• Sedetegnash negn - Mahmoud Ahmed (Ethiopiques 7)


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  • Depuis quelques temps, je préfère passer plus de temps avec les ados sur la manière d'établir une relation, plutôt que sur les différentes pratiques sexuelles et les risques encourus. De toutes façons, pour un bon nombre d'entre eux, à 15-16 ans, le premier rapport n'est que fantasmé et s'ils pratiquent la sodomie ou le cunnilingus, c'est uniquement sur Playstation ou XBox. Les ados reconnaissent être saturés d'images à caractère pornographique. À la télé, sur le net, sur leurs portables, dans les rues, les images de cul sont légions. Mais finalement, on leur parle peu de la relation, de la rencontre, des divers sentiments qui animent le cerveau, des diverses hormones qui électrisent les synapses, quand on passe en quelques minutes de l'excitation à l'angoisse de mal faire, du fantasme à la réalité, du corps habillé à la nudité, du sourire Email Diamant à l'haleine de cendrier... J'ai trouvé sur un site éducatif québécois, un outil intéressant qui incite à la réflexion, nommé la règle des trois C et définie comme suit :
    - Connaître ses propres limites, évaluer ses envies, ses désirs.
    - les Communiquer à l'autre.
    - s'assurer du Consentement mutuel.

    La notion de limites est souvent très floue. Jusqu'où sommes-nous prêt à aller par amour pour un partenaire ? Dans la sexualité comme dans le partage du quotidien. Dans la relation, les pressions sont multiples, les rapports de force incontournables. La jalousie, dictature qu'on travestie avec la robe immaculée de l'Amour, sert souvent de prétexte à une main mise sur l'emploi du temps de l'autre. Très tôt, les ados subissent les enjeux de la vie de couple sans s'y être préparés et nombreuses sont les relations conflictuelles. C'est toujours fascinant de les voir prendre à leur compte ce sujet sur les limites, car les débats ne manquent pas. Mais tout le monde n'a pas la même définition des limites, le même degré de protection de son intimité...

    A ce sujet, hier, j'étais dans un CFA restauration hôtellerie, avec des futurs serveurs et serveuses, âgés de 18-19 ans. La plupart avaient connu toutes sortes d'orientations foireuses ou d'impasses existentielles avant d'échouer ici. Deux filles et une quinzaine de garçons s'y partageaient l'espace. Partager n'est pas forcément le mot, car dès l'arrivée en classe, la bataille a fait rage pour s'asseoir à côté des deux jeunes filles, habillées, premières chaleurs obligent, très légèrement. Les deux vainqueurs ont tout de suite abhorrés le faciès fier du mâle, chef de meute, qui a pris l'ascendant sur le reste du troupeau, doublé d'une option pour les travaux pratiques. Comme pour mieux signifier leur victoire, les deux coqs ont tout de suite posé leurs mains, l'un sur l'épaule, l'autre sur la cuisse de leurs voisines de classe. Puisque c'était le sujet, je leur ai demandé de se tenir correctement afin d'établir tout de suite des limites...

    Comme je leur parlait de la règle des trois « C », une des deux filles, me jette d'un regard malicieux un : « Cul, Couilles, Clitoris », clamé comme un slogan de 68, capable à lui tout seul de faire imploser St Nicolas du Chardonnet, un dimanche de Pâques. Aussitôt la classe a exulté, frappé du poing sur la table, s'est astiqué les zygomatiques à défaut d'autres choses.

    J'ai réprimé un sourire et lui ai rétorqué que c'était aussi une façon de voir les choses mais que, comme entrée en la matière, j'avais dans l'idée d'élever un peu le débat. Pour le reste, la bagatelle, nous y reviendrions au dessert. Le garçon à côté d'elle en a profité pour lui passer la main entre les cuisses. La fille a pouffé, s'est tortillée un peu et lui a fait un clin d'œil l'invitant à aller plus loin. L'autre couple s'affairait lui aussi. J'ai surpris dans la même seconde le garçon en train de nettoyer l'oreille de sa compagne à grand coup de langue, la main gauche dessinant des courbes autour d'un sein. Je me suis dis que si les autres s'énervaient aussi, l'intervention risquait de virer au Gang Bang...

    Heureusement, l'heure de la pause cigarette vint à mon secours. Je réussis à retenir une des deux jeunes filles, celle qui m'avait donné sa propre définition de la règle des <st1:metricconverter productid="3C" w:st="on">3C</st1:metricconverter>.
    - Ça ne te gêne pas de te faire tripoter par un élève en plein cours.
    - C'est rien, ça, monsieur, ça passe le temps.
    - Tu ne t'es pas posé la question de savoir si ça pouvait gêner d'autres personnes de la classe ? Si ça pouvait me gêner ? Puisqu'on parlait tout à l'heure de limites, tu sais qu'on ne peut pas faire tout et n'importe quoi en société, en cours ? Qu'il y a un cadre, des lois ?
    - Mais je les emmerde moi, les autres. Il me met juste la main sur la cuisse. Et puis, lui, je le connais. Je sais qu'il sait s'arrêter.
    - Si je te demande de garder des distances pour la seconde partie, ça te convient.
    - Oui, c'est bon, d'accord.
    Elle est sortie en tortillant du popotin, tout en me jetant un regard qui aurait pu faire la couverture de FHM.

    Elle n'est jamais revenue pour la seconde partie de l'intervention. Son voisin, non plus d'ailleurs. A entendre les allusions des autres, j'ai compris qu'ils étaient passés aux travaux pratiques, en train de s'échanger quelques chlamydias aux toilettes. Je n'ai même pas eu le temps de leur distribuer des capotes...


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  • Au creux de ton bras - Mano Solo

    A la demande de mon employeur, j'ai réalisé ce matin ma première séance de prévention sur le thème des conduites addictives. Un rien fébrile, je craignais un peu les questions autour de ma légitimité à faire ce type d'intervention. En gros étais-je un ancien tox qui fait son come-back de cure pour discutailler le bout de chichon avec les élèves. Bien entendu, ils m'ont posé la question. Bien entendu, je leur ai répondu que les expériences personnelles n'étaient pas à l'ordre du jour, que nous n'étions pas un groupe de parole qui se retrouve pour décrocher et que le but de la séance était de réfléchir plus globalement sur les produits psycho-actifs et leur conséquences sur le psychisme, le physique, le quotidien, la relation aux autres... Ils m'ont dit que je parlais bien mais qu'ils voulaient savoir ce que je prenais, question de crédibilité mais aussi à cause de mes paupières encore un peu collées. Alors pendant quelques secondes, je me suis mis à repenser à tous ces univers parallèles que nous avions visité à l'adolescence et longtemps après. Maintes fois, nous avions défié les lois de la gravitation, vivant comme les australiens, la tête à l'envers.

    Je n'allais tout de même pas leur raconter cette soirée où nous avions débattu pendant plusieurs heures avec les personnages d'un tableau sur un mur, après avoir pris un acide... Ni la fois où nous avions tremblé toute une nuit dans nos couettes après nous être probablement trompé de champignons, ou de bouse... Ni ces vacances où nous avions touché de l'huile de cannabis, ou cet ecsta que j'avais pris dans un mirador à l'armée et qui m'avait valu plusieurs jours de trou pour avoir déclencher une alerte fictive ... Et ni... Non ça craint trop ! Ni ça non plus d'ailleurs... Je ne pensais pas que le sujet allait me rendre un rien nostalgique sur toutes ces bonnes soirées de défonce. Ceci dit, je pourrais aussi leur parler de ces potes disparus, d'overdose, d'accidents de voitures à cause de l'alcool, du sida... De tous ceux qui ont quelques synapses qui déconnent, ou un physique de petit vieux à 40 ans. Des factures d'orthodentiste pour les chimistes et des devis de chirurgie esthétique pour masquer la couperose apéritive. Finalement, je suis resté « éthique » comme on dit et j'ai respecté la charte de l'intervenant. Pourtant, je suis incapable de relater ce que m'ont dit les élèves. J'étais probablement trop concentré sur mon sujet. Ou bien j'ai eu un retour d'acide...

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  • ..."Au nom de quoi, devrions-nous, NOUS, payer nos tickets, accepter les contrôles et baisser la tête quand il y a un casseur ?"...
    (Nicolas Sarkozy- discours d'Issy les Moulineaux- mercredi 18 avril 2007)

    Sarkozy prend donc le métro. Il voyage probablement sur la ligne 2. Il part de Charles De Gaulle, survole Jaurès, se réfugie sous la banquette à Colonel Fabien, laisse son bicorne à Couronnes... Avant dimanche, il peut encore descendre à Père-Lachaise avant d'atteindre La Nation...


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  • John Howard, le premier ministre australien, veut empêcher l'entrée sur son territoire d'immigrants atteints du VIH. La liste des pays qui refusent d'ouvrir leurs frontières aux séropos s'allonge. Je crois que j'ai trouvé dans Wikipédia, les raisons de ce copier coller de la politique américaine en la matière. En effet, il y est expliqué que "le kangourou", animal emblématique du pays du boomerang, "s'est extraordinairement adapté aux conditions de vie extrêmes du bush". À trop s'adapter au Bush, on finit par enculer du kangourou.


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