• Lu sur Libé.fr ici

    GHB, trois lettres pour une drogue associée à des faits-divers. D'abord connu comme la «drogue du violeur» (il endort et occasionne des pertes de mémoire), le GHB a été récemment médiatisé dans un autre registre : le 17 avril, à Paris, un haut responsable de TF1 a alerté les secours du décès d'un homme à son domicile. Rencontrée sur le Net, la victime, âgée de 40 ans, aurait succombé à une crise cardiaque après une partie fine. Lors de la perquisition, les policiers ont trouvé de la cocaïne, du poppers (vasodilatateur apprécié pour ses qualités euphorisantes), et, plus rare, du GHB. Un cocktail à haut risque prisé, notamment, par une petite frange du milieu gay parisien.

    J'aime beaucoup le concept de « partie fine »... C'est vrai, j'apprécierais qu'on m'explique où est la finesse, dans le fait de s'attraper pendant des heures, défoncés comme des cochons, tout en surveillant si la retransmission de La ligue des champions ou La méthode Cauet se déroule sans soucis techniques ?...


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  • Entendu sur Inter à propos des crèches d'entreprises :

    "En général, je rentre trop tard le soir pour voir mon bébé. Là, j'en profite en fin d'après-midi, je descends entre deux réunions pour le voir un peu..."

    Hé mec, réveille toi ! Il ne te viendrait pas à l'idée que tu pourrais aussi moins bosser ?

    L'esclavagiste déguisé pour l'occase en nounou, lui, est content : "ça diminue fortement le taux d'absentéisme dans l'entreprise"...

    Bon allez, chéri, rend le BlackBerry de papa. Sinon, tonton patron va descendre pour te sucrer ton bib supplémentaire et tes RoToTos du vendredi...


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  • Le RER me dégueule avec la horde d'esclaves du pouvoir d'achat, aux yeux boursouflés par le sommeil, qui m'accompagnent dans une banlieue du sud de Paris, cossue, propre et sicavée des caves aux greniers... Pas une cloche dans la rue piétonne, pas un attroupement de jeunes devant les établissements scolaires, pas un chewing-gum qui ferait de la résistance, accroché aux pavés... Les mecs marchent vite, le portable vissé à l'oreille. Les femmes roulent doucement entre dépose-chiards et shopping matinal. Tout baigne. J'ai RDV pour une formation d'adultes que je co-anime sur le thème du «comment parler sexualité aux ados ?», un bon fourre-tout d'outils et de pratiques pour faire le tour du caleçon et du string de ces futurs adultes qui nous inquiètent tant.

    Le groupe est composé de parents d'élèves, exclusivement des femmes, qui ont décidé d'investir le lycée de leur progéniture pour y installer une structure d'écoute... Pourquoi pas ?  Le projet est largement soutenu par le maire UMP de la ville, qui voit dans cet engagement familial, l'assurance que la morale sera sauve. C'est vrai, on imagine difficilement des parents d'élèves choisis sur des critères plutôt conservateurs, témoigner de leurs diverses expériences de fumette, défendre le droit à l'avortement et inviter Act-Up à un zap pour répondre à des actes homophobes. Histoire de les instrumentaliser un peu plus, il nous a même envoyé sa première adjointe pour nous faire la retape en introduction de la formation... Sortez les violons.
    La "De Panafieu" locale tente d'abord de nous flatter l'ego en vantant les qualités internationales de notre savoir... Ni plus, ni moins ! Au passage, elle nous projette le diaporama de ses voyages cinq étoiles, tout en soulignant son profond désir de développer la prévention du sida au Chili, en Afrique du sud et même au Burundi (ne soyons pas radins). Les séropos de ces pays seront donc ravis d'apprendre qu'enfin, ils vont pouvoir découvrir ce qu'est une capote...

    Et puis, elle se tourne vers sa bande de missionnaires patronnesses et les remercient de leur sens du devoir, de leur engagement (qui ne coûtera pas une thune à la mairie), et de cet exemple magnifique de solidarité qu'elles donnent aux autres concitoyens. Pourquoi aller chercher des travailleurs sociaux, parfois un rien gaucho, quand on peut faire le boulot nous-mêmes, entre gens de bien, hein, je vous le demande ?

    «Sur ce, je vous laisse travailler et je vais visiter nos crèches, qui sont d'un cââlme, mesdââmes, qui prouve bien la quââlité de vie dans notre petite ville». On n'est pas chez les sauvages, ici.

    Ben voilà, on s'est regardé. On avait 3 jours pour apporter une réflexion sur les pratiques d'un groupe de bénévoles, femmes au foyer, qui avait répondu à un appel municipal comme on irait au patronage, qui se préparait à recueillir la parole des ados sans cadre, sans réflexions, sans le soutien du proviseur et l'infirmière scolaire, sans expérience, et des connaissances sur la sexualité et les conduites addictives limitées à ce que leur laissait entrevoir leurs propres ados et google... Quand je vois les problématiques soulevées à chacune de nos interventions, je me dis que les élus sont non seulement irresponsables mais aussi de vrais assassins. Je ne remets pas en cause l'implication de ses femmes et la belle énergie dont elles font preuve mais je doute fort que l'adjointe au maire soit aussi dithyrambique à leur sujet en cas de dérapage... Un gros raté avec un ado sur le thème de la sexualité dans un lycée, ça peut vous valoir la une du Parisien et vous faire perdre une élection, ça...


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  • Il est plutôt agité, secoué de drôle de tics, déclenchant un remontée d'épaule peu esthétique, façon Le Quesnoy dans "la vie est un long fleuve tranquille". Il parle vite, bafouille un peu. Sur l'homosexualité, il a une opinion très tranchée : il ne comprend pas. Il n'a pas envie de comprendre. Pêle-mêle, il justifie son point de vue en associant des arguments religieux (Dieu a créé l'homme et la femme), esthétiques (c'est moche deux hommes qui s'embrassent), l'obligation de procréer, ce qui se fait, ce qui ne se fait pas, l'image insupportable d'un sexe pénétrant un anus... Il en fait beaucoup. Presque trop.

    - « M'sieur. Je me souviens d'une fois, gare de Lyon, on avait croisé un type avec un chapeau à <st1:PersonName productid="la Michael Jackson." w:st="on">la Michael Jackson.</st1:PersonName> Il avait une jupe et un sac à main. Je lui ai chopé le sac et le mec, on l'a déchiré... » Il mime un poing qui frappe un visage imaginaire. Sa main est molle, le coup fouetté, à mille lieux d'un geste martial.

    A la fin de l'animation, il passe à côté de moi et me remercie. Je lui signale qu'il n'est pas obligé de frapper toutes les personnes s'habillant différemment de lui... Il me répond qu'il a exagéré l'histoire, que ce n'était pas vrai. Qu'il l'avait raconté juste comme ça, pour rigoler.

    - Pourquoi, alors ? Quel intérêt ? Tu avais quelque chose à prouver aux autres ?
    - J'sais pas, moi. Ses yeux fuient les miens.
    - Tiens, c'est le numéro de la ligne Azur. Si tu as de questions sur tout ce qui touche les orientations sexuelles... C'est gratuit et anonyme, bien sur.
    - Mais j'ai pas de problème, moi. Néanmoins, il glisse la carte dans sa poche.
    - Personne ne t'a parlé de problème. Tu posais des tas de questions sur l'homosexualité tout à l'heure. Je n'ai pas eu le temps de répondre à toutes mais eux, peuvent le faire. C'est tout.
    - Ah, ok. Merci.

    Ligne Azur : 0810 20 30 40 du lundi au samedi de 17h à 21h ou http://www.ligneazur.org


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  • kenna - say goodbye to love

    Hier soir, j'ai regardé "sa raison d'être" sur Rance 2... C'était la deuxième partie d'une pseudo saga sur les "années sida". Quoique maladroit parfois, le téléfilm m'a tout de même ému, parce qu'il m'a téléporté dans le passé. L'accompagnement de fin de vie d'un des héros, que ses amis euthanasient devant la finale de la coupe du monde de 98 (!!), a inévitablement ouvert le tiroir des mauvais souvenirs dans ma mémoire. J'ai revu tous ceux, adultes et enfants, que nous avions soutenus dans leur dernier combat contre la maladie...

    Et puis en tentant de trouver le sommeil, je me suis dit qu'une fois de plus, la fiction avait servi la soupe aux idées reçues. Les seuls mecs séropos du film ont été contaminés soit par transfusion pour l'hétéro, soit par relation sexuelle non protégée pour l'homo.... Autrement dit, toujours pas de type hétéro séropositif contaminé par voie sexuelle... L'air de rien, on continue de faire croire que ceux-ci ne sont pas touchés par cette maladie. Dans les lycées, les jeunes ne manquent pas de me le signifier, comme pour mieux se dédouaner et reporter leur vindicte sur les pédés et les femmes... Il y a 25 ans, on en était là.

    Vu qu'il est difficile d'obtenir le témoignage à visage découvert des hommes hétérosexuels vivant avec le VIH/sida, il me semble qu'on aurait dû profiter de la fiction pour montrer qu'ils existent bien. Dommage, parce que bien souvent ils se cachent, refusant d'aborder le sujet, vivant dans le déni, n'ayant pas de revendications particulières, ni de volonté de se fédérer. En général, ils ne tiennent pas à associer leur souffrance à celle des homos et se montrent très peu dans les associations. Pour une fois, ils se seraient peut-être identifiés, sentis reconnus...

    Il y a bien quelques associations comme Migrants contre le sida ou Sol En Si, qui soutiennent les familles touchées. Mais là encore, le mâle se fait arbre dans la forêt familiale. Quid du chasseur isolé ? Du célibataire plombé ?... Sa raison d'être, à lui, c'est de ne pas être, justement. Alors, on en parle peu et surtout on le situe géographiquement loin, en Afrique ou dans les pays de l'Est... On se rassure comme on peut.

    PS : Au passage, dans le film, j'ai revu les images de la manif anti-PACS avec Christine Boutin en fer de lance... On devrait interdire tant de laideur à la télé.


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