• Ça y est ! Le Dr a fini de repasser sa blouse. Je viens de ranger mes tongs, de faire l'inventaire de ma trousse et j'attends mon prochain ordre de mission, probablement pour un de ces coins reculés du 93 où même les ONG ne foutent plus les pieds. Cette nuit, je me suis réveillé en sueur, avec le flow d'un mauvais tube de R'n'B dans les oreilles et une vieille odeur de latex dans le blaze... Avant d'embrasser, peut-être pour la dernière fois, ma compagne et mes enfants, ce matin, j'ai tenté de tirer le bilan de la saison dernière. Du coup, je me suis fixé de nouveaux objectifs de rentrée que je me suis collé dans le cerveau comme des magnets sur le frigo :
    - Je vais soigner ma coupe de cheveux. Le jeune est sensible à une bonne coupe. Il faut que je trouve l'équilibre parfait entre le crâne rasé de l'Est et les mèches balayées de l'Ouest... Un petit côté Yazoo, à l'ancienne, quoi...
    - Je vais tourner à la Kétamine. Histoire de leur montrer qu'il n'y a pas que le bédo dans la vie.
    - Je vais m'astiquer le bois, comprendre faire reluire mon outil de travail pour une présentation impeccable.
    - Je ne vais pas me laisser emmerder par les intégristes de tout bord et j'aurais toujours sur moi de l'ail et du jambon pour les éloigner.
    - Je vais tester toutes mes capotes pour être certain qu'elles ne sont pas trouées et je les remettrai dans leur emballage après les avoir lavées.
    - Je vais prendre RDV pour un toucher rectal, histoire de faire une révision de la prostate. Y'a rien de pire que de d'avoir envie de pisser en face d'une classe toujours prompt à se moquer d'un vieil incontinent.

    Ben voilà, y'a plus qu'à...


    8 commentaires

  • Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, profite de la réorganisation des services de renseignement pour permettre le fichage de la santé et de l'orientation sexuelle de certains citoyens. Désormais, les services de police pourront enregistrer des données sur l'homosexualité d'une personne, ainsi que son statut sérologique. Ces données seront traitées par la direction centrale de la Sécurité publique. En effet, dans le Journal officiel du mardi 1er juillet, un décret relatif au nouveau fichier de renseignement «Edvige» (pour Exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) offre désormais la possibilité de mentionner «la santé et la vie sexuelle» de certains citoyens, ce que, jusqu'à présent, le service des Renseignements généraux n'était pas autorisé à faire. Détail troublant: Michèle Alliot-Marie avait souhaité que ce décret ne soit pas publié au Journal officiel, avant de devoir faire machine arrière, suite aux protestations de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL), organisme créé pour prévenir toute dérive informatique dans l'utilisation des données personnelles. Dans son avis du 16 juin publié au Journal officiel, la CNIL a émis des «réserves» sur la collecte de telles données en vue de constituer un nouveau fichier de police. Par ailleurs, après la publication du décret, la CNIL a renouvelé certaines réserves dans un communiqué de presse en date du 2 juillet. Concrètement, ce décret prévoit que la santé ou la vie sexuelle « peuvent être enregistrées [...] de manière exceptionnelle » pour « des personnes [...] ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, économique ou syndical ou qui jouent un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif », ainsi que pour des «individus [...] susceptibles de porter atteinte à l'ordre public», mais aussi pour des «enquêtes administratives [...] pour déterminer si le comportement des personnes [...] est compatible avec l'exercice des fonctions ou missions envisagées». La CNIL avait souhaité que le décret «définisse explicitement la nature des données [dites sensibles, parmi lesquelles figurent la santé et la vie sexuelle] qui seraient susceptibles d'être enregistrées [...] et précise, en outre, que lesdites données ne pourront être enregistrées que dans la stricte mesure où les finalités du traitement l'exigent». Or cette recommandation n'a pas été prise en compte. Dans son communiqué de presse, La CNIL a d'ailleurs «regretté que la possibilité de collecter désormais des informations relatives à la santé et à la vie sexuelle des personnes ne soient pas assortie de garanties suffisantes». Elle a ajouté qu'elle «sera particulièrement vigilante sur ce point et utilisera son pouvoir de contrôle pour s'assurer du caractère exceptionnel de l'enregistrement de ces données dans le fichier».

    Heureusement, on peut faire confiance à Alex Türk, président de la CNIL, et à sa vigilance devant les bonnes idées de ses potes de droite...

    1 commentaire
  • Un élu FN condamné pour avoir détruit un préservatif géant

    Un conseiller municipal Front National de Taverny dans le Val-d'Oise, Alexandre Simonnot, a été condamné jeudi par le tribunal de Pontoise à payer 9 000 euros d'amende et de dommages et intérêts pour avoir détruit en 2006 un préservatif géant érigé dans la ville. Poursuivi pour "dégradation de bien public", Alexandre Simonnot a été condamné par le tribunal correctionnel de Pontoise à payer 1 000 euros d'amende, 8 018 euros au titre du préjudice matériel et un euro au titre du préjudice moral. L'élu a fait appel du jugement. Lors du procès, le 10 avril, il avait reconnu avoir percé le 2 décembre 2006 un préservatif gonflable de onze mètres de haut disposé le jour même sur un obélisque situé sur un rond-point de la ville, à l'occasion de la journée mondiale contre le Sida. "C'est aujourd'hui une victoire pour l'anti-France, les ennemis de la famille et les obsédés sexuels ! Mais que ces derniers se rassurent: ils ont remporté une bataille mais ne gagneront jamais la guerre qu'ils ont déclarée à la France, fille aînée de l'Eglise", a-t-il réagi dans un communiqué. Annonçant son intention de recommencer son action si la mairie "réitérait une telle provocation", l'élu en a appelé à "la justice divine" qui "punira ceux qui m'ont condamné", écrit-il. "Je ne pouvais pas tolérer que ce préservatif reste là au vu et au su de tout le monde et notamment des enfants qui passent par là. C'est une atteinte aux bonnes moeurs", avait-il précisé avant son procès. Lors du procès, le procureur avait requis 1 000 euros d'amende et l'avocate de la ville avait demandé près de 8 100 euros au titre des dommages et intérêts. "La décision de l'accusé de faire appel d'une condamnation pour des faits qu'il a reconnus montre sa lâcheté et son incapacité à assumer ses actes", a déclaré à l'AFP Caty Richard, l'avocate de la ville de Taverny. Alexandre Simonnot qui exerce la profession de visiteur médical a été élu conseiller municipal en mars 2008 à la tête d'une liste FN et n'avait aucun mandat au moment des faits.


    1 commentaire
  • kenna - say goodbye to love

    Hier soir, j'ai regardé "sa raison d'être" sur Rance 2... C'était la deuxième partie d'une pseudo saga sur les "années sida". Quoique maladroit parfois, le téléfilm m'a tout de même ému, parce qu'il m'a téléporté dans le passé. L'accompagnement de fin de vie d'un des héros, que ses amis euthanasient devant la finale de la coupe du monde de 98 (!!), a inévitablement ouvert le tiroir des mauvais souvenirs dans ma mémoire. J'ai revu tous ceux, adultes et enfants, que nous avions soutenus dans leur dernier combat contre la maladie...

    Et puis en tentant de trouver le sommeil, je me suis dit qu'une fois de plus, la fiction avait servi la soupe aux idées reçues. Les seuls mecs séropos du film ont été contaminés soit par transfusion pour l'hétéro, soit par relation sexuelle non protégée pour l'homo.... Autrement dit, toujours pas de type hétéro séropositif contaminé par voie sexuelle... L'air de rien, on continue de faire croire que ceux-ci ne sont pas touchés par cette maladie. Dans les lycées, les jeunes ne manquent pas de me le signifier, comme pour mieux se dédouaner et reporter leur vindicte sur les pédés et les femmes... Il y a 25 ans, on en était là.

    Vu qu'il est difficile d'obtenir le témoignage à visage découvert des hommes hétérosexuels vivant avec le VIH/sida, il me semble qu'on aurait dû profiter de la fiction pour montrer qu'ils existent bien. Dommage, parce que bien souvent ils se cachent, refusant d'aborder le sujet, vivant dans le déni, n'ayant pas de revendications particulières, ni de volonté de se fédérer. En général, ils ne tiennent pas à associer leur souffrance à celle des homos et se montrent très peu dans les associations. Pour une fois, ils se seraient peut-être identifiés, sentis reconnus...

    Il y a bien quelques associations comme Migrants contre le sida ou Sol En Si, qui soutiennent les familles touchées. Mais là encore, le mâle se fait arbre dans la forêt familiale. Quid du chasseur isolé ? Du célibataire plombé ?... Sa raison d'être, à lui, c'est de ne pas être, justement. Alors, on en parle peu et surtout on le situe géographiquement loin, en Afrique ou dans les pays de l'Est... On se rassure comme on peut.

    PS : Au passage, dans le film, j'ai revu les images de la manif anti-PACS avec Christine Boutin en fer de lance... On devrait interdire tant de laideur à la télé.


    3 commentaires
  • Ce matin, je me suis retrouvé au cœur de l'actualité. "Embeded" comme on dit dans les conflits pétroliers. En effet, je devais intervenir au Lycée Gustave Eiffel à Gagny, établissement dont vous n'avez pas finit d'entendre parler.

    Les faits remontent à samedi dernier alors qu'un blocus pacifique tentait de rappeler à nos gouvernants (plus près de leur Falcone privé que du RER E) que les suppressions de poste dans l'Education Nationale et plus particulièrement dans leur lycée, pénaliseraient une fois de plus les élèves. Face à ce rassemblement de jeunes faisant l'apprentissage de la citoyenneté comme le dira si bien le proviseur, les CRS ont chargé, lacrymogénisé et flashballé, histoire de se dégourdir un peu en profitant de ce climat d'impunité dont ils jouissent depuis l'arrivée au pouvoir de machin. J'ai trouvé un lycée en émoi, le personnel choqué, les élèves mobilisés et pas du tout prêts à disserter sur le sida. Le virus qui a salement contaminé leur existence a pour nom « Etat Policier » et la seule thérapie qui existe pour le contrer, c'est de manifester.

    On y est. A défaut de pouvoir relancer la machine à billet, on tape sur les gamins. Grossier stratagème de celui qui n'existe, aux yeux des fans de Navarro, que comme le terminateur de la chienlit...

    Je vous livre ici l'adresse du blog du lycée http://bavures-a-gustave.skyrock.com/ pour en savoir plus. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve que ça fleure bon l'anniversaire. On va souffler sur les braises du côté du quartier latin, histoire d'activer le référendum. Histoire de virer machin.


    4 commentaires


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique