« L'âge du consentement
sexuel a été fixé par la loi à 15 ans. Autrement dit, si vous avez un rapport
sexuel avant 15 ans avec une personne de plus de 15 ans, vous n'êtes pas
considéré comme consentant. On peut donc parler de viol. » La jeune fille du
premier rang blêmit : - « même si on fait plus que son âge, qu'on se sent très
mature. Moi, par exemple, j'ai 14 ans et les gens me donnent souvent 18 ans...
»
En ce qui me concerne, je lui donne 14-15. Pas plus. A la fin de
l'intervention, elle fait semblant de ranger sa trousse en attendant que les
autres s'en aille. Une fois seule, elle s'approche : - « Monsieur, l'année
dernière j'ai fait plusieurs fellations à un garçon. Ai-je pris des risques ? »
Je me dis qu'à son âge, j'aurais eu du mal à faire ce type de révélation à un
adulte, dans le cadre scolaire. Gonflée la gamine.
Je lui rappelle ce que nous avons déjà vu ensemble et j'insiste sur les
possibilités de transmission, certes faibles mais bien réelles, des IST lors de
rapports bucco-génitaux. Surtout, je me dis que cette fille avait donc 13 ans
lorsqu'elle a fait des fellations à son copain du moment. Je me risque à lui
demander si avec un an de recul, elle ne regrette pas d'être allé aussi loin
avec ce garçon qui l'a quitté depuis. Elle plante ses yeux dans les miens et
sûr de son fait me rétorque : « une pipe, c'est pas grand-chose ! » Influence
du porno, omniprésent sur la toile et dans la vie des ados ? Evolution
naturelle d'une jeunesse désorientée par un trop plein de prévention et se
risquant à faire le chemin inverse ? Influence markettée et subliminale des
grands glaciers pour promouvoir leurs produits au travers de la suce-attitude ?
Que penser de ça ? Je lui conseille quand même de se protéger, non pas derrière
une épaisseur de latex mais sentimentalement, de ne pas exposer son intimité,
son coeur trop vite, de prendre le temps, sans rentrer dans une leçon morale,
mais non sans me dire que cette fille n'a pas fait des fellations à 13 ans sans
un bug dans son histoire personnelle. Je repense à Samira Bellil, qui avec la
naïveté de ses 13 printemps, voyait dans son caïd de 19 ans, un prince charmant
et non pas le bourreau, qui allait la livrer en pâture à ses potes.
Aux USA, plusieurs études récentes montrent que les adolescents ont de plus en plus de relations bucco-génitales. En 2002, une étude nationale sur la famille a montré que de nombreux adolescents pratiquaient uniquement la fellation sans autres formes de relations sexuelles. Aujourd'hui toujours, les adolescents américains, dans leur grande majorité, ne considèrent pas la fellation et le cunnilingus comme du sexe. De même que certaines filles pratiquent la sodomie pour conserver leur hymen intact jusqu'au mariage, les américaines pensent qu'une pipe est un bon moyen de garder leur virginité tout en satisfaisant les garçons sans s'exposer à leur agressivité en cas de refus. Quand aux garçons, ils parlent d'amitiés avec bénéfices, pour ne pas s'engager trop loin dans une relation... En général, le risque de transmission de MST est également vu comme plus faible ; toutefois ces pratiques ont donné lieu à une recrudescence d'Herpès génital. La pipe semble s'être banalisée dans les lycées américains. Pas étonnant quand on a souvenir d'un ancien président qui lui aussi considérait que se faire sucer par une stagiaire n'était pas tromper son épouse, mais s'intégrait parfaitement dans une relation de travail.
J'ai l'impression que depuis peu, nous emboîtons le pas à la jeunesse américaine et que les ados français à leur tour banalisent ce rapport qui est une pénétration, donc un rapport sexuel. Beaucoup de jeunes filles ne comprennent pas qu'on puisse penser qu'elles perdent leur virginité en la pratiquant, associant celle-ci uniquement à la pénétration vaginale et la notion souvent très floue d'"hymen intact". La fellation fait partie des préliminaires et souvent ils la citent avant les caresses, les baisers ou même les paroles échangées. À force de banalisation, les garçons ne comprennent pas qu'une fille refuse de les sucer tout de suite, et peuvent devant un refus faire preuve d'agressivité, voire de violence. On se dit rien, on se suce, on se quitte. Simple comme bonjour, facile comme une pipe.
Publié par didurban à 14:41:40 dans Prévention | Commentaires (0) | Permaliens
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