• C’était à Fontenay-sous-Bois dans le 94 et nulle part ailleurs.

    Pratiquement debout sur sa chaise, le doigt en l’air, le type trépignait pour avoir le dernier mot avant les vacances. Alors que certains se levaient déjà, j’ai demandé le silence pour lui laisser le plaisir de la conclusion :

    – En fait, on devrait faire comme les chevaux. Au moins, eux, quand le cheval voit la jument, ils se sautent dessus sans se prendre la tête… Et puis, chez les chevaux, il n’y a pas d’histoire d’IVG, de maladies et tout ça…

    Le silence, il l’a obtenu. Nous nous sommes tous regardés, interloqués. J’ai eu peur qu’on reparte sur des histoires de coït entre femmes et chevaux, vues sur le net.

    – Heu, tu peux nous éclairer un peu plus ?

    – Ben ouais, le cheval, il est libre, lui… Voilà.

    Cette fois, ce n’était plus possible de les retenir. Dans une immense clameur, ils ont sauté les tables, pour filer vers la liberté. On se serait cru au bord de la dernière ligne droite de Vincennes dans le prix d'Amérique. L'homme qui murmurait aux testicules des chevaux, lui, est resté, comme surpris par la fougue de ses camarades, puis a vissé sur son crâne incliné sa toque noire Nike portée avec une casaque bleue du plus belle effet, et s'est barré.

    En ce qui me concerne, je pense que je vais profiter des vacances scolaires pour brouter un peu plus…

     


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  • Les chantres de la morale peuvent envoyer leur CV chez Seb. En effet à défaut d’élever des filles asservies à leur bon vouloir conjugal, ils ont créé une nouvelle communauté de bombes à retardement, "les filles cocotte-minute".

    Les ados sont des obsédés sexuels et ce ne sont pas les résultats du symposium de l’association des endocrinologues libéraux de Rhône-Alpes, intitulé «Les ados ont les glandes» (ici), qui me contrediront. Le taux d’œstrogènes multiplié par 40 chez la fille et la testostérone par 60 chez le garçon, conduit à cette conclusion du professeur Charles Sultan « La puberté est une période d’inondation hormonale ». T’énerve pas, Jean-Louis, ton plan zones noires sur le littoral humide des parties génitales est à revoir. Xynthia, Katrina ou Rachida menacent… Qu’importe, nombreux sont ceux qui refuseront de quitter leur caleçon. 

    Je rajouterai, fort de mon expérience de terrain, que la puberté provoque chez le lycéen chaud comme la braise, une éruption volcanique au niveau du slip, qui n’a rien à envier au nuage de particules made in Islande qui empêche en ce moment nos hôtesses de s’envoyer en l’air.

    Dans ce Big bang de stupre et de cyprine, certaines filles tentent désespérément d’échapper au magma visqueux en surfant sur la bonne parole de leurs parents et de leurs grands frères : pas question d’aborder les rives sataniques de la sexualité avant le mariage, donc pas question d’aborder le sujet, même sur le ton de la plaisanterie. Malheureusement pour elles, autour de leur îlot d’abstinence forcée, le monde bascule dans une ripaille orgasmique, Internet vomit du cul à haut débit et leurs camarades de classe s’astiquent devant leurs écrans avant de passer à l’acte un samedi plus arrosé que d’habitude.

    Alors, petit à petit, la carapace se craquelle et elles ressentent de plus en plus fortement ses poussées sismiques d’un désir primaire – "c’est hormonal, papa, j’te jure" – pour un rappeur bling-bling, un acteur gang-bang ou un pote olé-olé et ça les culpabilisent.

    Elles n’ont d’autres alternatives que de résister à la pression, de bloquer la soupape de sécurité et laisser leur cœur d’artichaut cuire et recuire pour l’endurcir. Mais Denis Papin n’a pas travaillé pour rien : rien ne résiste à la pression. La nature humaine ne fonctionne pas comme un autocuiseur et plutôt que de se consumer de l’intérieur, certaines vont laisser exploser leur envie de VIVRE à la gueule des talibans, en s’affichant, en aimant, en s’exposant, en jouissant.

    J’en ai rencontré une, hier, de ces filles en pleine cuisson vapeur, qui à force de faire semblant de freiner les ardeurs des autres a fini par s’épuiser et lâcher, en rougissant, qu’après tout, on pouvait bien se faire recoudre un hymen. En quittant la salle, elle a pris furtivement quelques préservatifs, non sans lâcher un regard fiévreux en ma direction, qui me fait dire que les talibans sont bien les inventeurs du cul-vapeur. Peut-être même qu’ils l’ont imaginé dans leurs hammams ségrégationnistes, lors d’une boulette-party, quand les testicules, cuites à point, fondent sous les dents.

     


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