• Une animation de prévention, c'est comme un - dépucelage. Un moment que l'on n'oublie pas. Au début, on se sent un peu fébrile, puis, petit à petit, on fait sauter les verrous, les tabous transgénérationnels, et l'on finit par se donner comme jamais. Orientations et pratiques sexuelles, virginité, infections sexuellement transmissibles, contraception, accès à l'IVG, relation à l'autre... On déroule le programme comme un exemplaire du Kama-sutra qui prenait la poussière dans le grenier de l'humanité.

    Il m'arrive d'intervenir dans des classes de primo-arrivants, des ados de 15 à 18 ans d'origine étrangère fraîchement débarqués. L'Éducation nationale les rassemble pour évaluer leur niveau avant de les intégrer dans la grande lessiveuse scolaire. La première chose qu'on lit sur leur visage, c'est le plaisir d'être là. Ils ont la sensation de tutoyer la vie rêvée des séries télévisées, dans le pays de Zizou et de Voltaire, du french kiss et du camembert. Ils projettent leur avenir aux frontons des mairies au nom de la liberté, de l'égalité et de la fraternité. Ils ne savent pas encore que tout ça, c'est de la pub mensongère, du baratin de camelot pour arnaquer le touriste...
    Ils ont soif d'apprendre. Mais parler de sexualité à visage découvert, dans le cadre scolaire, ça les surprend et ça les gêne. Certains espèrent même que leur famille ne sera pas tenue au courant du programme de cette journée si particulière. Parler sexe au lycée, quelle idée ?

    La suite dans Causette N°27, en kiosque !


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  • Elle s'appelait Samira. Samira Belil. Des Samira, j'en rencontre souvent… Laissons lui la parole :

    "J’ai été violée à trois reprises, il m’a fallu beaucoup de courage pour vous faire un sourire.

    Il m’a fallu quinze ans pour m’en sortir, quinze ans, c’est long. A l’âge de vingt-quatre ans, je me suis dit : je ne peux plus passer ma vie à pleurer, dans les larmes, le shit, à boire, à me détruire complètement, à faire parler les autres gars, ça a mis cinq ans pour redevenir humaine, pour cesser d’être sauvage, pour pleurer déjà (je ne pleurais plus), à la fin de ma thérapie, mais merde, ce que j’ai vécu, ça fait quinze ans que je le mange, matin, midi et soir, eux ils sont tranquilles, ils ont payé à la société et non pas à moi, ils ont fait leur peine de prison, j’entendais des mecs dire : de toute façon, elle l’a cherché, je ne rencontrais vraiment aucune compassion, de la part de qui que ce soit, ni de la part des jeunes, ni de la part de mes parents.

    Il n’y a pas eu de main tendue pendant quinze ans, quinze ans c’est long quand il n’y a pas de main tendue, c’est là que je me suis dit : Samira, il va falloir que tu expliques ce qui se passe, à tout le monde, ce qui se passe réellement. Je voulais expliquer par quoi on passe, nous les filles dites pas bien, dites « pétasses », on parle toujours des filles sages, sérieuses, c’est l’image qu’on a dans les médias sur les filles qui réussissent mieux à l’école, on parle pas des galériennes, moi je veux qu’on parle des galériennes, je veux qu’on parle de tout ça, toutes ces filles-là, voilà ce à quoi je pense ; je pense à ces jeunes qui ont trente ans, vingt quatre ans, vingt ans, elles ont voulu vivre, on les met dans des petites cases, c’est elles qu’on voit chez le juge, chez l’assistante sociale, c’est tout le temps les mêmes qu’on voit, je pouvais plus supporter ça. Je me suis dit : : Samira, tu vas témoigner et tu vas expliquer un petit peu à ces gens, aux parents, aux frères, aux cousins, aux juges, aux éducateurs, aux animateurs, aux avocats, à plein de monde, quel était notre état d’esprit, ce qui fait qu’on tombe dans un viol collectif, et pas une « tournante », ça m’énerve aussi, ça s’appelle un viol en réunion, on passe aux assises, et pas en correctionnelle pour une affaire comme ça, c’est un crime, c’est puni par la loi. C’est une manière de dénier ce problème aux quartiers, on est dénié du début jusqu’à la fin à partir du moment où on a été victime de ça ; moi je rencontre des tas de jeunes filles qui sont déniées, c’est très éparpillé ce que je dis, je le conçois bien, mais c’est pas normal ce qui se passe.

    Je ne suis pas en colère par rapport à ces garçons, je suis en colère par rapport aux adultes, à la justice, au pouvoir.

    Je suis en colère par rapport aux éducateurs, aux assistantes sociales, il y a des démarches à faire, on n’est pas costaud pour les faire, j’avais quatorze ans, on me dit faut aller porter plainte, on me dit que c’est la loi, on me dit que c’est mon devoir et mon droit d’aller porter plainte, je vais porter plainte, à partir du moment où j’ai porté plainte, j’avais quinze à vingt gars par jour qui me crachaient dessus, qui me tapaient, qui me forçaient à ce que j’enlève ma plainte, ouais, ouais j’enlève ma plainte, jusqu’à aujourd’hui je n’ai pas enlevé ma plainte, y a eu un deuxième viol, parce que j’avais porté plainte, le mec m’a attrapée dans le RER, il s’est dit : t’as porté plainte, t’as ouvert ta gueule, je vais te le faire payer une deuxième fois ; donc deuxième viol en réunion, je ne dis toujours rien, je ne porte pas plainte, je savais ce qui allait se passer.

    Je me tais, il se trouve que nous avons été dix filles à être violées par cet individu, les démarches c’est super grave, faut pouvoir aller voir une association, l’association en question s’est foutu de ma gueule aussi : je vous parle cash, je prends pas de gants, l’avocate est carrément partie au ski, jusqu’à aujourd’hui je ne sais pas pourquoi madame est partie au ski, j’ai pas eu de réponse, elle a envoyé un stagiaire, et ce stagiaire a demandé un franc de dommages et intérêts en ce qui me concerne, moi je chie dessus, je ne vaux pas un franc.

    Suite à ça, j’ai continué ma déchéance, ma destruction, y a pas eu un regard. J’ai pas eu d’éducateur qui m’a dit « t’as peut être besoin d’aller voir quelqu’un », « t’as peut-être envie de parler », non, personne me l’a demandé.

    Et ça continue encore aujourd’hui, on m’a laissée comme ça, pendant des années : j’avais un juge pour enfants, un éducateur qu’étaient censés s’occuper de moi, j’ai rien eu de tout ça, j’ai été de foyer en foyer, des foyers en éducation surveillée où y avait d’autres agresseurs, pas les miens. Les agresseurs d’autres filles, déjà on se pose la question par rapport au juge pour enfants, y a eu viol collectif : comment se fait-il que l’agresseur soit dans un foyer alors que sa place est en prison ? Les sociétés n’ont pas trouvé autre chose que la prison, en prison il faut les éduquer, leur faire comprendre pourquoi ils ont fait ça, c’est intéressant.

    Ce sont aussi des victimes, mais je ne cautionne pas, y a des lois, faut les appliquer."


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  • Texte publié dans le magazine Causette n°23

    Bondy, dans le 93, est une ville aux antipodes de Bormes les mimosas ou Honfleur. Ici, dans les bacs, aucune touche de couleur. Uniquement du gros killa de rappeur. Cette charmante bourgade qui entretient son asthme sous l’échangeur de l’A3 est réputée pour son accueil bétonné et sa franche camaraderie de quartier à grands coups de « Popopop » comme éructait le Suprême… Hier, à 8h00 du matin, sous la pluie, un tube entier de Prozac associé à une quinzaine d’ecstas n’auraient pas suffi pour irradier de bonheur mon visage ruiné par les fêtes.

    J’ai débuté avec une classe de filles, une section « carrières sanitaires et sociales » (aujourd’hui baptisée ASSP), orientation censée les emmener vers le service à la personne ; « toiletter du vieux qui bande mou » comme me l’a dit l’une d’elles. Elles étaient une petite douzaine sur 30 inscrites. D’après l’infirmière, les élèves ont le saut du lit tardif à Bondy et la plupart arriveraient certainement au compte-goutte, au gré du vent, du réveil matin, d’un petit bédo roulé à l’arrêt de bus ou de l’envie du moment. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé, avec cette sale manie qu’ont les jeunes de venir en classe, le casque soudé aux oreilles, tendant négligemment leur carnet, sur fond de Booba « voicodant » ses mots d’amour (J'me dis que j'vais la ter-je mais wallah qu'est-ce qu'elle est bonne (…) Ferme un peu ta gueule, va me faire un steak frites – Extrait de Killer – Booba 2011 ).

    Avec elles, la discussion fût détendue et directe, sans pudeur et sans distance, comme un bon échange de vannes autour du bac à sable. Alors qu’on parlait des premières fois, on s’est mis à lister les lieux où les ados des cités pouvaient s’échanger leurs fluides sexuels. La maison, pas question ! De toutes les façons, il y a toujours un grand frère ou un de ces potes qui traînent, prêts à faire sa langue de pute entre deux deals ou deux roues arrières. Si c’était pour se retrouver au bled à grands coups de pompes dans le boule, autant s’abstenir et attendre le mariage…

    À Bondy, les filles ne rêvent plus. Les lascars et leurs disquettes (comprendre, leurs grandes envolées de violons pour mieux profiter d’elles), elles les connaissent par cœur. Elles n’imaginent pas une seule seconde rencontrer un toubab du secteur pavillonnaire avec sa chambre privative derrière le garage familial, avec vue imprenable sur le canal, qui pourrait leur laisser croire, l’espace d’un soupir qu’elles viennent de jouir à Venise. Non, à Bondy, on ne se mélange pas.

    C’est fou comme dans les cités, on finit toujours par descendre. Les anciens, qui n’avaient de cesse de relater leur déniaisement tarifé sur le pavé, démarraient toujours leurs histoires par « un chéri, tu montes ? », laissant imaginer l’ascension pour le nirvana par paliers, la bite sous les draps et la tête sous les toits. Et bien aujourd’hui, dans les quartiers, c’est en bas que ça se passe, en dessous du niveau de vie, dans les caves. En quelques années, on est passé du paradis à l’enfer, de l'apesanteur à la pesanteur, du bleu azur au gris de dégoût. Certes, elles peuvent être un rien aménagées, ces caves, agrémentées d’un vieux canapé, ou d’un matelas ruiné. Il faut en vouloir : ça pue l’urine et les déchets, la bricole et les embrouilles. Du coup, on va à la baise comme à la guerre, parfois à plusieurs pour se donner du courage. (Au lieu de mettre une pote-ca, j'préfère mettre mon treillis kaki – killer)

    Une fille, qui depuis longtemps s’est affranchie de notre fameuse règle voulant qu’on évite les histoires personnelles, lâche qu’elle préfère le local à poubelle, plus spacieux et qui ferme mieux. Là, debout, on y fait son affaire, le plus rapidement possible pour éviter les odeurs. L’infirmière me dira plus tard, que dans le lycée aussi, dans la chaufferie où les effluves d’humidité sont insupportables, certains y copulent pendant les intercours. Haut-le-cœur !

    Et puis, l’info du jour tombe comme une dépêche AFP et circule de chaise en chaise, à la vitesse du smartphone arabe dans le quartier. Il y aurait  au cinquième étage de l’Hôpital Jean Verdier à Bondy, un endroit où les jeunes se rencardent pour baiser. Coïncidence troublante ou ironie de la vie, le cinquième, c’est l’étage des prématurés, ce qui fait beaucoup marrer les filles… Certains grands auraient les clés d’un couloir abandonné et ce fameux hôtel de passe, hébergé malgré lui par l’hôpital, aurait déjà accueilli de nombreuses parties plus ou moins fines. Rumeur ou vérité ? Certaines filles semblent tellement sûres d’elles que je finis par ne plus douter qu’elles aient pu y goûter. Après vérification, l’hôpital Jean Verdier possède bien un service néo-nat au cinquième…

    Après tout, on peut penser que dans un hôpital, c’est plus stérile et surtout plus confortable que sur les poubelles. Quand on sait qu’à Jean Verdier, plus de 5% des interruptions volontaires de grossesse concernent des mineures, on peut se dire que certaines, une fois de plus, n’ont eu qu’à descendre d’un étage ou deux…

    Mais quelle trace je vais laisser si je ne fais pas de marmots - killer


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  • Pourquoi de nombreux mecs mettent la pression pour avoir des rapports non protégés ? Une partie de la réponse dans cette enquête du magazine Esquire.


    Le magazine masculin Esquire vient de dévoiler son enquête annuelle sur la sexualité des hommes américains. 522 participants âgés de 21 à 59 ans ont répondu à ce sondage. Les résultats évoluent entre le rassurant (les hommes mariés se disent plus satisfaits de leur vie sexuelle que les célibataires) et le déprimant (34% des hommes en couple avouent avoir déjà été infidèles). Si 34% l'avouent, on peut aisément supposer que 74% le sont profondément… Infidèles, bien sûr.

    Pour 10% des hommes interrogés, on apprend également qu'ils considèrent que le sexe oral n'est pas vraiment du sexe. Concernant le nombre de leurs partenaires, 22% des participants se vantent de 20 conquêtes ou plus, 23% en comptent de deux à cinq. Les hommes confient aussi leur plus grande peur lors d'une première fois avec quelqu'un: ils sont quatre fois plus inquiets de leur performance que de contracter une maladie. Autrement dit, les mecs préfèrent être des étalons vérolés que des poneys sains…

    Les participants au sondage révèlent enfin leur position sexuelle préférée. Trois d'entre elles se démarquent. La levrette remporte la préférence de 26% des sondés, le missionnaire 28%. Et selon les chiffres d'Esquire, les hommes aiment que les femmes prennent le dessus, puisque c'est l'amazone qui arrive en tête, avec 30% des votes. Le plumard est donc le seul endroit où les hommes aiment que les femmes prennent le dessus…

    Alors les filles, elle est pas belle la vie ?…


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  • Bon, les banderoles sont pliées à la cave, les autocollants ont laissé des traces rondes ou carrées sur les cuirs de manif, la CFDT est partie faire le tapin au MEDEF et on a tous mal au cul. Comme il faut mettre un peu de margarine dans les épinards, on laborieuse à nouveau et le soir, on décongèle les Morteau (ben ouais, j’aime bien la Morteau) qu’on s’était mis de côté pour les jours sans. Octobre s’est paré de noir, pour mieux porter le deuil de nos illusions, si tenté qu’il nous en restait un chouia…

    Ce matin, dans le RER, je rejoins la cohorte des déportés vers les camps de travail d’un patronat qui a eu la confirmation qu’il pourra nous faire trimer jusqu’à notre dernière boîte de Viagra. Emporté par la foule, je limace, via le RER A, en direction d’Achères dans le Val d’Oise. Achères, c’est beau comme une ville nouvelle en phase de dépucelage au bulldozer, les rues écartées face à la gare routière, sa vulve commerciale offerte aux éjac’ du RER, une cité dortoir qui se vide au petit matin et s’endort le soir…  Je suis à la bourre, donc je ne prends pas le temps de visiter. De toute façon, il pleut.

    J’ai des classes de filles ce matin, des "CAP petite enfance" et des carrières sanitaires et sociales. Dans ce lycée, il n’y a plus d’infirmières. C’est trop mal payé… Et pourtant, les infirmières scolaires ont plus d’utilité qu’un trader : elles font de l’accompagnement affectif et social, elles donnent des cours d’anatomie, elles pansent les plaies du cœur, elles diffusent de l’info, de la capote, de la contraception d’urgence, elles orientent sur le centre de planification, elles signalent, rencontrent, dérangent parfois et au final, arrangent toujours… Elles donnent dans l’humain, pas dans le G20. Et tout ça pour 1300 euros par mois environ. Et oui, sache le, toi le cadre sup. de mes roubignolles : pendant que tu fais suer le prolétariat, ta fille avale du Norlevo au lycée en s’épanchant sur ton absence, tes priorités professionnelles, tout en vomissant ton goût du pognon qui tue tout le reste.

    Les infirmières sont des véritables boites à sondage de l’adolescence, une sorte d’IPSOS du "djeuns" version terrain en continu. Les études sur les ados, ce n’est pas la peine de les commander aux sociologues de télévision : la température de la jeunesse, elles la connaissent par cœur. Mieux, quand la fièvre commence à monter dans les banlieues, elles l’anticipent. Tiens, au passage, je propose que nous dissolvions les CRS pour les remplacer par des Compagnies Républicaines d’Infirmières.

    Les infirmières sont aussi mes anges gardiens dans les lycées. Leur bureau est souvent excentré par soucis de confidentialité. Là, entre deux Doliprane et une serviette hygiénique demandée comme si on dealait de la poudre en face du poulailler, elles me proposent un café, m’accompagne à la cantine (alors que ça fait des années qu’elle ne la fréquente plus), disserte avec moi sur cette jeunesse inquiète que nous côtoyons au quotidien.

    Mais d’infirmière à Achères, il n’y en avait point. Alors, les filles m’ont attendu à la fin de l’animation parce que taper étoile sur un numéro vert, ça ne remplace pas la chaleur humaine, le conseil les yeux dans les yeux. Du coup, j’ai fait des heures sup’. J’ai suppléé au vide social de notre chère République bananière qui se dépense au Fouquet’s. Les filles avaient plein de questions sur les tests de grossesse, la contraception et l’IVG. Certaines n’étaient plus très loin de la correctionnelle et je les ai envoyés illico presto au planning familial pour la prise de sang qui s’imposait… Le sida, ce n'était pas la priorité. On était dans l’angoisse du ventre, les veilles de baffes paternelles qui envoient direct à la case foyer, le dos du mec « qui aurait pu être un papa si craquant » qui s’éloigne…

    N’ayant fait que 3 jours de médecine, je me suis abstenu de poser des diagnostics. En gros, je n’ai pas fait mon doctissimo.fr, les hypocondriaques étant déjà suffisamment nombreuses. J’ai juste rassuré et surtout orienté. Il faut dire qu’on a la grossesse crânienne un rien nerveuse à 15 ou 16 ans. Et de l’inconscient à l’utérus, il n’y a qu’un pas, qu’un spermatozoïde peut franchir la flagelle bandée.

    Elles le savent les filles, qu’à 15 ou 16 ans, elles sont au top de l’hormone, au meilleur de l’ovulation, open à tout ce qui passe et pourtant, elles ont le cupidon collé aux nichons, le bon sentiment qui érode la mémoire, l’amour qui éblouit la prévention. Mais une fois les "oh oui" du soir métamorphosés en "oh non" du matin, il ne reste que les yeux pour pleurer, l’estomac pour se nouer, l’angoisse qui ronge les ongles et la life.

    Elle a 15 ans justement et d’un sourire un rien crispé, elle témoigne :

    - Avec mon copain, on avait envie de le garder. Mais mon daron, il a laissé entendre que si ça m’arrivait, je pouvais prendre la porte…

    - Tu lui as dit, donc.

    - Non, non mais on a testé dans une discussion. Faut dire que ma sœur s’est retrouvée mère à 14 ans ½…

    - Et ta sœur, ça va. Elle a l’air heureuse.

    - Non, elle est seule et elle en prend plein la gueule de toute la famille…

    - C’est bien que ton copain ait pris position sur cette histoire de grossesse.

    - Ouais, grave.

    - Mais tu as l’exemple de ta sœur… C’est jeune 15 ans… T’as pas envie de finir ton CAP avant ?

    - Si, si, mais… Vous avez l’adresse du planning ?

    Franchement, elle n’arrivait pas trop à situer le nombre de semaines de grossesse, voir même à se situer tout court. C’est difficile à prendre ce type de décision quand on aime et qu’on a la vie devant soi. J’ai croisé les doigts pour qu’elle ne soit pas hors délai…

    Des infirmières, on aimerait qu’il y en ait deux par établissements. Et bien payées SVP, pour services rendus à la Nation. Il paraît que Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, et Luc Chatel, ministre de l’Éducation, vont présenter le plan santé scolaire, lundi 15 novembre. Je ne sais pas pourquoi, mais je sens qu’on va avoir encore mal au cul…

     


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