• Un élu FN condamné pour avoir détruit un préservatif géant

    Un conseiller municipal Front National de Taverny dans le Val-d'Oise, Alexandre Simonnot, a été condamné jeudi par le tribunal de Pontoise à payer 9 000 euros d'amende et de dommages et intérêts pour avoir détruit en 2006 un préservatif géant érigé dans la ville. Poursuivi pour "dégradation de bien public", Alexandre Simonnot a été condamné par le tribunal correctionnel de Pontoise à payer 1 000 euros d'amende, 8 018 euros au titre du préjudice matériel et un euro au titre du préjudice moral. L'élu a fait appel du jugement. Lors du procès, le 10 avril, il avait reconnu avoir percé le 2 décembre 2006 un préservatif gonflable de onze mètres de haut disposé le jour même sur un obélisque situé sur un rond-point de la ville, à l'occasion de la journée mondiale contre le Sida. "C'est aujourd'hui une victoire pour l'anti-France, les ennemis de la famille et les obsédés sexuels ! Mais que ces derniers se rassurent: ils ont remporté une bataille mais ne gagneront jamais la guerre qu'ils ont déclarée à la France, fille aînée de l'Eglise", a-t-il réagi dans un communiqué. Annonçant son intention de recommencer son action si la mairie "réitérait une telle provocation", l'élu en a appelé à "la justice divine" qui "punira ceux qui m'ont condamné", écrit-il. "Je ne pouvais pas tolérer que ce préservatif reste là au vu et au su de tout le monde et notamment des enfants qui passent par là. C'est une atteinte aux bonnes moeurs", avait-il précisé avant son procès. Lors du procès, le procureur avait requis 1 000 euros d'amende et l'avocate de la ville avait demandé près de 8 100 euros au titre des dommages et intérêts. "La décision de l'accusé de faire appel d'une condamnation pour des faits qu'il a reconnus montre sa lâcheté et son incapacité à assumer ses actes", a déclaré à l'AFP Caty Richard, l'avocate de la ville de Taverny. Alexandre Simonnot qui exerce la profession de visiteur médical a été élu conseiller municipal en mars 2008 à la tête d'une liste FN et n'avait aucun mandat au moment des faits.


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  • kenna - say goodbye to love

    Hier soir, j'ai regardé "sa raison d'être" sur Rance 2... C'était la deuxième partie d'une pseudo saga sur les "années sida". Quoique maladroit parfois, le téléfilm m'a tout de même ému, parce qu'il m'a téléporté dans le passé. L'accompagnement de fin de vie d'un des héros, que ses amis euthanasient devant la finale de la coupe du monde de 98 (!!), a inévitablement ouvert le tiroir des mauvais souvenirs dans ma mémoire. J'ai revu tous ceux, adultes et enfants, que nous avions soutenus dans leur dernier combat contre la maladie...

    Et puis en tentant de trouver le sommeil, je me suis dit qu'une fois de plus, la fiction avait servi la soupe aux idées reçues. Les seuls mecs séropos du film ont été contaminés soit par transfusion pour l'hétéro, soit par relation sexuelle non protégée pour l'homo.... Autrement dit, toujours pas de type hétéro séropositif contaminé par voie sexuelle... L'air de rien, on continue de faire croire que ceux-ci ne sont pas touchés par cette maladie. Dans les lycées, les jeunes ne manquent pas de me le signifier, comme pour mieux se dédouaner et reporter leur vindicte sur les pédés et les femmes... Il y a 25 ans, on en était là.

    Vu qu'il est difficile d'obtenir le témoignage à visage découvert des hommes hétérosexuels vivant avec le VIH/sida, il me semble qu'on aurait dû profiter de la fiction pour montrer qu'ils existent bien. Dommage, parce que bien souvent ils se cachent, refusant d'aborder le sujet, vivant dans le déni, n'ayant pas de revendications particulières, ni de volonté de se fédérer. En général, ils ne tiennent pas à associer leur souffrance à celle des homos et se montrent très peu dans les associations. Pour une fois, ils se seraient peut-être identifiés, sentis reconnus...

    Il y a bien quelques associations comme Migrants contre le sida ou Sol En Si, qui soutiennent les familles touchées. Mais là encore, le mâle se fait arbre dans la forêt familiale. Quid du chasseur isolé ? Du célibataire plombé ?... Sa raison d'être, à lui, c'est de ne pas être, justement. Alors, on en parle peu et surtout on le situe géographiquement loin, en Afrique ou dans les pays de l'Est... On se rassure comme on peut.

    PS : Au passage, dans le film, j'ai revu les images de la manif anti-PACS avec Christine Boutin en fer de lance... On devrait interdire tant de laideur à la télé.


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  • Ce matin, je me suis retrouvé au cœur de l'actualité. "Embeded" comme on dit dans les conflits pétroliers. En effet, je devais intervenir au Lycée Gustave Eiffel à Gagny, établissement dont vous n'avez pas finit d'entendre parler.

    Les faits remontent à samedi dernier alors qu'un blocus pacifique tentait de rappeler à nos gouvernants (plus près de leur Falcone privé que du RER E) que les suppressions de poste dans l'Education Nationale et plus particulièrement dans leur lycée, pénaliseraient une fois de plus les élèves. Face à ce rassemblement de jeunes faisant l'apprentissage de la citoyenneté comme le dira si bien le proviseur, les CRS ont chargé, lacrymogénisé et flashballé, histoire de se dégourdir un peu en profitant de ce climat d'impunité dont ils jouissent depuis l'arrivée au pouvoir de machin. J'ai trouvé un lycée en émoi, le personnel choqué, les élèves mobilisés et pas du tout prêts à disserter sur le sida. Le virus qui a salement contaminé leur existence a pour nom « Etat Policier » et la seule thérapie qui existe pour le contrer, c'est de manifester.

    On y est. A défaut de pouvoir relancer la machine à billet, on tape sur les gamins. Grossier stratagème de celui qui n'existe, aux yeux des fans de Navarro, que comme le terminateur de la chienlit...

    Je vous livre ici l'adresse du blog du lycée http://bavures-a-gustave.skyrock.com/ pour en savoir plus. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve que ça fleure bon l'anniversaire. On va souffler sur les braises du côté du quartier latin, histoire d'activer le référendum. Histoire de virer machin.


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    Pouce. Je réclame une pause. Les vacances scolaires tombent à pic. Le gong de vendredi m'a évité le K.O...

    Cette semaine, j'ai tutoyé l'Everest de la douleur muette dans un Centre d'Apprentis. J'ai surfé sur des pentes de vie aux inclinaisons vertigineuses et croisé des cœurs enfouis sous des avalanches d'incompréhension. J'ai rencontré trois classes composées exclusivement de filles, en formations « petite enfance » et « carrières sociales et sanitaires ». Comme si j'avais eu le nez creux, anticipé leur besoin de « dire », j'ai proposé pour changer, les fameux « petits papiers ». Les élèves doivent poser des questions écrites et bien pliées, donc anonymes que je récupère dans une urne. J'ai été surpris par le nombre de questions sur les grossesses non désirées, l'avortement, les viols et les agressions...

    C'est vrai qu'en ce moment, j'induis un peu plus le sujet en insistant beaucoup sur les notions de consentement et de limites, en abordant le chantage affectif, les pressions qu'on peut subir dans un couple établi ou non. J'ai eu, dans ce CFA, chose rare, trois entretiens privés demandés par des jeunes filles... Le dernier m'a profondément bouleversé, ayant probablement baissé ma garde à cause de l'accumulation. La jeune fille s'est livrée à mots feutrés. Elle a beaucoup tortillé des mains, retenant ses larmes, l'animation ayant réveillé le souvenir de ce viol, 4 ans auparavant, resté impuni car nié par son entourage et les flics. Sa copine lui tenait la main, le visage grave, me questionnant du regard, attendant la solution miracle.

    Dans toutes ces histoires, j'entends la souffrance bien sûr, mais aussi la solitude, la culpabilité générée par le regard inquisiteur des autres, le manque d'espace pour échanger, la peur du « qu'en dira-t-on ». Je me suis dit qu'on avait développé à outrance les numéros verts, les permanences téléphoniques, les sites internet mais cette jeune fille-là n'en voulait plus de l'écoutant anonyme, du bip numérique, du tchat électronique, de l'anonymat. Elle cherchait un regard non jugeant, de la chaleur humaine, une écoute individualisée, une main tendue plus qu'un clavier ouvert...

    Au retour, j'avais ½ heure de RER, et avec Marvin Gaye dans les oreilles afin de sucrer un peu ce monde amer dans lequel j'ai parfois l'impression d'évoluer, je me suis posé la question du cadre de nos animations... Une fois de plus. Nous nous plaisons à revendiquer que nous ouvrons une fenêtre de discussion sur un sujet bien souvent tabous dans les familles. Certes. Mais que mettons-nous en place lorsqu'il n'y a pas, comme dans l'établissement où j'étais, une assistante sociale ou une infirmière. Nous écoutons, soutenons un peu mais une fois parti, cette fenêtre laissée ouverte, ne peut-elle pas devenir une ouverture par laquelle on se jette pour en finir ?...

    Auprès de cette jeune fille de 19 ans, j'ai fait une chose que je n'avais jamais faite depuis sept ans où j'interviens dans les lycées. J'ai pris son numéro de portable pour me laisser le temps de la réflexion et chercher des adresses de lieux spécifiques, capables de recueillir son histoire, de l'aider à « vivre avec ». Je sais que je ne peux le faire systématiquement sinon, je risque l'implosion. Et puis surtout, je repousse les limites de ce cadre institutionnel qui est censé nous protéger mais qui n'existe que sur du papier. Mais ça m'a fait du bien de penser que je n'étais pas une simple borne informative débitant sa litanie mais bel et bien un être humain capable d'émotion et d'actes instinctifs.

    Le lendemain, chez moi, j'ai appelé SOS viols à sa place, au 0800 05 95 95 et je dois dire que j'ai été bluffé par la qualité de l'accueil téléphonique. L'écoutante m'a indiqué l'adresse d'une association sur le 95, spécialisée dans l'accompagnement des femmes ayant subie des violences sexuelles. J'ai rappelé B. le soir même et je l'ai incité à s'y rendre, lui signifiant mon empathie. Je ne sais pas si elle le fera. Ce n'est pas forcément mon rôle de l'accompagner plus loin dans ses démarches même si l'envie est là. J'ai mal dormi les nuits suivantes. Je pense à toutes ces cicatrices souvent invisibles qu'on découvre, à vif, dans ces moments où nous sommes capables de soulever légèrement l'étoffe des faux-semblants, de nous débarrasser de nos manteaux d'indifférence. Je pense à ses plaintes restées sans suite, sans échos, vaines... Je pense à ces numéros verts qui ont parfois, comme le Canada Dry, le goût et la couleur de l'Espoir, mais qui n'en n'offrent plus... Je pense à toi, B., et je te souhaite de retrouver un jour, une heure, une seconde le goût du bonheur.

    Au passage, je voudrais vomir tous les opérateurs qui surtaxent l'appel de numéros vert à partir d'un portable... Une fois de plus, les salauds s'enrichissent sur le dos de drames humains. Pas joli, joli...


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  • C'était dimanche sur France Inter. Un reportage sur l'Afrique du sud, où l'espérance de vie est passé de 61 à 47 ans à cause du sida... Les témoignages sont édifiants. Podcastez et militez...

    http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/interception/


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