(...) Quelques idées reçues persistent néanmoins dans ces populations, quant aux modes de transmission du VIH. Bien des personnes interrogées considèrent ainsi, à tort, que la transmission est possible par piqûre de moustique (32,8%) ou en embrassant une personne contaminée (24,4%). Et plus de 21% craignent d'être hospitalisées dans le même service qu'une personne séropositive. Enfin, près de deux déclarants sur dix sont persuadés que le virus du SIDA peut se contracter dans les toilettes publiques. En quelques années donc, de réels progrès ont été accomplis. Mais il reste du chemin (...) Source : INPES, 28 juin 2007
A ces inquiétudes, je rajouterais la fameuse paranoïa de la seringue infectée sous les sièges du RER ou du cinéma... Cette rumeur, en passe de devenir une légende urbaine, vieille de quasi 25 ans (on l'entend depuis le début de l'épidémie) entend bien reléguer la fameuse rumeur d'Orléans avec ses cabines d'essayage téléportant leurs occupantes vers la prostitution, au rang du canular de potaches. Il y a toujours un élève qui sait, qui a entendu, à qui on ne la fait pas... à chaque fois, je continue d'en démonter les mécanismes mais un sceptique patenté va continuer à la véhiculer, donc à la faire vivre... C'est bien connu, on a tous, l'ami d'un ami qui avant de se taper l'ours, s'est fait piquer dans le RER et a contracté le VIH ou l'hépatite C.
Derrière cette rumeur, on retrouve toujours les mêmes mécanismes de défense face à la pandémie : la négation de l'existence d'une contamination sexuelle et surtout cette notion de victimisation, où la personne a subi la contamination comme on subit une agression, c'est à dire par la faute d'un autre. Rares sont ceux qui s'estiment acteurs de leur contamination. Logique.
Le plus gênant, c'est que cette rumeur invite à la discrimination des toxicos. En effet, la seringue infectée a été volontairement placée par l'insociable de service qui se défonce pour se venger de la société !!! Le sida a souvent servi d'alibi pour couvrir la chasse aux toxicos, soit pour les virer des squares, véritable sanctuaires familiaux, avec les autres indésirables, célibataires forcément pédophiles, SDF et jeunes à chiens, soit pour nettoyer un quartier et le rendre plus attrayant en terme de valeurs immobilières. A chaque fois, à la prévention, on préfère la répression et la relation de proximité mise en place par les associations d'aide aux usagers en prend un bon coup dans l'aile. Franchement, je ne connais pas de gamins qui jouent au docteur avec des seringues infectées dans les squares sans parler à leurs parents de leur drôle de découverte...
En 25 ans d'épidémie, je n'ai jamais rencontré un seul quidam contaminé de cette manière. Il faut qu'il y ait injection de sang pour risquer une contamination et je vois mal une seringue remplie de sang, de surcroît infectée, attachée à un siège du RER ou d'un ciné, avec un système qui provoquerait l'injection au moment où l'usager innocent poserait ses fesses sur le siège... Moi, j'appelle ça du MacGyverisme... Alors, au ciné, vous pouvez sucer tranquillement votre esquimau, sans passer la main sous vos fesses toutes les dix secondes pour vérifier la présence ou non d'un objet contondant. Bon film.Publié par didurban à 11:40:40 dans Prévention | Commentaires (21) | Permaliens
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