• Loïc Le Meur, fondateur de la start-up Seesmic, expatrié à San Francisco et soutien affiché de Sarkozy, nous parle dans Le Monde d'hier de sa vision du monde de demain :
    "Dernier point : l'éducation. La semaine dernière j'ai reçu via Internet une offre de service alléchante d'un individu qui pouvait se prévaloir d'une expérience chez Google. Je l'ai rencontré, il a 14 ans... Il faut, dès le collège et même avant, former les Français à la création d'entreprise et leur donner le goût du risque, de l'initiative. Aux Etats-Unis, les jeunes sont programmés pour ça."

    Allez, j'espère que son message sera entendu et que mon fils en maternelle va apprendre comment délocaliser pour gagner plus. J'espère bien qu'au goûter, on lui filera quelques fonds de pension à se mettre sous la dent et surtout une bonne ligne de coke à se fourrer dans le pif... Il faudra aussi que je prenne RDV avec l'instituteur du plus grand pour lui demander de supprimer les récrés. Comme ça, au lieu de jouer au foot ou de perdre bêtement du temps à rigoler avec ses potes, il pourra s'initier à la finance en se connectant au site du Wall-Street Journal... Le monde de Le Meur, j'en rêve tous les matins.

    C'est bizarre d'appeler sa boite Seesmic, pour un type qui dégage de si mauvaises ondes...


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  • Tout n'est pas si facile -  NTM

    Hier soir, le proviseur de ce lycée du VIe à Paris m'avait pourtant averti :
    - Vous savez, je ne suis pas certain que l'animation puisse se dérouler car les élèves bloquent le lycée depuis 15 jours.
    - Je suis surpris car en banlieue, je n'ai vu aucun blocage et toutes mes interventions se sont déroulées normalement...
    - Que voulez-vous, c'est un mouvement de petit-bourgeois...
    - il parait qu'il en va ainsi des révolutions... de toutes façons, je viens quand même et nous verrons.

    Veni, vidi, et Cohn-Bendit... En effet, les élèves du lycée filtraient l'accès et empêchaient uniquement ceux du secondaire d'entrer. Les prépas semblaient, eux, à des milliards d'années lumière des barricades ?! Je suis toujours solidaire des mouvements de contestation. C'est une déformation qui remonte à la petite enfance, dont la cause est sûrement ce père trop autoritaire qui distribuait des tartes à sa femme et à ses gosses (mais là je m'égare, voire je m'allonge sur le divan). Du coup, j'ai manifesté contre les lois Devaquet, et toutes les réformes des ministres de l'éducation nationale, j'ai marché aux côtés des sans-papiers, d'Act Up et contre le Front National. J'ai fait le mort sur le bitume froid contre les essais nucléaires, en mémoire des morts du sida et au procès du sang contaminé. J'ai fait le pied de grue devant les ambassades du monde entier et je me souviens même d'un rassemblement pour les Tamouls où nous étions une bonne douzaine...

    Aussi, j'ai eu un regard attendri sur cette jeunesse qui jouait à 68 au coeur du quartier latin. Au départ seulement. Parce qu'à bien y regarder, ils étaient trop propres sur eux tous ces lycéens avec leurs cheveux longs et leurs revendications un peu courtes. Et puis, je me suis dit que probablement, leurs parents avaient voté à 80% pour Sarkozy et que bloquer un lycée, ça sentait le remaché. Du coup, je suis allé voir un des meneurs qui riait sous cape de me voir repartir avec mon vieux Vespa immatriculé en Seine-St-Denis. Je lui ai signifié ma solidarité, puisque de toutes façons j'allais quand même être payé (et oui, la solidarité ça ne met pas toujours du beurre dans les épinards. Alors pour une fois, autant en profiter) mais je voulais lui donner quelques conseils de sale gauchiste. Pourquoi, lui et ses petits camarades, ne bloquaient-ils pas leurs pdg ou cadres-sup de père, le matin, dans leurs salle de bains de 150 m2. Du coup, ce serait peut-être le best of du CAC40 qui serait immobilisé. On enregistrait alors une chute spectaculaire au Palais Brogniart pour cause de prise d'otages... Une vraie celle-là pas comme l'ersatz servi par les médias au moment des grèves. De temps à autre, ils pourraient faire apparaître à la fenêtre leur vioque encagoulé avec un panneau autour du cou, sur lequel serait inscris : "Bourgeois au balcon, Pécresse démission" ou " Nous n'irons pas au sports d'hivers tant que ton projet de loi sera dans l'air"

    - Vous pourriez devenir les descendants des Brigades rouges, les petits-enfants d'Action directe, la Rote Armee Fraktion de St Germain... Que je lui serine au clone de Benjamin Biolay, à grand coup de "camarade".
    Il s'est contenté de mettre les écouteurs de son mp3 dans les oreilles... Peut-être du NTM... Va savoir avec la mondialisation, y'a plus de frontières...

    J'ai passé mon adolescence a défoncer des trains
    Je ne regrette rien
    On a tellement tutoyé de fois le bonheur qu'on pourrait mourir demain
    Sans regret, sans remords
    Notre seule erreur était de rêver un peut trop fort
    En omettant le rôle important que pouvait jouer le temps
    Sur les comportement de chacun, pourtant
    On venait tous du même quartier
    On avait tous la même culture de cité
    Ouais ! C'était vraiment l'idéal, en effet
    On avait vraiment tout pour réussir mais
    Tout n'est pas si facile, les destins se séparent, l'amitié c'est fragile
    Pour nous la vie ne fut jamais un long fleuve tranquille
    Et aujourd'hui encore, tout n'est pas si facile


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