• Cougar à poil et tripoteurs de service

    Quand, dans les années 70, de nombreux teen-agers se rêvaient en Dustin Hoffman, Lauréat déniaisé par une femme mûre, aujourd’hui, c’est la cougar qui nourrit les fantasmes des lycéens. Signe des temps, elle s’est muée, dans l’éventail des thématiques pornographiques, en « femme mature », plus expérimentée en bouche que fruitée. Mais où rencontrer ces croqueuses de jeunes éphèbes ailleurs qu’au Franprix du coin quand on est un mineur au taquet ? Dans ce monde fait de virtualité, les cougars se kiffent sur le Net ou en 4G. Mais là où Mrs Robinson roulait du bas nylon sur des tabourets de bar, la « mature », elle, joue du string en léopard avec des accessoires. C’est « un peu abusé » et ça finit même par choquer les plus connectés. Si la drague botoxée s’avère surtout fantasmatique chez les mecs, la drague bedonante est beaucoup plus concrète pour les filles. En effet, il n’est pas rare que celles-ci se fassent entreprendre par des types qui pourraient être leur père et elles en témoignent, le dégoût au bord des lèvres. À l’unanimité et sans distinctions de genres, ces amateurs de chair fraîche sont qualifiés de« vieux dalleux » ou de « pointeurs » en référence aux pédophiles embastillés. Ce type de discussion est une bonne porte d’entrée pour échanger sur la notion de consentement et d’âge de celui-ci. Là où la plupart d’entre nous parlent de « majorité sexuelle », je lui préfère la notion d’« âge du consentement sexuel », plus explicite. En général, les ados savent que celui-ci se situe à 15 ans, même si on se coltine toujours le fameux « 15 ans et 3 mois » depuis la nuit des temps. Ces fameux 3 mois en sus amèneraient les mineurs, le temps d’une gestation (9 mois), jusqu’à l’âge de l’émancipation possible à 16 ans. Mathématiquement, l’explication tient la route, mais la loi en a décidé autrement. Curieusement, beaucoup d’adolescents, s’ils devenaient garde des Sceaux,repousseraient l’âge du consentement à 17 ou 18 ans, admettant qu’on n’engage pas que son corps dans une relation sexuelle. Comme quoi, dans la course à la fornication, ils sont plus tortues que lièvres et, surtout, ils illustrent parfaitement le vieux dicton « ce sont ceux qui en parlent le plus qui en font le moins ». J’aime à leur répéter que le jour de leur 15 ans, ils ne sont pas obligés, une fois leurs bougies soufflées, de filer se dépuceler. La loi réglemente, mais ne commande en rien. Ils méconnaissent leurs droits, surtout lorsqu’une personne se trouve en situation d’autorité ou de confiance face à eux. Les mineurs ne savent pas que, dans ce cas, le consentement sexuel n’est jamais reconnu par la loi. Pour les éclairer, je leur donne les exemples de l’enseignant, de l’employeur ou de l’entraîneur sportif qui sont habituellement en situation d’autorité par rapport à eux, de par leurs fonctions, et qui pourraient en abuser. Cette situation trouve résonance auprès des jeunes apprentis en entreprise. En restauration, par exemple, les filles en jupes pour le service subissent parfois les remarques graveleuses ou les mains baladeuses de la part d’un patron peu scrupuleux. - « Putain, le mec, chaque matin, il me reluque le boule. Et des fois, il vient se frotter. Moi, je dresse les tables, mais chez lui, c’est autre chose qui se dresse… » L’humour pour exorciser. Au lieu d’un métier, c’est le harcèlement que certaines apprenties découvrent en alternance, au contact de tripoteurs de service. Elles l’endurent en silence de peur de perdre leur emploi, donc leur place en CFA. Comment se construire quand le type censé vous former ne s’intéresse qu’à vos formes ? Comment appréhender sereinement l’avenir quand l’apprentissage se mue en droit de cuissage ? Elles vont bosser l’estomac serré en se disant que, dès l’obtention de leur CAP, elles mettront de la distance entre elles et leur agresseur. Je leur réponds que cette distance ne sera que géographique. Psychologiquement, il en ira tout autrement. À chaque fois, je les invite à signaler la situation, mais peu vont jusqu’au dépôt de plainte. Je me souviens aussi d’un lycée où les jeunes avaient évoqué qu’un des internes avait goûté aux plaisirs défendus dans les bras d’une enseignante. Me méfiant toujours de ce genre d’infos, souvent déformées et amplifiées, je décide d’en parler avec le CPE à la cantine entre le poulet-frites et la Vache qui rit. – « La direction aurait dû passer dans les classes pour éviter la rumeur... Il n’y a pas eu de rapports, mais cette jeune prof était trop dans l’affectif avec les élèves. Elle leur avait dit que, l’été, elle aimait se baigner nue dans un lac. Et puis certains connaissaient même sa manière de s’épiler au niveau du maillot... Elle a posé sa démission. » Pour ces « Lauréats » du XXIe siècle, Mrs Robinson avait donc déserté la piscine familiale pour jouer la cougar à poil dans les lacs. La décision de rétablir la vérité dans les classes a été adoptée, chose pas facile à mettre en place dans cet établissement de sensibilité catholique. La prof était partie, mais le mythe, lui, était bien vivant. Les ablutions étant un moyen d’expiation pour les péchés, la « prof-qui-se-baignait-nue-dans-le-lac »avait été canonisée par les élèves et était ainsi passée à la postérité,motivant de sa nudité mouillée, des torrents d’onanisme chez les internes.


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