• Ce matin, je me suis retrouvé au cœur de l'actualité. "Embeded" comme on dit dans les conflits pétroliers. En effet, je devais intervenir au Lycée Gustave Eiffel à Gagny, établissement dont vous n'avez pas finit d'entendre parler.

    Les faits remontent à samedi dernier alors qu'un blocus pacifique tentait de rappeler à nos gouvernants (plus près de leur Falcone privé que du RER E) que les suppressions de poste dans l'Education Nationale et plus particulièrement dans leur lycée, pénaliseraient une fois de plus les élèves. Face à ce rassemblement de jeunes faisant l'apprentissage de la citoyenneté comme le dira si bien le proviseur, les CRS ont chargé, lacrymogénisé et flashballé, histoire de se dégourdir un peu en profitant de ce climat d'impunité dont ils jouissent depuis l'arrivée au pouvoir de machin. J'ai trouvé un lycée en émoi, le personnel choqué, les élèves mobilisés et pas du tout prêts à disserter sur le sida. Le virus qui a salement contaminé leur existence a pour nom « Etat Policier » et la seule thérapie qui existe pour le contrer, c'est de manifester.

    On y est. A défaut de pouvoir relancer la machine à billet, on tape sur les gamins. Grossier stratagème de celui qui n'existe, aux yeux des fans de Navarro, que comme le terminateur de la chienlit...

    Je vous livre ici l'adresse du blog du lycée http://bavures-a-gustave.skyrock.com/ pour en savoir plus. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je trouve que ça fleure bon l'anniversaire. On va souffler sur les braises du côté du quartier latin, histoire d'activer le référendum. Histoire de virer machin.


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  • BISSAU, 31 janvier 2008 (PlusNews) - Un cochon, la moitié d'un sac de riz, un peu de maïs noir et cinq litres d'eau-de-vie de sucre de canne : voilà les ingrédients qu'utilise un guérisseur traditionnel, en Guinée-Bissau, pays d'Afrique du l'Ouest, pour pratiquer un rituel qui permettrait, selon les croyances populaires, d'empêcher les femmes qui ont accouché de contracter le VIH. Selon certains, si ce rituel, connu sous le nom de tarbessadu, n'est pas pratiqué, la mère sera frappée par une maladie, qu'elle transmettra ensuite à son compagnon. Dilma (un nom d'emprunt), 27 ans, ne sait que trop combien ses concitoyens croient en ce rituel. Séropositive, elle a tenté en vain de faire en sorte que son mari aille se faire soigner à l'hôpital de la ville. Celui-ci refuse, convaincu qu'il n'y a qu'une seule explication à sa maladie : le fait que le rituel du tarbessadu n'a jamais été pratiqué sur sa femme (...)

    Le tarbessadu ne convient pas à tout le monde. En effet, il n'est pas barbu donc pas exportable sur les terres de Mahomet. Il faudrait remplacer le cochon et éliminer l'alcool... Curieusement, même si j'essaye toujours de faire l'effort d'intégrer les subtilités culturelles de mes interlocuteurs, j'ai du mal à éviter la critique vis à vis des guérisseurs, marabouts et autres charlatans qui contribuent au développement de l'épidémie. En son temps, Dieu garde son âme et laisse moi la mienne comme disait Desproges, Jean-Paul 2 s'érigea en chef des manipulateurs lorsqu'il proclamait, après sa succion des terres séchées des tarmacs africains, son anus en plastique érigé vers le ciel, que « seul l'abstinence pouvait sauver les Africains »... La fondation Bush (Tiens, un autre charlatan) a d'ailleurs repris le flambeau en ne finançant que les associations qui excluent le préservatif de leur programme de prévention.

    A une époque, j'ai animé un atelier d'aide à la recherche d'emploi, fréquenté exclusivement par des femmes africaines, séropositives et sans papiers... Autrement dit, tout ce que le français moyen de droite rêve de fréquenter... D'ailleurs, avec le recul, je me dis que mon salaire aurait pu me servir pour cantiner si le mec de Carla  avait été au Ministère de <st1:PersonName productid="la Raffle." w:st="on">la Raffle.</st1:PersonName>

    L'histoire de ces femmes avait en commun la découverte de leur séropositivité au moment de leur grossesse. Et comme en Guinée, leur ami/mari étaient persuadés que la maladie était le fait de leur femme et non l'inverse. Le vieux coup de la pomme version virale. Certains étaient dans le déni total, quand bien même leur compagne et parfois leurs enfants étaient séropositifs. Aujourd'hui, je me dit que plutôt que leur proposer un café ou un thé, j'aurais dû leur cuisiner un petit tarbessadu bien arrosé...


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  • Heure H
    L'infirmière :
    - vous verrez, ici, ils sont très gentils. Ça se passera bien.

    H+1mn
    Moi : - Bonjour à tous, vous connaissez le sujet de l'animation ? Oui, la sexualité. Le Sida.
    Un garçon à une fille : - Le sida. Avec tous tes boutons, ça va t'intéresser...
    - Ta gueule, sale con.
    - Toi, ta gueule sale pute. Je nique ta mère.

    H+2mn
    La fille se lève et se rapproche du garçon.
    - Tu ne me fais pas peur, pauvre...(inaudible)
    Le garçon se lève, pousse son bureau, prend une chaise et tape sur la fille.

    H+3mn
    L'infirmière retient la fille pendant que nous ceinturons le garçon aux yeux injectés de sang par la colère.

    H+5mn
    La fille est à l'infirmerie. Le garçon chez le proviseur.

    H+15mn.
    La fille s'apprête à partir à l'hôpital avec sa mère, le pouce cassé.
    Le garçon est définitivement exclu.

    H+20mn
    - Bon nous parlions de quoi au juste ?

    Renseignement pris, le cogneur à la chaise vit avec ses frères et soeurs de grandes périodes d'errance, délaissé par leur mère, abandonné par leur père. Lors de la dernière remise de carnet, un type s'est pointé se présentant comme l'oncle du gamin. En fait, c'était un parfait inconnu que la mère avait mandaté pour régler le tout-venant... On vit une époque formidable.


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  • Le Sidaction pointe son nez. Les 28 ,29 et 30 mars prochains, la grande messe médiatique va dérouler des kilomètres de ruban rouge, sortir les malades de l'anonymat en les exposant dans leurs vitrines plasma... et les oublier à nouveau pour un an. Comme chaque année, ça chauffe dans les rédactions. On prépare les émissions et surtout on cherche le témoignage exclusif que les autres n'auront pas. Ras le bol du pédé contaminé dans une backroom parisienne. Overdose du tox' qui traîne son VIH doublé d'une hépatite sur les plateaux télé. Pas vendeurs les africains qu'on laisse crever ou les putes indiennes qui se soignent dans les eaux du Gange... L'eldorado du talk show, le pic de médiamétrie, le beurre dans les épinards, c'est le gamin malade, celui qui fait de la ménagère une vraie serpillière, qui fait vibrer la mâchoire inférieure des animateurs, qui transforme les économies familiales en promesse de don. Le môme séropo, c'est la vraie victime... Sa mère lui a refilé le virus alors qu'il n'avait rien demandé... Alors, forcément, on le plaint et on fustige au passage ses parents qui ont sérieusement hypothéqué son avenir... En prévision d'une avalanche de larmes sur les plateaux, les pharmacies de la Plaine St Denis ont déjà été dévalisées en sérum physiologique...

    Malheureusement pour les vendeurs de mouchoirs, le Sidaction, n'est pas le Téléthon. Les familles touchées par le VIH rechignent à témoigner, à exposer leurs enfants au voyeurisme télévisuel et à toutes les conséquences qui en découlent : la probable discrimination à l'école ou au club de sport, la peur des instits, les questions des parents d'élèves, celles des camarades, les regards fuyants des voisins et l'interdiction de jouer dans le bac à sable en même temps que lui ou elle... Je me souviens d'une famille d'accueil qui avait clamé haut et fort, malgré notre volonté, que le gamin qui arrivait chez eux pour 3 semaines de vacances, était séropositif. "Tous nos amis sont très engagés et militants... il n'y aura pas de soucis". Le môme s'était baigné tout seul dans la piscine pendant toutes les vacances... Engagés les copains, certes, mais pas prêts à se mouiller.

    Mais qu'importe, dans les rédactions, on ne désespère pas... J'ai reçu déjà plusieurs appels :

    - Bonjour, Y de l'émission « On parle de toi connard » sur France Dix, je vous appelle de la part de X. Vous n'auriez pas un enfant séropositif sous la main qui pourrait témoigner ?

    - Une famille avec des enfants malades ? Vous en connaissez ?

    Quand je travaillais à Sol En Si, je me souviens d'un appel une veille de Sidaction :

    - On voudrait filmer un enfant en fin de vie accompagné par ses proches... On imagine la scène avec la pudeur qui va de soit et le respect de la famille... Bien sûr.

    La télé passe commande. De sida certes, mais pour pimenter, on rajoute des ingrédients... Un soupçon de toxicomanie, un zeste de migrants africains sans-papiers, un assaisonnement de maladies opportunistes accompagné d'une bonne trithérapie... Le tout à emporter, bien sûr. Parce que manger sur place, ça signifie partager les couverts. Et la salive ? Ça transmet le virus ou pas, la salive ? Désolé, on est en panne de livreur...


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