avait jamais envisagé d'avoir à pointer un jour. Je lui ai parlé de notre commission d'aide financière. Elle pouvait prendre RDV et argumenter sa demande afin d'obtenir un soutien financier ponctuel. Elle m'a demandé de l'accompagner, n'étant pas toujours très à l'aise dans les démarches administratives. La responsable de la commission était une vraie dame patronnesse, à l'ancienne, quittant son hôtel particulier des quartiers chics pour s'installer une fois par mois dans le local exigu de l'association et tendre une oreille aux misères du monde. Elle avait un nom à particule, témoignage de son appartenance à la noblesse de robe. Elle était anachronique, complètement à côté des réalités du terrain, s'étant engagée dans la lutte contre le sida non pas par militantisme, mais pour soutenir ces pauvres petits enfants malades que le bon dieu avaient oubliés dans son immense mansuétude... Elle n'avait pas imaginé une seule seconde, avoir à rencontrer des femmes africaines sans-papiers, des toxicos et des familles apportant avec elles un mille-feuille de galères avec le VIH comme cerise sur le gâteau. Pourtant, l'association entretenait de bonnes relations avec elle, car elle était généreuse avec sa fortune familiale, possibilité rare de nos jours. Et puis, la bonne action, c'est déductible de l'ISF...

A. lui a raconté ses déboires financiers, sobrement, sans en rajouter. J'étais présent à ses côtés afin d'épauler sa demande.
- Vous travaillez dans quoi, déjà ?
- Je suis dans le spectacle.
- Mais c'est fantastique, vous faites donc du théâtre. Ah, les gens de la balle et leurs continuels soucis d'argent. Avec qui avez-vous joué ?
A. me regarde, un rien désarçonnée. Je hausse les épaules et lui fait signe d'enchaîner :
- Avec personne. Je suis toute seule dans le baltringue. Je fais du strip.
- Heu, c'est-à-dire ?
- Du strip-tease. Je me déshabille devant des hommes qui payent pour me voir.
- Vous dites du strip comment ?
- Elle est sourde la vieille ?! Putain, je vais lui claquer la tronche avec ses questions. Je veux juste un peu de fric, moi. Bon, allez, on se casse.

Je me lève immédiatement, rattrape A. par le bras et l'entraîne à l'extérieur de la pièce tout en m'excusant et demandant un temps mort comme au basket. J'explique à A. que sa situation demande un minimum d'effort et que le monde entier ne fréquente pas forcément les mêmes endroits qu'elle, que certes, cette femme sort un peu d'une machine à voyager dans le temps, mais qu'on doit faire avec. Nous rentrons à nouveau.
- Alors, vous faites donc du strip. Et vous faites ça où ? La « vieille » faisait un effort d'adaptation louable.
- Rue St Denis, à Pigalle, en Belgique... Bon, alors vous me l'accordez cette aide.
Je sentais la colère monter.
- Comme c'est étonnant. C'est donc un métier... Mais vous ne pouvez pas trouver autre chose. De plus... De moins... Comment pourrais-je dire ?
- Bon, tu termines l'entretien là parce que je n'aime pas m'engueuler avec les vieilles putes...

Elle se lève, claque la porte et sort fumer une clope. Je me retrouve seul en face des cordons de la bourse. Je me dis qu'il allait falloir rattraper l'affaire.
- Vous savez, elle ne pense pas vraiment ce qu'elle dit. Elle est en colère surtout contre sa maladie. Je vous présente mes excuses pour elle.
- Quand même. Quel drôle de métier. Vous avez déjà vu une de ses... représentations.
- Je ne fréquente pas vraiment les peep-shows. Par contre ses difficultés financières sont bien réelles, car en ce moment, comme elle est très amaigrie, elle ne peut pas travailler.
- Pourtant elle a l'air pleine de vivacité.
- Oui, mais elle vient de vous le dire, dans son métier, elle doit montrer son corps.

Après un long silence et un travail intense du cerveau, la dame patronnesse a fini par comprendre la relation entre maigreur et difficultés de bosser... J'avais l'impression d'avoir construit en quelques secondes l'équivalent du viaduc de Millau entre deux générations, deux existences, deux destins que tout opposaient.

A. a obtenu un accord d'une aide financière. Ce jour-là, je me suis dit que ça serait pas mal de pouvoir l'accompagner dans ses démarches administratives, surtout au moment où il allait falloir cocher la case « activités professionnelles ».

Publié par didurban à 10:47:46 dans Qui finit mal, en général | Commentaires (7) |

Fantasmes à la con | 01 juin 2007

Ce matin, je me suis connecté sur bloggland pour lire d'éventuels comms sur mon blog. Sur le Réactor, un seul blog se traînait. Je vais voir par curiosité et je tombe sur le site d'une jeune ingénue qui parle de ses fantasmes, perversions, envies, désirs, des pipes de ses copines et des mains baladeuses de ses cousins... Pourquoi pas ? Le net est fait aussi pour ça et chacun doit rester libre de publier ce qu'il veut. Sauf que... Ce matin, elle a écrit un post sur un viol collectif à Grigny. Elle relate les faits, chirurgicalement, autrement dit froidement. Et puis, je lis son propre com à son texte (et oui, faut bien faire un peu d'auto-promo pour exister) et je lis : de Julie75016 : les tournantes en banlieue me font fantasmer...

Vu le pseudo de cette ado (j'ose espérer que c'est une ado) en mal de sensations, la banlieue doit être une lointaine contrée peuplée de tribus hostiles, où l'on parle de drôles de dialectes et où on se promène à poil sous le pagne devant sa case. Folklorique, quoi. Un peu comme au Club.

Mais là où mon sang ne fait qu'un tour, c'est quand elle signifie que les viols collectifs la font fantasmer !! Moi, je veux bien qu'on imagine toute sorte de délire pour assouvir ses envies, genre « je suis à poil dans le métro » ou « un maître me commande par SMS », mais faire l'apologie des tournantes, ça, je ne peux pas. Sur le terrain, on se bat toute l'année pour débanaliser des actes criminels qui deviennent presque quotidiens. Et une petite bourge de merde se met à rêver qu'une bande de nerveux des cités l'éclate dans une cave. Elle cautionne donc leurs agissements.

Relis le bouquin de Samira Belil. Passe un coup de fil au siège de NPNS, écoute les histoires vraies de celles qui ont subi le pire et surtout sors de ton ghetto pour dealers d'actions et obligations. Oublie tes fantasmes à la con et fais toi attacher au plumard ou au 4x4 de papa si tu veux, mais n'oublie pas que faire l'apologie des tournantes, c'est se rendre complice d'un viol collectif et ça, ça relève des assisses. Merde.

Publié par didurban à 11:27:12 dans Action | Commentaires (27) |

Histoire d'A (3.Le portrait s'affine) | 31 mai 2007


A. refusait de prendre un traitement. Elle avait connu les années AZT et la première génération d'antirétroviraux, qui avaient eu, à son avis, pour unique résultat une cohorte de zombis partis dans la douleur. Souvent, à la manière du Patchwork des Noms, elle m'égrainait la liste des potes disparus en me fixant bien pour ajouter du poids à sa litanie. L'arrivée des trithérapies en 96 n'avait rien changé à son point de vue : « Les médocs, c'est de la saloperie. Les malades sont des souris pour les labos, qui ne pensent qu'à se remplir les poches... ». Sa trithérapie, prenait la poussière sur l'étagère de ses toilettes : tout un symbole. Personnellement, j'ai toujours pensé que comme beaucoup de toxicos ou ex-toxicos, A. entretenait un rapport ambigu avec la médecine et les médicaments. À force de gober tout ce qui passait, les gélules étaient plus associées à la défonce qu'à la guérison. D'ailleurs, j'ai toujours vu des boites de Rohypnol traîner au pied de son lit. Elle fumait des Bob Marley sans filtres en continu et de temps à autre se servait un petit « sky », histoire d'entretenir la brume qui l'entourait.

A. était dans le déni de la maladie : elle se savait contaminée mais ne l'acceptait pas. La faute en incombait aux autres. Dans son cas, il s'agissait des parents de son ex. En effet, elle estimait que les parents d'E. étaient au courant de la séropositivité de leur fils et qu'ils n'avaient rien fait pour l'avertir. J'ai pensé qu'elle devait drôlement être sous l'influence de ce type, puisque même après sa mort, elle n'osait lui adresser des reproches. D'ailleurs, les vioques, ils allaient payer. Et pour mieux me le prouver, elle prenait régulièrement le téléphone, composait leur numéro, hurlait les pires insanités et raccrochait.
Ces moments d'hystérie étaient impressionnants. Elle changeait véritablement de visage, ses traits se déformant en un rictus digne des pires films à fort taux d'hémoglobine. Elle refusait la séropositivité et les autres lui servaient d'exutoire, de cibles à abattre... Ils représentaient le VIH, ce putain de virus qu'elle ne pouvait matérialiser et à qui elle aurait volontiers tordu la structure ADN. Je lui servais de témoin, cautionnant par ma simple présence, sa version de la cause de sa mort annoncée. Insulter les parents d'E., lui évitait de se poser les vraies questions sur les conditions de sa contamination : l'abandon du domicile conjugal, la défonce, les prises de risques...

Le problème était que, sans traitements, le virus commençait à gagner la bataille. Elle était tout le temps crevée, contractait des zonas à répétition, s'amaigrissait sans cesse. A. avait un boulot physique : elle « montrait son cul dans les peep-shows à des pauvres mecs juste bon à se branler ». Les périodes où elle était trop fatiguée, amaigrie, les dealers de viande lui signifiaient qu'ils ne voulaient pas d'elle en vitrine. L'amateur de branlette en cabines veut des formes et la maigreur, vue du Kleenex, est plus à pleurer qu'à éjaculer.

Je commençais à entrevoir le pourquoi du comment de l'accompagnement : travailler sur l'acceptation de la maladie et la prise de traitement, la révélation de sa séropositivité à ses enfants, lui redonner l'envie de se nourrir correctement... Sa situation sociale étant très précaire, je décidais de contacter l'assistante sociale d'une autre association qui proposait un portage de repas à domicile et une aide-ménagère aux personnes infectées trop fatiguées...

Malgré la noirceur du tableau, A. était très attachante. Au-delà du pathos qui se dégageait de son histoire, elle avait une volonté impressionnante de bouffer la vie. L'énergie du désespoir ? Elle était drôle, ponctuant ses phrases d'un argot à la Audiard, teinté de tranche de rues. Elle savait être d'une compagnie très agréable et se mettait en quatre pour me recevoir au mieux. Je passais la voir une fois par semaine et nous nous apprivoisions l'un l'autre. Finalement, le psy de l'association avait vu juste : ça collait...

Publié par didurban à 10:20:33 dans Qui finit mal, en général | Commentaires (0) |

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Sous le masque

Monsieur sexuel... Il n'y a rien de présomptueux dans le choix de ce titre. N'y voyez pas non plus une quelconque référence au Doc des ondes radios. J'ai été ainsi baptisé par des élèves que j'avais eu en séance de prévention sur le thème de la sexualité et les IST (Infections Sexuellement Transmissibles) dans un lycée pro de Bagnolet. Je les ai croisé une semaine après l'intervention alors que j'étais avec mon fils dans sa poussette. Ils se sont mis à hurler en pleine rue : "Mr Sexuel, Mr Sexuel... il vous reste des capotes." Puis en s'approchant tout en fixant mon fils : "Ah, on peut dire que les capotes, vous ne les utilisez pas trop, vous !" Quel vieux con a dit que les jeunes manquaient d'humour ?

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