• Non, je n'irais pas voir "entre les murs". Parce qu'entre les murs, j'y suis toute l'année. Et puis, Bégaudeau, l'autre soir, dans l'émission de Picouly, il m'a gavé. Je ne vais pas faire l'intello de zinc : Café littéraire, je suis tombé dessus en zappant un soir d'ennui. C'est la présence d'Onfray qui m'a freiné sur le boîtier. Bégaudeau, je l'ai trouvé "Cavaillonesque", autrement dit fort développé du melon, le genre à faire sauter les chambranles pour passer d'une pièce à l'autre, faussement humble sur les sujets de prédilection d'Onfray et terriblement imbu de son succès quand on lui soumet une critique.

    Le pire est venu au moment où il a professé que les embrouilles à caractère communautaire entre jeunes relevaient plus du folklore que de la réalité... En disant cela, il prouve qu'il est définitivement passé de la case docu à la celle de la fiction, du tableau noir aux écrans plats, du poulet-frites de la cantoche aux amuse-gueules de cocktails. Partout où je vais, je constate un vrai repli identitaire, religieux, familial, culturel... Même les numéros de hall d'immeuble et les codes postaux sont devenus des signes forts pour revendiquer son appartenance. De plus en plus, j'entends des points de vue extrêmement stigmatisants vis-à-vis de ceux qui diffèrent.... Le minimiser, c'est passer à côté. Pour moi, le folklore, c'est Yvette Horner ou la Compagnie Créole. Bien loin de ces phrases qui tombent comme des sentences : "le sida, c'est les Renois", "ceux qui ne croient pas en Dieu, sont des porcs" ou "les blanches sont des putes juste bonnes à sucer"... J'en passe pour ne pas trop folklorer, voire Bégauder.


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  • Photo Act Up Paris

    En matière de message militant, j'ai enfin flirté avec les frontières de mes limites. Il fallait bien que ça arrive un jour après m'être fait gazer devant l'Assemblée Nationale et sataniser par les commandos anti-IVG. Les slogans souvent recyclés en fonction des patronymes des gouvernants ne sont pas toujours des plus fins ("ta réforme, tu sais où on se la met", par exemple) mais je n'ai jamais rechigné à joindre ma voix à celle de la grogne collective. Lors de la manif organisée par Act-Up le 1er décembre, il m'est arrivé de porter à bout de bras des panneaux aux slogans aussi définitifs qu'extravagants comme "Prisonniers, nous sommes la gauche" ou "Nous sommes toutes des lesbiennes séropositives". Qu'importe qu'un membre de ma famille m'aperçoive au JT d'Arvor (désormais synonyme d'antan), puisque la cause valait le blâme, le risque de se voir déshérité. Mais, hier, en me rendant sur le site de l'association, j'ai compris que le soir du 4 octobre, je n'aurai pu en être (ici)
    Le Banque Club réserve ses soirées au bareback !
    " Ce samedi 4 octobre 2008, le Banque Club, backroom du 8ème arrondissement de Paris, avait réservé ses locaux pour l'organisation d'une soirée "bareback" dédiée au sexe sans capote. C'est la première fois qu'une telle soirée est organisée dans un établissement gay de la capitale. En réaction, une quinzaine de militantEs d'Act Up-Paris ont zappé ce soir le Banque Club, aux cris de "complice du sida", "non au bareback business", "ici la vie d'un pédé ne vaut rien".


    "Chaudasses en colère"... Comment, par exemple, expliquer ce type d'action à mes enfants ?
    - Papa t'étais où hier soir ?
    - Ben, je chaudassais gravement devant un backroom qui organise des soirées bareback... Évite quand même d'en parler à ton instit', ça pourrait jaser...

    De plus, et au-delà du ridicule by night, je ne suis pas complètement d'accord avec la position d'Act Up. Informer, prévenir, oui. Chaudasser jusqu'à l'hystérie, non. Je considère que la pratique du bareback est un choix personnel. Il convient, par contre que ce soit un choix éclairé. Et c'est là que les animateurs de prévention ont leur rôle à jouer, dans celui d'informer les jeunes sur ces pratiques à risques et non de bêtement les interdire. La prévention repose sur le dialogue sans jugement. C'est un fondement pour avoir une prise aussi infime soit-elle avec les personnes concernées et tenter d'apporter une réflexion sur des pratiques aux conséquences parfois dramatiques...

    Je préconise donc, pour les soirées bareback, le port du gilet jaune fluorescent et l'obligation de placer devant le backroom un triangle de pré-signalisation afin d'avertir les autres du danger. Certes un petit peu refroidie, ce matin, la chaudasse. Mais vigilante.


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  • Benoît XVI réitère sa condamnation de la contraception
    Le pape Benoît XVI a réitéré vendredi la condamnation par l'Eglise catholique de la contraception à l'occasion du 40e anniversaire de l'encyclique controversée "Humanae Vitae" de Paul VI qui avait fermé la porte à toute évolution sur le sujet. En juillet dernier, des groupes de catholiques contestataires du monde entier avaient marqué l'anniversaire d'"Humanae Vitae" par une lettre ouverte au pape réclamant son abrogation. Cette lettre, qui accusait notamment l'Eglise d'avoir favorisé l'épidémie de sida par son refus du préservatif, avait provoqué une vive réaction du Vatican. Son porte-parole Federico Lombardi avait déclaré que la lettre ouverte était "une propagande payée en faveur de l'usage des contraceptifs".
    http://www.e-llico.com/

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  • Parler de virginité et d'hymen est devenu une vraie rengaine dans nos animations, une espèce de gimmick incontournable, définitivement acoquiné avec le mot sexualité. Les histoires, je les vois arriver en rictus sur les visages, articulées autour de l'éternelle séparation des putes souillées et des femmes pures... La dernière en date vaut son pesant de peanuts... Et de larmes.

    Le type nous raconte qu'au bled, une de ses cousines avait fait l'amour avec un garçon. Sa meilleure copine a aussitôt tout raconté à ses parents, un soir où elle était en transe (ne cherchez pas, ça ne se fume pas, ça ne se gobe pas, ça ne s'injecte pas, c'est juste une bonne dose de culpabilité très psycho active)... Les parents de la cousine ont traîné leur fille souillée au commissariat. Avec leur approbation, les flics l'ont tabassé, car tout rapport sexuel hors mariage est interdit par la loi. Puis ils sont partis à la recherche du profanateur de foufoune. Celui-là, il venait de tirer un coup, certes, mais surtout de tirer un trait sur sa vie de célibataire. Le mariage a été organisé à grands coups de babouches dans la gueule des deux amants. On n'a surtout rien dit aux frères de la cousine, juste histoire de protéger la vie du type qui avait osé franchir la barrière immaculée et pénétrer là où nul n'était allé...

    - "Voilà, Monsieur, ça se passe comme ça au bled..."
    Moi, je croyais que c'était chez MacDonald, que ça se passait comme ça... Cela dit, à bien y regarder, cette fille, c'est un peu le morceau de viande pris en sandwich entre la morale et la répression... Le narrateur, lui, il fait l'oignon, rajoute un soupçon de goût à l'immangeable, à l'indigeste... Vite, sortir de la métaphore. Rebondir. Dire. Signifier...
    - "Hum, les gars, si vous essayez cinq secondes de prendre un peu de recul par rapport à  votre culture, votre éducation, le regard de la communauté, la religion (finalement, ça faisait beaucoup pour cinq petites secondes), et que vous essayez de penser par vous-mêmes, vous ne trouvez pas que cette histoire est désespérante ?"
    - "C'est vrai que le tabassage par les flics est peut-être de trop..."
    - "C'est tout. Quel choix, elle a, cette fille ? A t-elle le droit au désir, au plaisir ? A t-elle le droit à l'erreur ? Sa première fois se conclut malgré elle par un mariage. Sa vie affective définitive est programmée par d'autres. Mieux vaut ne pas se louper sur la personne..."
    - "Ah, mais c'est comme ça. C'est une histoire de respect..."

    Le pire, c'est qu'avec ces histoires de morale à la con, les mariés n'ont même pas pu se déchirer la tronche au tord-boyaux local, pour oublier leur mésaventure. Même pas la gueule de bois, juste le vent du boulet...
    On connaissait "Mariage pluvieux, mariage heureux". On découvre "Hymen déchiré, mariée dans la foulée"


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